Depuis que les Canucks de Vancouver ont officiellement admis être en reconstruction, une certitude s’impose : plus rien n’est intouchable.
La transaction de Quinn Hughes a agi comme un signal clair envoyé à la ligue, et désormais, le nom qui fait le plus réagir dans les bureaux de directeurs généraux, c’est celui d’Elias Pettersson.
Pendant longtemps, l’idée même de l’échanger semblait irréaliste. Contrat massif, statut de joueur de concession, pression médiatique énorme. Mais le contexte a changé. Vancouver perd. Le DG Patrik Allvin parle ouvertement de rajeunir. Et surtout, la ligue recommence à appeler.
Selon Elliotte Friedman, les Canucks ont clairement fait savoir qu’ils écoutaient sur leurs vétérans. Et même si la priorité demeure les agents libres en devenir, les appels pour Pettersson sont bien réels. Ce n’est plus une rumeur marginale, c’est un dossier actif.
Ce qui est fascinant, c’est que malgré une production en deçà des attentes, 27 points en 37 matchs, la valeur de Pettersson demeure plus élevée que prévu.
On pensait qu'il était rendu indésirable sur le marché avec son salaire de 11,6 M$ par année.
Pourquoi? Parce que, comme le souligne Patrick Johnston, il reste un centre extrêmement fiable sur 200 pieds, élite défensivement, capable de jouer de grosses minutes contre les meilleurs trios adverses. Il n’est peut-être plus un vrai numéro un offensif… mais il reste un centre de premier plan.
C’est exactement pour cette raison que des équipes comme les Blackhawks de Chicago et les Sharks de San Jose sont identifiées comme des destinations logiques.
À Chicago, Pettersson évoluerait derrière Connor Bedard. À San Jose, derrière Macklin Celebrini. Deux prodiges idéaux pour un joueur qui n’a plus à porter le poids offensif d’une franchise entière.
Les deux organisations ont exactement ce que Vancouver cherche : choix au repêchage, espoirs premium et espace sous le plafond salarial. Sur papier, l’équation fonctionne.
Mais il y a un énorme bémol : le contrat.
Pettersson est à sa deuxième saison d’une entente de huit ans, 92,8 M$, soit 11,6 M$ par année jusqu’en 2032. Et selon le journaliste de Vancouver, Satiar Shah, même avec une rétention salariale importante sur six saisons, Vancouver ne pourrait espérer qu’un choix de première ronde en retour.
Pas un package massif. Pas un retour transformateur. Un premier choix… au prix d’un engagement financier à long terme.
Ajoute à cela un facteur aggravant : Pettersson joue actuellement avec une blessure persistante, la même qui l’a tenu à l’écart en décembre. Il l’a admis lui-même. Il peut jouer avec. Mais la douleur est là. Et pour un joueur sous contrat jusqu’en 2032, c’est suffisant pour refroidir plusieurs équipes.
C’est pourquoi, malgré l’intérêt réel, une transaction immédiate demeure improbable. Vancouver n’a aucun intérêt à retenir 40 ou 50 % du salaire pendant six ans pour un retour limité.
La logique voudrait plutôt que les Canucks parient sur une deuxième moitié de saison plus solide, pour relancer sa valeur… et reprendre cette discussion cet été, quand les équipes auront une meilleure lecture de leur structure salariale.
Et le Canadien de Montréal dans tout ça?
Il observe. Comme tout le monde. Mais soyons clairs : ce contrat-là ne cadre absolument pas avec la philosophie actuelle de Kent Hughes.
Trop long. Trop lourd. Trop contraignant. Même si le joueur intrigue, même si le talent est réel, ce n’est pas un pari que Montréal peut se permettre à ce stade-ci de sa construction.
Le dossier Pettersson est donc révélateur, non pas d’une transaction imminente, mais d’un marché qui commence à bouger sérieusement à Vancouver.
Les Canucks testent l’eau. La ligue répond. Et si Pettersson finit par quitter, ce sera au bon moment… et au bon prix.
Ça va se jouer entre les Hawks et les Sharks. Deux équipes, deux prodiges... et deux masses salariales pour l'accueillir...
