Les séries éliminatoires sont en train d’exposer une réalité extrêmement brutale chez les Canadiens de Montréal.
Le talent, la vitesse et la créativité, c’est beau pendant la saison régulière. Mais quand les arbitres rangent le sifflet, que les mises en échec doublent et que chaque présence devient une guerre physique, plusieurs jeunes attaquants du Canadien disparaissent complètement.
Et ça commence à alimenter un énorme débat à Montréal.
Parce qu’en ce moment, on le voit clairement contre le Lightning de Tampa Bay : les petits joueurs talentueux ou les joueurs "soft" souffrent énormément à cinq contre cinq.
Cole Caufield est étouffé physiquement.
Nick Suzuki travaille fort, mais trouve très peu d’espace.
Alex Newhook a des flashs, mais peine à imposer son rythme sur 200 pieds.
Même Ivan Demidov, malgré son talent évident, découvre à quel point le hockey de séries est une autre planète.

Et c’est exactement là que le débat devient fascinant.
Parce que pendant que Montréal réalise à quel point ça prend du poids, de la robustesse, du trafic devant le filet et des joueurs capables de survivre physiquement à une série de sept matchs… plusieurs commencent à regarder les espoirs de l’organisation avec un autre regard.
Michael Hage est ultra talentueux. Il a un gabarit avec ses 6 pieds 1 et 199 livres. Mais il n'est pas physique pour une cenne.
Alexander Zharovsky possède énormément de flair offensif. Mais il serait "soft" selon plusieurs journalistes russes.
Aucun des deux n’est reconnu comme un joueur physique.
Et ça soulève une vraie question.
Le Canadien est-il encore rendu à accumuler des jeunes espoirs offensifs plus “finesse”… ou l’organisation doit-elle maintenant commencer à transformer certains actifs en joueurs établis capables de survivre aux séries?
Attention. On parle des deux meilleurs espoirs hors-LNH en ce moment:

Mais la reconstruction n’est plus au stade où Montréal doit seulement penser au futur à long terme. Là, l’équipe est en séries. Là, l’organisation voit concrètement ce qui manque pour passer au prochain niveau.
Et c’est exactement ce que Mathias Brunet vient pratiquement de sous-entendre.
Quand un partisan lui demande si Hage ou Zharovsky pourraient devenir échangeables cet été, sa réponse est loin d’être fermée.
« Peut-être l’un des deux pour acquérir un attaquant dans la force de l’âge, entre 23 et 27 ans. »
Parce qu’un attaquant entre 23 et 27 ans, ça correspond exactement au genre de joueur qui aide une équipe à gagner maintenant.
Un joueur déjà formé.
Déjà solide physiquement.
Déjà capable de survivre au hockey de séries.
Et évidemment, impossible de ne pas penser encore à Sidney Crosby.
Parce que pendant ce temps-là, à Penguins de Pittsburgh, la situation devient catastrophique.
Kris Letang est fini à la corde.
Sidney Crosby a ralenti.
Evgeni Malkin est fatigué.
Le noyau vieillit tellement qu'on pense à une maison de retraite en les regardant jouer.
Les rumeurs d’une reconstruction complète reviennent constamment.
Et chaque fois que Pittsburgh semble s’enfoncer, les spéculations entourant Crosby repartent de plus belle à Montréal.
Sauf que selon plusieurs observateurs, dont Brunet, si jamais Pittsburgh acceptait l’idée d’un échange impliquant Crosby, les Penguins ne voudraient probablement pas seulement des choix de 1re ronde ou des espoirs éloignés du hockey professionnel à la Joshua Roy ou Owen Beck.
Ils voudraient des joueurs déjà prêts.
Des joueurs dans la fameuse tranche 23-27 ans.
Et c’est là que des noms comme Robert Thomas reviennent dans les discussions théoriques autour du type de joueur idéal pour Montréal.
On ne donnera pas Hage ou Zharovsky pour Crosby.
On voudra plutôt un jeune centre établi que le Canadien pourrait cibler pour accélérer sa fenêtre de compétition.
Parce que les séries actuelles changent nos lunettes roses.
Elles rappellent à quel point bâtir une équipe de séries ne se résume pas à accumuler du talent offensif.
Ça prend des joueurs capables d’absorber les contacts.
Capables de gagner des batailles le long des rampes.
Capables de créer de l’espace quand tout se resserre.
Et en ce moment, le Canadien découvre cette réalité de plein fouet contre Tampa Bay.
