Transaction Montréal-Anaheim: TVA Sports crée la commotion

Transaction Montréal-Anaheim: TVA Sports crée la commotion

Par David Garel le 2026-04-06

Jean-Charles Lajoie et TVA Sports savaient exactement ce qu’ils faisaient. Et il a réussi son coup.

Dans un marché comme celui des Canadiens de Montréal, où Ivan Demidov est déjà traité comme un joyau intouchable, venir affirmer publiquement qu’on choisirait Cutter Gauthier à sa place, c’est provoquer volontairement une onde de choc. Et c’est exactement ce qui s’est produit.

Parce que ce n’était pas une simple analyse blancée en passant. Lajoie a été clair, assumé, presque provocateur dans sa prise de position :

« Cinquième choix pour cinquième choix, tu prends Cutter Gauthier ou Ivan Demidov? Moi, ça me fait pas plaisir, mais je favorise Gauthier, qui risque de muter au centre avant longtemps et en permanence.

Ça sera pas populaire, tu le vois pas souvent, tu l’aimes peut-être pas comme moi, mais je prendrais Gauthier avant Demidov. Mais tu sais, je suis très content d’avoir Demidov. C’est pas contre Demidov que je dis ça, c’est que Gauthier est tellement bon. »


Et surtout, il savait que ça allait faire réagir.

Et ça n’a pas manqué.

À Montréal, où Demidov cumule déjà 59 points en 75 matchs à sa première saison, où il est vu comme un moteur offensif sous Martin St-Louis, où son talent pur, sa vision et sa créativité font pratiquement l’unanimité, cette sortie-là est venue brasser quelque chose de profond. Parce qu’on ne parle pas d’un espoir abstrait. On parle d’un joueur déjà adopté.

Mais Lajoie, lui, n’a pas parlé avec le cœur. Il a parlé avec une logique bien précise.

Son argument repose sur un élément clé : la position.

Gauthier, avec ses 38 buts et 65 points en 73 matchs, offre un profil différent. Plus imposant physiquement. Plus direct.

Et surtout, un potentiel de centre numéro un, ce qui, dans la hiérarchie d’une équipe, change tout. Un centre dominant, ça structure une organisation. Ça dicte les confrontations. Ça influence chaque trio.

Et c’est là que le débat devient intéressant.

Parce que oui, Demidov est probablement plus talentueux à l’état pur. Sa vision du jeu est supérieure. Son exécution est plus raffinée. Mais Gauthier amène un gabarit, une projection au centre, une dimension que certains dirigeants priorisent avant tout.

Et Lajoie a choisi ce camp-là.

Mais au-delà du fond, il faut aussi parler de la forme.

Parce que dans le contexte actuel (baisse de production récente de Demidov, critiques qui commencent à émerger, questionnements sur son adaptation physique), le timing de cette déclaration est loin d’être innocent.

Lancer ça maintenant, c’est alimenter un narratif. C’est mettre de l’huile sur le feu. C’est créer un débat qui va tourner pendant des jours.

Et dans le monde des médias sportifs, ça, c’est une victoire.

Parce que oui, ça fait jaser.

Oui, ça divise.

Oui, ça fait réagir.

Et c’est exactement le but.

Mais il faut quand même lui reconnaître une chose : le courage.

Parce que dans un marché où critiquer Demidov, ou même simplement nuancer son impact, peut rapidement te mettre à contre-courant de l’opinion populaire, Lajoie a décidé d’y aller frontalement. Sans détour. Sans protection.

Il savait que ça allait être impopulaire. Il l’a dit lui-même. Et il l’a fait pareil.

Maintenant, est-ce qu’il a raison?

C’est une autre histoire.

Parce que pour l’instant, à Montréal, l’attachement envers Demidov dépasse largement les comparaisons théoriques. Il est jeune. Il produit. Il incarne l’avenir. Et surtout, il représente quelque chose que les partisans attendent depuis longtemps.

Mais une chose est certaine : avec une seule déclaration, Jean-Charles Lajoie a réussi à imposer un débat que personne ne voulait vraiment avoir.

Et dans son métier, ça, c’est tout sauf un accident.