Ce mardi après-midi, Kent Hughes s’est pointé devant les micros avec le même décor qu’on connaît par cœur : des blessures, une rotation de gardiens qui n’est pas “idéale”, et une équipe qui gagne quand même, malgré le chaos.
Sauf que derrière les réponses prudentes et les phrases de DG (“on évalue”, “on va voir”, “on veut la bonne balance”), le message était limpide : le Canadien n’est plus en mode survie, il est en mode amélioration.
Pas une amélioration spectaculaire, pas un gros nom qui fait exploser la une.
Une amélioration sournoise. Le genre d’ajout qui ne fait pas crier au Centre Bell… mais qui rend Martin St-Louis fou de joie parce que ça lui donne une option de plus quand le match devient sale.
Et c’est exactement pour ça que le nom de Kiefer Sherwood revient dans le portrait.
Parce qu’au même moment où Hughes répétait qu’il veut protéger le futur sans freiner le présent, des informateurs ... dont David Pagnotta (The Fourth Period) ... ramènent encore Montréal dans la course pour l’ailier des Canucks.
Là, la question devient simple : est-ce que Hughes est en train de préparer un coup discret… pendant que tout le monde regarde ailleurs?
C’est exactement là que le nom de Kiefer Sherwood refait surface.
Pas comme un caprice de réseaux sociaux. Pas comme une lubie de fans qui veulent “un autre grit guy”. Comme une option logique, froide, calculée… et dangereusement cohérente avec le discours de Hughes.
Pourquoi on parle de Kiefer Sherwood, là, maintenant?
Parce que l’info ne sort pas de nulle part.
Selon David Pagnotta, le Canadien fait encore partie des clubs intéressés ...avec d’autres équipes comme Dallas, Minnesota, Boston et Detroit dans le décor.
Donc, pas un “buzz” local inventé pour remplir une journée tranquille.
Et ce qui rend ça encore plus intéressant, c’est le timing : Hughes vient de refaire sa tournée de phrases-clés, exactement celles qui ouvrent la porte à un joueur comme Sherwood.
Kent Hughes a décrit Sherwood… sans le nommer
Le point de presse a été clair sur une chose : le Canadien ne veut pas “réagir”, il veut “construire” sans casser ce qu’il a déjà.
Hughes l’a dit, et il sait que le monde est tanné de l’entendre :
« …vous êtes probablement fatigués d’entendre la balance entre aujourd’hui et la future, mais… on va regarder tout, mais toujours avec cette balance en tête. »
Puis il rajoute la partie qui trahit sa posture réelle à l’approche de la date limite :
« …ça va venir à qui est disponible. À quel coût… »
Ça, en langage DG, ça veut dire : oui, on regarde. Non, on ne surpaye pas.
Sherwood, c’est exactement ce genre de joueur qui devient un test de crédibilité.
Parce qu’il coche des cases utiles… mais le prix peut virer au délire si Vancouver sent une guerre d’enchères.
Et Hughes a même ouvert la porte à un autre move “court terme” comme Danault, sans promettre quoi que ce soit :
« Est-ce qu’un autre mouvement est possible? Oui. Mais pas à n’importe quel prix. »
Quand un DG parle comme ça en public, c’est rarement pour faire joli.
C’est pour préparer le terrain au moment où un nom va sortir… et où il veut que les partisans comprennent d’avance pourquoi il a dit oui ... ou pourquoi il a reculé.
Le Canadien n’a pas “besoin” de Sherwood… c’est pire : il en bénéficierait
Le CH, sur papier, n’a pas un club atroce.
Mais dans les faits, on le voit match après match : dès que la game devient laide, dès que ça brasse, dès que ça tourne en séquence de “bataille sur 200 pieds”, le Canadien se retrouve à tirer de la langue.
Et Hughes, sans parler de Sherwood, a carrément admis que la question de la robustesse et de l’expérience fait partie des considérations :
« …peut-être qu’un autre joueur top 6 pourrait nous aider. Pouvons-nous utiliser un peu plus de physicalité? Un peu plus d’expérience… toutes ces choses sont considérées. »
Sherwood, c’est pas un centre top-6.
