Jakub Dobeš à Chicago?
Le commentaire d’un ancien gardien fait basculer la discussion publique.
Dans le podcast de Martin Lemay, Martin Biron a franchi une ligne que personne n’avait encore osé franchir : il a carrément proposé que le Canadien échange Jakub Dobeš aux Blackhawls et qu’il aille chercher un autre gardien pour créer une vraie compétition interne avec Samuel Montembeault.
C’est la première fois qu’un analyste introduit cette idée, et surtout la première fois qu’un nom précis émerge : Arvid Soderblom, l’adjoint de Spencer Knight chez les Blackhawks.
Est-ce que la situation des gardiens de but du CH passe par une transaction impliquant Jakub Dobes? pic.twitter.com/6fnMjceWpM
— Martin Lemay (@MartinLemay) January 27, 2026
Biron n’a pas simplement lancé l’hypothèse : il l’a argumentée et assumée. Et son raisonnement a fait l’effet d’une bombe.
Car pour lui, la situation est claire comme de l'eau de roche. D’un côté, le CH s’accroche à un gardien partant en crise profonde, Samuel Montembeault, mais qui conserve encore un certain capital interne et médiatique.
De l’autre, il y a Dobeš, jeune, prometteur sur papier, mais terriblement instable, incapable d’imposer une structure devant son filet, et qui évolue avec une technique où le risque dépasse souvent la maîtrise.
Biron l’a dit sans détour : les deux ne sont pas sur la même marche. Et un duo qui n’est pas sur la même marche ne crée pas de compétition. Il crée un problème.
L’ancien gardien résume clairement son approche : si tu veux réellement secouer le poste de partant et laisser Jacob Fowler se développer à Laval, tu dois envoyer Dobeš ailleurs et aller chercher un gardien plus stable, plus près de son sommet, capable d’arriver à Montréal avec une vraie intention de gagner du terrain.
Et c’est ici qu’entre en scène Chicago. Une équipe en reconstruction, une équipe qui veut rajeunir chaque position, une équipe qui n’est pas mariée à son gardien numéro deux.
Et surtout une équipe qui, selon Biron, pourrait accepter un échange Dobes contre un jeune portier qui cadre mieux avec son plan de développement. (26 ans vs 24 ans).
Ce qui surprend, ce n’est pas tant la logique du raisonnement que le nom avancé : Soderblom. Un gardien de 26 ans, six pieds trois, extrêmement longiligne avec ses 180 livres, parfois même trop mince pour son gabarit, mais doté d’un style plus conservateur et beaucoup moins imprévisible que celui de Dobeš.
Ses statistiques ne font pas rêver, un pourentage d'efficacité de 874 et une moyenne de buts alloués de 3,75, mais Chicago joue devant l’une des pires défenses de la LNH, un chaos constant dans son territoire, une équipe où même un gardien établi finirait par s’effondrer.
Ce qui intrigue, c’est que Biron considère malgré tout Soderblom supérieur à Dobeš présentement. Il insiste même sur la maturité du Suédois, sur sa capacité à gérer les rebonds, à lire le jeu, à garder une forme de structure malgré l’ouragan défensif qui souffle devant lui.
Et il ajoute un détail que plusieurs ignorent : Soderblom est plus léger, oui, mais plus technique. Dobeš est plus lourd, plus costaud (6 pieds 4, 214 livres), mais beaucoup plus nerveux et prévisible dans ses déplacements.
Autrement dit, Montréal n’achèterait pas un messie. Montréal achèterait une stabilité immédiate et un filet de sécurité.
Ce que le CH n’a pas eu depuis des mois.
Et pour Biron, c’est là que tout se joue. Ce n’est pas une question d’enterrer Montembeault, ni de redorer artificiellement l’image de Dobeš. C’est une question de mathématique sportive : si tu veux développer un jeune comme Jacob Fowler dans deux ans, tu dois stabiliser ton filet maintenant.
Et ni Montembeault ni Dobeš ne sont capables d’offrir cette stabilité. Ensemble, ils amplifient leurs faiblesses.
.La déclaration est lourde parce que c’est la première fois que le nom de Soderblom apparaît dans le paysage montréalais. Et encore plus lourde parce qu’elle vient d’un ancien gardien qui sait exactement reconnaître les signes d’un département en panique.
Lorsque Biron dit qu’un Dobeš échangé pourrait bénéficier au CH autant qu’aux Hawks, il faut comprendre que le Canadien a atteint un point où il ne s’agit plus de développement, mais de survie.
Et c’est là que l’analyse devient vraiment inquiétante.
Car si Montréal va chercher un Soderblom ou un équivalent, cela signifie qu’on accepte que Dobeš n’est plus l’avenir.
Cela signifie qu’on accepte que Montembeault ne redeviendra peut-être jamais ce gardien rassurant que plusieurs voyaient surgir l’an dernier.
Cela signifie qu’on admet que la position la plus importante du hockey est aujourd’hui la plus vulnérable au sein d’une équipe pourtant construite autour de jeunes talents explosifs.
Cette sortie de Biron force donc une question brutale, mais essentielle : combien de temps encore Montréal peut-il ignorer ce que tout le monde voit, ce que les chiffres crient, et ce que les entraîneurs adverses exploitent depuis deux mois?
Une transaction Montréal-Chicago à l'horizon?
À suivre...
