Hier, le Canada l’a échappé belle.
Sans Nick Suzuki et sans Mitch Marner, l’équipe masculine serait peut-être déjà en train de faire ses valises. On parlerait d’une catastrophe nationale, et avec raison.
Heureusement pour les hommes de Jon Cooper, certains joueurs se sont levés, la profondeur a répondu, et le tournoi peut continuer.
Mais ce sursis est fragile.
Parce qu’au-delà du résultat, l’histoire de la journée, c’est encore une fois Sidney Crosby.
Déjà privé de son capitaine, le Canada a aussi dû composer avec l’absence à l’entraînement de Nathan MacKinnon, Brad Marchand et Cale Makar. Officiellement, chacun avait ses raisons. Officieusement, c’est surtout le cas du numéro 87 qui a fait jaser.
Après la pratique, Cooper a confirmé que Crosby est évalué au jour le jour. Pas de garantie pour demain. Pas d’engagement pour le reste du tournoi. Silence radio sur un éventuel capitaine substitut.
Cooper n’écarte pas un retour de Crosby!https://t.co/ZWvTnWjINN pic.twitter.com/GksHb7rDoA
— RDS (@RDSca) February 19, 2026
Bref : on sait qu’on ne sait rien.
Si le scénario sérieux se confirme (genou, bas du corps, peu importe l’étiquette), la suite des choses pourrait devenir lourde de conséquences. Parce qu’à Pittsburgh, la saison tient déjà à un fil.
Les Penguins de Pittsburgh sont encore dans la course, oui. Mais sans marge d’erreur. Une absence de quatre à six semaines, ce qui est fréquent même pour une blessure qui « va relativement bien », pourrait suffire à les sortir complètement du portrait des séries.
Renaud Lavoie l’a résumé de façon très directe :
« Je n’aimerais pas être Kyle Dubas. Normalement, une blessure à un genou, quand ça va relativement bien, c’est 4 à 6 semaines à l’écart. Si Crosby revient pour un match ou deux et qu’on n’est pas certain de la suite, je comprends qu’il y a plus de chances pour lui de gagner cette année une médaille d’or qu’une Coupe Stanley. »
Et voilà la réalité sans pitié.
Si Crosby est absent pour une période prolongée, Pittsburgh n’aura pratiquement pas le choix de vendre. Une équipe déjà fragile, privée de son moteur pendant un mois? À un certain point, il faut regarder le classement et être honnête.
La date limite approche. Les équipes acheteuses vont appeler. Et si les Penguins glissent pendant l’absence de leur capitaine, la pression interne va exploser.
C’est exactement dans ce contexte qu’il faut relire la visite de Kyle Dubas au Centre Bell.
Parce que pendant que les recruteurs professionnels étaient alignés dans la galerie de presse lors du match contre le Wild avant la pause olympique, Dubas, lui, était là en personne. Pas comme figurant. Comme décideur.
À la radio, Pierre Dorion a été catégorique :
« Non. Si tu vois un DG à un match, c’est pour une possible transaction. Au bout de la ligne, c’est toi qui prends la décision. Tu peux regarder sur vidéo, mais il y a des choses que tu ne peux pas voir. »
Point final.
On peut donc arrêter immédiatement avec le fantasme Crosby à Montréal. Il ne veut pas partir. Son clan l’a confirmé.
Mais il reste les dossiers crédibles.
Et dans cette catégorie-là, deux noms ressortent.
D’abord, Anthony Mantha.
Sur les ondes de TVA Sports, à l’émission JiC, Félix Séguin a été limpide : Kent Hughes cherche un ailier de location, capable d’évoluer sur les deux premiers trios, sans coûter la terre.
Mantha cadre parfaitement avec ce profil.
31 ans. Contrat de 2,5 M$ qui expire. Joueur autonome à la fin de la saison. Production honnête dans un rôle limité. Aucun engagement à long terme. Si Pittsburgh décide de monnayer certains actifs, Mantha devient automatiquement un candidat logique.
C’est du vrai hockey de transactions.
Ce n’est pas une vedette. Ce n’est pas un coup de circuit. C’est exactement le type de joueur qu’un DG va voir en personne pour répondre à une seule question : est-ce qu’il peut encore m’aider à court terme… ou me rapporter quelque chose avant qu’il parte pour rien?
Mais Mantha n’est pas seul.
Rickard Rakell est aussi dans l’équation, et son dossier est encore plus structurant.
Ailier droitier de 6 pieds 1, 32 ans, Rakell affiche 9 buts et 13 passes pour 22 points en 31 matchs cette saison, après une campagne de 70 points en 81 matchs l’an dernier. En carrière, c’est 541 points en 833 matchs. Un producteur constant. Un rôle clair. Un contrat de 5 M$ jusqu’en 2028, raisonnable pour un joueur de ce calibre.
Ce n’est pas un feu de paille.
Ce n’est pas un joueur de séquence.
C’est un ailier top-6 établi.
Et surtout, c’est exactement le type de profil que le Canadiens de Montréal n’a pas en surplus : un joueur capable d’occuper l’espace, de compléter Suzuki et Caufield sans exiger d’être la vedette, et d’apporter une présence physique intelligente.
Mantha ou Rakell?
Dans les deux cas, la blessure potentielle de Crosby agit comme accélérateur. Si son absence se prolonge, Dubas devra choisir entre s’accrocher à un espoir mince ou maximiser la valeur de ses vétérans pendant qu’il est encore temps.
Demain, on aura peut-être un simple soupir de soulagement.
Ou peut-être le point tournant d’une ère à Pittsburgh.
Et si ce point tournant arrive, Montréal est déjà dans le portrait.
Saga à suivre...
