Le prix demandé par les Flyers de Philadelphie pour Rasmus Ristolainen est tout simplement délirant.
On parle d’un retour équivalent à ce que les Bruins de Boston ont arraché aux Maple Leafs de Toronto pour Brandon Carlo : un espoir de qualité (Fraser Minten), un choix de première ronde en 2026 et un choix de quatrième tour. Rien de moins.
C’est la lune.
Daniel Brière ne négocie pas à rabais. Il est clair : si une équipe veut Ristolainen, 31 ans, droitier, médaillé de bronze olympique avec la Finlande, contrat de 5,1 M$ jusqu’en 2027, elle devra payer comme s’il s’agissait d’un défenseur numéro deux établi sur un aspirant sérieux à la Coupe.
Il a perdu la tête.
Le problème?
Ristolainen n’est pas la pièce maîtresse des Flyers. Ce n’est pas Travis Sanheim. Ce n’est pas un intouchable. Oui, il joue présentement sur la première paire, oui, il connaît un excellent passage depuis les Jeux, oui, il apporte du gabarit et du tir de la droite, une denrée rare. Mais exiger un “package Carlo” pour lui, c’est tester le marché à son maximum.
Surtout que les Maple Leafs vont regretter cet échange à vie.
Et le Canadiens de Montréal était extrêmement intéressé.
Montréal cherche un défenseur droitier top-4. Ce n’est un secret pour personne. Kent Hughes a multiplié les appels : Tyler Myers à Vancouver, Zach Whitecloud à Calgary, Connor Murphy à Chicago (finalement parti à Edmonton), et oui, Ristolainen à Philadelphie.
Mais jamais, jamais le Canadien ne paiera ce prix-là.
On a vu ce que ça a donné à Toronto. Les Maple Leafs ont vidé des actifs importants pour un défenseur complémentaire, et ces transactions-là finissent par hanter une organisation pendant des années.
Un premier choix, un bon espoir devenu joueur tégulier de la LNH (Minten a marqué 14 buts et amassé 29 points en 59 matchs à Boston), un choix de 4e ronde… pour un joueur qui n’est pas une superstar, ce sont des décisions qui paralysent une banque d’espoirs et limitent la flexibilité future.
Kent Hughes ne fera pas cette erreur.
Montréal possède énormément de capital de repêchage. Des premiers choix en 2026, 2027, 2028. De la profondeur dans la banque d’espoirs. Mais ce capital-là est stratégique. Il sert à aller chercher une pièce transformationnelle, pas à surpayer un défenseur solide mais imparfait.
Les Flyers, eux, peuvent se permettre d’être inflexibles. Ils ont sept équipes intéressées. Les Sabres de Buffalo auraient même exploré un retour aux sources. Les Red Wings de Detroit ont appelé. Les Bruins ont démontré de l’intérêt. Les Stars de Dallas cherchent toujours un droitier top-4.
Mais plusieurs de ces équipes hésitent déjà devant le prix. Detroit ne veut pas sacrifier Sebastian Cossa, Trey Augustine ou Nate Danielson. Dallas manque de choix de première ronde après avoir payé pour Mikko Rantanen. Boston n’en fait pas sa priorité absolue.
Et pendant ce temps, Philadelphie reste campée sur sa position : si personne ne paie, Ristolainen reviendra l’an prochain. Ils sont parfaitement à l’aise avec ça.
Il reste un an à 5,1 M$, il joue de grosses minutes, et ils savent déjà qu’ils ne le prolongeront probablement pas au-delà de 2027 avec Oliver Bonk qui pousse derrière.
C’est du poker.
Mais Montréal ne bluffe pas. Montréal observe.
Le CH demeure très intéressé, oui. Parce que le profil fait du sens. Parce que la ligne bleue à droite a besoin de renfort. Parce que Matheson et Hutson jouent beaucoup trop de minutes dans certaines séquences critiques. Parce que le marché est mince.
Mais le Canadien ne donnera pas un premier choix 2026 plus un espoir majeur plus un choix additionnel pour Ristolainen.
Pas question.
Kent Hughes a bâti sa réputation sur la patience et la discipline. Il n’a pas vidé sa banque pour un coup de panique. Il n’a pas surpayé dans un contexte d’euphorie. Il ne commencera pas aujourd’hui.
Si le prix baisse? Montréal sera là.
Si un vendeur se montre plus réaliste à la dernière minute? Le CH sera dans la course.
Mais payer le tarif “Maple Leafs” pour un défenseur de soutien?
Jamais.
Et c’est précisément pour ça que le Canadien, malgré tout le bruit autour de Ristolainen, reste dangereux à la date limite : parce qu’il ne cède pas à la panique.
