Transaction Montréal-Calgary: la dernière chance de Patrik Laine

Transaction Montréal-Calgary: la dernière chance de Patrik Laine

Par David Garel le 2026-02-05

Ce n’est pas un hasard si, dans tout le brouillard qui entoure le dossier Patrik Laine, un nom revient avec insistance : les Flames de Calgary.

À première vue, ça peut sembler contre-intuitif. Calgary est officiellement en reconstruction. Ce n’est pas une équipe acheteuse.

Ce n’est pas un club à un joueur près pour viser la Coupe Stanley. Mais quand on regarde la situation de plus près, c’est probablement l’organisation la mieux placée pour servir de sortie de secours au Canadiens de Montréal dans le dossier Laine.

Selon Nick Kypreos, les Flames sont l’équipe qui s’est le plus rapprochée d’une transaction avant le gel olympique. Et la logique est limpide.

D’abord, Calgary nage dans l’espace salarial. Près de 27 millions de dollars disponibles. Ensuite, la saison de Jonathan Huberdeau est terminée, ce qui laisse un vide offensif majeur, particulièrement sur l’avantage numérique. Les Flames ont besoin d’un tir.

D’un marqueur. D’un spécialiste du powerplay capable de changer la dynamique d’un match.

Patrik Laine, malgré toutes ses zones d’ombre, reste exactement ce type de joueur.

Et contrairement à plusieurs équipes compétitives coincées sous le plafond salarial, Calgary peut absorber le contrat, surtout si Montréal retient 50 % du salaire. À ce prix-là, Laine devient un pari à faible risque pour une équipe qui peut se permettre d’être patiente avec lui.

Le scénario est clair : le Canadien retient la moitié du salaire, ajoute un choix tardif ou un petit actif, et les Flames prennent Laine pour voir s’il peut relancer sa carrière dans un environnement moins toxique, moins médiatisé, avec du temps de jeu et un rôle offensif réel.

Kypreos l’a répété : l’objectif de Montréal n’est pas simplement d’échanger Laine, mais d’utiliser cette transaction comme levier pour une deuxième manœuvre plus importante, possiblement pour aller chercher un attaquant top-6 comme Nazem Kadri ou un profil similaire.

Mais voilà le nœud du problème.

Calgary ne veut pas faire ce cadeau gratuitement.

Les Flames sont ouverts à prendre le contrat. Ils comprennent la logique. Ils voient l’opportunité. Mais ils veulent une compensation. Un choix. Peut-être même un espoir. Et c’est précisément pour cette raison que rien ne s’est concrétisé avant la pause olympique.

Le Canadien, lui, espérait un simple salary dump. Calgary veut être payé pour rendre service.

C’est là que tout bloque.

Parce que du côté de Montréal, on tente encore de limiter les dégâts. Après avoir découvert que même à salaire réduit Laine n’attirait pas de file d’attente, l’état-major veut éviter d’ajouter une humiliation supplémentaire en sacrifiant trop d’actifs pour s’en débarrasser.

Mais la réalité est brutale : si Kent Hughes veut vraiment régler le dossier Laine après la pause, Calgary est probablement la solution la plus réaliste sur la table.

Les Flames ont l’argent. Ils ont le besoin offensif. Ils ont la flexibilité. Et ils ont l’intérêt.

Ce n’est pas une transaction glamour. Ce n’est pas une victoire éclatante. C’est une opération chirurgicale pour enlever une patate chaude.

Et Kypreos est convaincu d’une chose : si Laine quitte Montréal dans les semaines qui viennent, ce sera très probablement vers Calgary.

Reste à savoir jusqu’où le Canadien est prêt à aller pour fermer ce chapitre.

Parce que plus le temps passe, plus ce dossier devient lourd. Et plus le prix émotionnel, autant pour l’organisation que pour le joueur, continue de monter.

Après la pause olympique, il n’y aura plus d’excuses.

Soit Montréal accepte de payer pour tourner la page.

Soit Patrik Laine reste coincé dans un entre-deux qui n’aide absolument personne.

Et à ce point-ci, tout indique que Calgary détient la clé.