Transaction Montréal-New-York: Zachary Bolduc sacrifié par TVA Sports

Transaction Montréal-New-York: Zachary Bolduc sacrifié par TVA Sports

Par David Garel le 2026-01-15

Rien ne va plus pour Alexis Lafrenière à New York.

Et cette fois, il n’y a plus d’excuse... plus de patience...

Encore une saison en montagnes russes. Encore un entraîneur qui perd patience. Encore un message clair envoyé devant tout le monde.

Lundi, Mike Sullivan n’a pas tourné autour du pot : Alexis Lafrenière doit en donner plus. Et quand un coach de ce calibre dit ça publiquement, ce n’est pas une tape sur l’épaule. C’est un avertissement.

Résultat?

Lafrenière glisse sur le troisième trio, pendant que Gabriel Perreault monte dans la hiérarchie. Le symbole est brutal.

Le premier choix au total de 2020 est désormais devancé par un jeune qui n’a encore rien prouvé dans la LNH. Et ce n’est pas une question de développement : c’est une question de confiance. Et la confiance, Lafrenière l’a perdue.

Les chiffres font mal. 10 buts, 26 points en 48 matchs... et un différentiel de -15...

Ce n’est pas catastrophique pour un joueur de soutien.

C’est indécent pour un joueur payé 7,45 M$ par année jusqu’en 2032.

Samedi, contre Boston, la débandade a atteint un autre niveau. Défaite de 10-2. Différentiel de -4. 14 minutes et 15 secondes de temps de jeu, son plus bas total de la saison.

Quand un joueur de ce statut disparaît de la glace dans un match déjà perdu, le message est clair : le coach a cessé d’y croire, au moins temporairement.

Laffy s'est repris mardi soir avec 1 but et passes dans la dégelée subie (8-4) aux mains de Sénateurs d'Ottawa.

Lafrenière demeure sur le premier avantage numérique. On continue de lui donner des privilèges que d’autres n’auraient jamais avec ce rendement.

Mais même là, il n’arrive plus à faire la différence. Il touche la rondelle sans urgence, sans instinct de tueur, sans conviction. Il joue comme un gars qui espère que la game finisse vite.

Depuis son arrivée dans la LNH, c’est toujours la même histoire.

Une relation amour-haine avec ses entraîneurs.

Des débuts prometteurs.

Puis une rechute.

Puis un nouveau système.

Puis une autre déception.

À 24 ans, ça commence à sentir la fin du discours de développement. On ne parle plus d’un jeune à protéger. On parle d’un joueur qui doit livrer.

Les Rangers, eux, sont en chute libre. Derniers dans l'Est. Humiliations à répétition. Identité inexistante. Ce club est pris entre deux réalités : pas assez mauvais pour reconstruire, pas assez bon pour aspirer à la Coupe. Une vraie équipe “bulle”. Et dans ce genre de contexte, il y a toujours un joueur qui sert de punching bag.

Cette année, c’est Lafrenière.

Les journalistes new-yorkais ne le lâchent plus. On le traite de flop, de bust, de contrat toxique. On rappelle sans cesse son statut de premier choix. On compare. On ridiculise.

On insiste sur un fait qui fait mal : il est devenu le premier premier choix au total depuis Alexandre Daigle à n’avoir jamais représenté le Canada au niveau senior. Pas aux Mondiaux. Pas ailleurs. Nulle part. Pour Hockey Canada, c’est une gifle. Pour le Québec, une désillusion.

Et pendant que New York s’acharne, Montréal regarde.

Parce que pendant ce temps-là, le Canadien commence à manquer de chaises.

La prolongation de Texier n’était pas urgente, mais elle était stratégique. Elle donne de la flexibilité. Elle crée un surplus.

Avec les retours attendus de Laine, Dach, Evans et Newhook, le CH va se retrouver avec trop d’attaquants. Et Kent Hughes devra bouger.

La question devient alors inévitable : est-ce que ce surplus peut servir à tenter un pari sur Alexis Lafrenière?

À TVA Sports, Jean-Charles Lajoie lance le scénario. Bolduc. Struble et Texier à New York. Des morceaux qui pourraient servir à monter une transaction structurante avec les Rangers. Sur papier, ça fait réagir. Dans la vraie vie, ça fait réfléchir.

Mais inclure Alexandre Texier dans un scénario d’échange 24 heures après sa prolongation, alors que tout le vestiaire vient littéralement de le célébrer à l’entraînement, c’est exactement le moment où Jean-Charles Lajoie se tire dans le pied.

Texier vient de signer deux ans.

Un contrat clair, assumé, voulu par l’organisation et par le joueur.

Martin St-Louis l’adore, les coéquipiers l’adorent, et surtout : Texier joue son rôle à la perfection. Il ne chiale pas, il accepte ses minutes, il peut jouer partout, il s’intègre, il donne exactement ce que le CH cherche à solidifier avant les séries.

Tu ne signes pas un gars comme ça pour l’envoyer ailleurs deux jours plus tard. Ça n’arrive pas dans une organisation crédible.

C’est là que JiC perd de la crédibilité.

Parce que oui, Bolduc, ça se discute à New York. Oui, Struble pourrait devenir un membre des Rangers.

Oui, un haut choix, c’est logique.

Mais Texier? Non.

L’inclure, c’est ignorer complètement la dynamique humaine du vestiaire et la philosophie actuelle du CH. Kent Hughes et Jeff Gorton ont justement passé trois ans à éliminer ce genre de gestion inhumaine. Ils ne reconstruisent pas une culture pour ensuite la saboter devant les joueurs.

Et c’est là le vrai problème : en ajoutant Texier au montage, JiC donne l’impression qu’il fabrique un échange “sexy télé” plutôt qu’un échange réaliste.

Aussi, il faut se poser la vraie question, sans émotion: est-ce que Lafrenière est encore un joueur spécial… ou simplement un joueur ordinaire coincé dans un contrat extraordinaire?

Il n’est pas rapide.

Il n’est pas explosif.

Il n’est pas dominant physiquement.

Il n’a plus l’instinct d’un premier choix.

Mais il y a une chose que New York n’a jamais su lui offrir : un environnement pédagogique, patient, humain. Et là-dessus, Montréal est à l’opposé.

Martin St-Louis est un coach qui parle aux joueurs, pas à leur statut. Qui reconstruit la confiance avant la production. Un entraîneur-chef qui exige, mais qui accompagne.

Est-ce que ça suffirait? Personne n’a la réponse.

Ce qui est sûr, c’est que Lafrenière à New York est rendu à un point de non-retour. Le lien est brisé. Le regard est vide. Le poids est trop lourd. Et quand un joueur commence à traîner ce genre de réputation dans ce marché-là, il n’y a qu’une issue : partir.

Pas parce qu’il est mauvais. Mais parce qu’il est fini là-bas.

La vraie tragédie, ce n’est pas qu’Alexis Lafrenière ne soit pas devenu une superstar. La vraie tragédie, c’est qu’il est en train de devenir un avertissement.

Et maintenant, le débat est lancé à Montréal : est-ce qu’on tend la main à un talent brisé…
ou est-ce qu’on laisse New York vivre avec son échec?

Dossier brûlant. Et rien n’est terminé.