Tout commence par un signal qui ne trompe pas.
Sept minutes.
Parfois huit.
Rarement plus.
C’est le temps de jeu accordé à Arber Xhekaj depuis plusieurs matchs. Pour un défenseur de sixième rôle, ce n’est pas seulement peu.
C’est révélateur.
À ce stade de la saison, quand un entraîneur réduit ainsi l’utilisation d’un joueur, le message est rarement subtil.
La confiance n’est plus là.
Ni du côté de Martin St-Louis, ni, visiblement, du côté de la haute direction du Canadien. Xhekaj n’est plus perçu comme une solution stable.
Il est devenu une option ponctuelle, presque interchangeable. Et dans la LNH, ce genre de statut mène souvent à une seule conclusion.
Une transaction.
C’est dans ce contexte précis qu’un autre nom refait surface avec insistance : MacKenzie Weegar.
Selon le journaliste Bruce Garrioch, Weegar serait présentement dans la mire de plus d’une équipe, notamment les Sénateurs d’Ottawa et les Red Wings de Detroit.
Deux formations de l’Atlantique. Deux équipes qui cherchent à solidifier leur brigade défensive avec un joueur fiable, expérimenté et capable de jouer de grosses minutes.
Et pendant que ces discussions s’intensifient, Montréal observe.
Ou du moins, devrait observer.
Weegar, à 32 ans, n’est pas un pari à long terme.
Il est un stabilisateur immédiat.
Un défenseur qui joue dans toutes les situations, qui comprend le jeu et qui ne dépend pas de sa production offensive pour avoir un impact. Exactement le type de joueur que le Canadien n’a pas en abondance à la ligne bleue.
Sur le plan contractuel, le dossier est complexe.
Weegar est lié jusqu’en 2030 à un salaire annuel de 6,25 millions de dollars, avec une clause de non-échange partielle. Ce n’est pas un contrat facile à absorber.
Mais c’est aussi ce qui fait sa valeur : Calgary ne peut pas simplement le donner.
C’est là que le dossier Xhekaj devient pertinent.
Un jeune défenseur, physique, encore sous contrôle contractuel, mais dont la place dans l’organisation semble de plus en plus floue.
Pour une équipe comme Calgary, qui cherche à rajeunir certains éléments tout en restant compétitive, ce type de profil peut avoir un certain attrait. Surtout si Montréal ajoute d’autres pièces pour équilibrer la transaction.
La pression est maintenant sur Kent Hughes.
Après les critiques entourant le dossier Patrick Laine et certaines décisions récentes, Hughes se retrouve devant un marché qui bouge rapidement. Ottawa et Detroit ont déjà démontré leur intérêt. Calgary écoute. Le temps joue contre l’inaction.
Reste à savoir si le Canadien est prêt à transformer un problème interne en opportunité externe.
Parce qu’à force de réduire le rôle de Xhekaj, le message est déjà envoyé. Et dans une ligue où les décisions se prennent souvent avant que les intentions soient publiques, l’impression d’une transaction imminente n’est peut-être pas si exagérée.
Si Arber Xhekaj ne fait plus partie des plans immédiats, qui héritera réellement du rôle de sixième défenseur à Montréal? Un vétéran acquis via transaction? Un jeune déjà dans l’organisation? Ou une solution temporaire, en attendant un mouvement plus structurant?
Parce qu’au-delà du dossier Weegar, c’est toute la hiérarchie défensive du Canadien qui est en train de se redessiner.
Et dans une équipe qui prône la compétition interne, chaque minute laissée vacante devient une occasion pour quelqu’un d’autre de s’imposer.
La porte est entrouverte.
La chaise n’est plus garantie.