Mais c’est un joueur qui peut sauver ton alignement quand tu perds un morceau. Un gars qui peut monter temporairement, redescendre, frapper, patiner, tuer une punition, jouer sale si ça prend ça… sans que ton coach ait l’impression de tricher avec son propre système.
Sherwood, c’est le genre d’ajout qui protège ce que Hughes adore le plus… la maturité
Hughes a passé une grosse partie de sa conférence à parler de maturité, de résilience, de décisions sur la glace, de “jouer pour l’autre”.
« …c’est un groupe de joueurs qui jouent pour l’autre… c’est probablement la chose la plus impressionnante que je vois de notre groupe. »
Sherwood, dans le profil décrit, c’est un joueur de confiance. Un gars qui ne vient pas voler la vedette à personne, mais qui rend les matchs moins lourds à gérer.
Et présentement, le CH est pris dans une réalité que Hughes martèle : tu ne traverses pas une saison en santé, tu ne traverses pas une saison avec les mêmes 23.
Blessures, rotation, rappel, trous à colmater… c’est ça, la ligue.
Donc l’idée d’ajouter un joueur de profondeur “capable de jouer plus haut si ça déraille”, c’est logique.
Sherwood serait “utilisable à toutes les sauces”, capable de dépanner plus haut, bon patin, physique, en confiance, production intéressante.
À ce moment-ci, ça devient le genre de joueur que Hughes peut vendre facilement à son coach parce que ce n’est pas une distraction.
C’est un outil.
Le piège : Vancouver ne vend pas un “outil”, Vancouver vend une solution
Et c’est là que l’histoire devient croustillante : le prix.
Hughes a beau aimer l’idée, il l’a dit cent fois : il ne veut pas faire disparaître des contrats par magie, il ne veut pas bloquer des opportunités, il veut une flexibilité réelle.
Sherwood, si le prix est “raisonnable”, ça ressemble à un move sournois parfait : tu ajoutes un joueur utile sans déformer ton plan.
Mais si Vancouver demande une rançon ... parce que Dallas, Minnesota, Boston, Detroit sont aussi là ... tu passes d’un “bon ajout” à un “mauvais précédent”.
Et c’est exactement le genre de dilemme que Hughes a décrit lorsqu’il parle de cette phase où tout n’est plus évident :
« …c’est un équilibre délicat et il y a beaucoup de considérations… »
Voilà le nerf de la guerre.
Sherwood, c’est un joueur qui peut aider le Canadien maintenant sans voler son futur. Mais seulement si le Canadien refuse de tomber dans le panneau du marché.
Pourquoi ça colle au moment présent du Canadien
Parce que le CH est rendu dans une zone dangereuse : assez bon pour gagner, assez jeune pour se faire brasser, assez blessé pour manquer de marge, assez profond pour survivre… mais pas assez complet pour faire semblant qu’il n’y a rien à améliorer.
Hughes le sait. Il a même admis que la “timeline” a avancé plus vite que prévu :
« …est-ce que nous pensions que notre équipe serait aussi compétitive ? Probablement pas. »
Donc voilà où on est : une équipe qui gagne, une ville qui s’excite, un DG qui doit éviter la pire erreur possible… s’énerver.
Kiefer Sherwood, c’est exactement le genre de cible qui permet de s’améliorer sans paniquer.
Pas une vedette. Pas un sauveur.
Un joueur qui fait mal à l’autre club pendant que ton club respire.
Et si Kent Hughes finit par frapper, ça ne sera pas un coup spectaculaire annoncé en fanfare.
Ça va être un coup sournois.
Le genre de transaction où tu réalises l’impact seulement deux semaines plus tard… quand tu vois que le Canadien vient de gagner un match “pas beau”, 2-1, dans une game de séries… et que Sherwood a été partout où ça fait mal.
À suivre...
