Transaction de Patrik Laine: son dernier match avec le CH fait jaser

Transaction de Patrik Laine: son dernier match avec le CH fait jaser

Par David Garel le 2026-01-20

Depuis une semaine, quelque chose a changé autour de Patrik Laine. Les médias traditionnels commencent à parler de la possibilité qu'on ne le reverra plus jamais dans l'uniforme du Canadien de Montréal.

On sent une ambiance lourde autour du Finlandais. Une tension sourde qui traverse le vestiaire, les conférences de presse, les chroniques des journalistes sur le beat. Le genre de tension qui n’a pas besoin d’être nommée pour être comprise.

Le contexte est brutal. Le CH retrouve graduellement ses blessés. Anderson est revenu. Evans est revenu. Dach est revenu, et pas n’importe comment : directement sur le premier trio, avec Suzuki et Caufield.

Pendant ce temps, Laine, lui, patine. Il s’entraîne. Il est prêt, physiquement. Mais on agit comme s’il ne l’était pas. Et dans la LNH, quand un joueur est prêt mais qu’on tarde à le réinsérer, ce crée une explosion à Montréal.

Au point qu'on commence à parler d'une possible transaction d'ici le 6 mars prochain (date limites des transactions) ou même d'ici le 4 février (gel olympique).

Martin St-Louis évite soigneusement le sujet. Quand on lui parle de Laine, il parle d’alignement, d’équilibre, de décisions difficiles, de gestion à court terme. Jamais du joueur lui-même. Jamais de son rôle. Jamais de ce qu’il pourrait apporter. Le silence est plus parlant que n’importe quelle déclaration.

Les journalistes sur le beat ne s’y trompent pas. Les propos sont de plus en plus durs. De plus en plus directs. Certains vont jusqu’à dire ouvertement qu’ils ne sont même plus certains de revoir Laine sur la glace du Centre Bell pendant un match.

Parce que l’équipe a appris à vivre sans lui.

Et c’est là que tout se complique.

Depuis son absence, le Canadien est devenu une équipe structurée, mobile, agressive à cinq contre cinq. L’avantage numérique s’est transformé. Les responsabilités sont mieux réparties. Les rôles sont clairs. Et surtout, il n’y a plus de chaise évidente pour Patrik Laine.

Hier, on l’a déjà relégué sur un quatrième trio, en alternance avec Zachary Bolduc, aux côtés de Jake Evans et Joe Veleno. Un rôle humiliant pour un joueur à 8,7 millions, reconnu comme un sniper élite.

Avec le retour de Dach sur le top-6, avec Slafkovsky, Kapanen, Demidov bien installés, avec Texier qui a gagné la confiance du coach avant d’être blessé au jour le jour, le plafond s’est refermé.

La vérité, celle que tout le monde voit mais que personne ne veut dire officiellement, c’est celle-ci : en santé, le Canadien n’a pas de place naturelle pour Patrik Laine.

Et c’est précisément pour éviter l’affront public que l’organisation marche sur des œufs. Le CH sait très bien que de réinsérer Laine maintenant, sans rôle clair, ce serait l’exposer.

Le renvoyer sur un quatrième trio serait un message violent. Le laisser regarder des matchs des gradins serait encore pire. Alors on temporise. On gagne du temps. On parle de prudence. Mais le malaise, lui, ne disparaît pas.

À ça s’est ajoutée, en fin de semaine, la tempête autour de sa conjointe. Une publication Instagram où l'on pouvait lire un message chargé de sous-entendus sur l’anxiété, la date limite des transactions, l’incertitude d’une année de contrat.

Comme si sa conjointe nous annonçait la transaction de son homme avant tout le monde.

À Montréal, ce genre de message ne passe jamais inaperçu. Pour Laine, déjà reconnu comme fragile mentalement, anxieux, marqué par des épisodes difficiles, c’est une couche de pression supplémentaire. Sportivement, humainement, émotionnellement, tout s’empile en même temps.

Et pendant que l’organisation tente de gérer la situation avec des pincettes, le marché, lui, commence à spéculer.

Parce que si Laine quitte Montréal, ce sera pour une raison simple : il est encore perçu comme un spécialiste de l’avantage numérique. Et des équipes qui manquent de punch sur leur deuxième unité, il y en a.

À Anaheim, par exemple, la deuxième vague de power play est horrible. Ryan Strome, un Chris Kreider en déclin, Alex Killorn qui n’est plus ce qu’il était : on est à une blessure près d’un vrai problème offensif. Laine, dans un rôle ultra ciblé, pourrait faire du sens.

À Boston, c’est à peine mieux : Fraser Minten, Casey Mittelstadt, Victor Arvidsson… beaucoup de bonnes intentions, très peu de menace réelle. Les Bruins savent qu’une blessure dans leur top-6 les exposerait dangereusement, et Laine serait exactement ce type de pansement offensif à court terme. Mais le CH veut-il vraiment aider un rival de division?

Au Colorado, la situation est encore plus flagrante. Derrière la première unité, on retrouve Gavin Brindley, Ross Colton, Parker Kelly : des travailleurs honnêtes, mais aucun sniper naturel.

Dans un contexte de séries, où chaque avantage numérique compte, Laine sur une deuxième vague deviendrait une arme immédiate, surtout si une blessure frappe un gros nom.

À Detroit, le raisonnement est simple : remplacer James van Riemsdyk sur la première unité d’avantage numérique par un tireur pur comme Laine changerait instantanément la dynamique. Comme avec Boston, le CH veut-il vraiment aider un rival de division?

Même au Minnesota, avec Matt Boldy blessé, la question se pose. L’équipe manque cruellement de finition sur certaines séquences, et Laine, sans avoir à porter l’équipe, pourrait remplir une fonction très précise.

Et c’est exactement là que le constat d’Eric Engels, de Sportsnet, devient impossible à ignorer. Engels ne l’affirme pas comme une certitude, mais il pose la question avec un ton qui en dit long : est-ce que Patrik Laine a déjà joué son dernier match avec le Canadien de Montréal?

Quand un journaliste aussi branché sur l’organisation en arrive à douter ouvertement, ce n’est jamais gratuit. Ce n’est pas une rumeur lancée pour faire du bruit. C’est le reflet d’un malaise interne devenu visible. Engels le laisse entendre clairement : le Canadien avance, gagne, se structure, sans avoir besoin de Laine, et plus le temps passe, plus son retour devient compliqué à justifier sportivement.

À Montréal, quand les médias traditionnels commencent à parler ainsi, ce n’est pas un hasard. C’est souvent le prélude à une séparation déjà confirmée dans les coulisses.

La question n’est plus si Patrik Laine quittera Montréal.

La question est comment, et quand.