Le nom de Patrik Laine circule de plus en plus en Caroline. Et ce n’est plus un murmure de corridor. C’est un dossier réel, actif, analysé en ce moment entre Kent Hughes et les DG des Hurricanes, Erik Tulsky.
À Montréal, c’est peut-être le secret le moins bien gardé de la saison : les dirigeants du Canadiens de Montréal cherchent une porte de sortie. Ça sent la panique tellement le dossier est synonyme de patate chaude.
On croyait que la transaction pouvait se faire avant le gel des transactions, mais le temps a joué contre Montréal.
Plus la saison avance, plus le profil de Laine se précise aux yeux de la ligue : un marqueur spécialisé, imparfait à cinq contre cinq (pour ne pas dire nuisible), mais encore capable de faire basculer un match avec un seul tir. Dans le bon contexte. Et c’est précisément là que la Hurricanes de la Caroline entrent en scène.
La Caroline n’est pas une équipe désespérée. C’est ce qui rend l’intérêt crédible. Les Hurricanes sont parmi l’élite de l’Est pour les buts marqués et les buts accordés.
Ils n’ont pas besoin de Laine pour survivre offensivement. Ils n’ont surtout pas besoin de lui pour structurer leur jeu défensif, qui est déjà en place.
Mais ils cherchent autre chose : une arme situationnelle. Un joueur capable de faire la différence quand tout est verrouillé, quand le jeu est serré, quand les séries éliminatoires deviennent un concours de pouces.
Dans ce contexte, Laine devient intéressant comme spécialiste de l'avantage numérique.
La Caroline a l’espace sous le plafond salarial. Elle a la flexibilité. Et surtout, elle a l’environnement humain que Laine n’a jamais vraiment retrouvé depuis Winnipeg. On parle ici d’une organisation où la filière finlandaise est profondément ancrée, où l'un de ses meilleurs amis, Sebastian Aho est une figure centrale et respectée.
Sans parler de son meilleur ami et co-chambreur à Winnipeg, Nikolaj Ehlers, qui continue d'affirmer que son rêve est de jouer avec Laine.
On parle aussi d’un vestiaire où la pression médiatique est contrôlée, où l’identité collective prime sur l’exposition individuelle.
Ce n’est pas un détail. Pour Laine, ça change tout.
À Montréal, chaque absence défensive, chaque présence molle à cinq contre cinq devient un sujet. En Caroline, il serait protégé par le système. Utilisé pour ce qu’il fait encore très bien. Rien de plus. Rien de moins.
Évidemment, il y a le facteur relationnel. La Caroline emploie deux de ses amis les plus proches dans la ligue. Pas besoin de romantiser ça, mais dans la LNH, le “fit humain” est souvent ce qui permet à une transaction risquée de fonctionner.
On l’a vu mille fois. Des joueurs relancés non pas parce qu’ils ont changé, mais parce que leur environnement a cessé de les exposer inutilement.
Est-ce que les Hurricanes croient pouvoir “réparer” Laine? Non. Ce n’est pas leur approche. Ce qu’ils évaluent, c’est le rapport coût-utilité.
Si Montréal est prêt à retenir du salaire, à ajouter un incitatif mineur, Laine devient un pari mesuré. Un spécialiste du jeu de puissance que tu peux isoler, protéger, maximiser. Et au pire? Son contrat arrive à échéance. Aucun engagement à long terme. Aucun boulet structurel.
Du côté du Canadien, la réflexion est froide. Ivan Demidov a changé l’équation offensive. Le power play a évolué sans Laine comme point focal. Et surtout, le club ne peut pas se permettre de perdre un actif pour rien. Laine ne fait plus partie du noyau futur. Il fait partie des dossiers à gérer intelligemment.
C’est pour ça que la Caroline fait sens. Parce qu’elle peut absorber le risque sans compromettre sa structure. Parce qu’elle n’a pas besoin que Laine devienne autre chose que ce qu’il est encore capable d’être. Parce qu’elle n’achète pas une promesse. Elle achète une fonction.
Voir Laine en Caroline serait spécial, oui. Mais surtout logique.
Dans une ligue où les marqueurs naturels sont rares, même imparfaits, Patrik Laine n’est pas mort sur le marché. Il a simplement changé de catégorie. Et dans cette catégorie-là, les Hurricanes sont l’une des rares équipes où le pari est rationnel.
À Montréal, on le sait. En Caroline, on le calcule.
Et quand ces deux lignes se croisent, une transaction devient possible.
Selon Nick Kypreos, le CH serait prêt à retenir du salaire (50 %) et aimeraient mieux ne pas sacrifier d'espoir B ou de choix tardif au repêchage pour se débarraser de Laine.
Hughes préfère la rétention salariale que sacrifier un élément du futur, aussi mince soit-il.
Mais le DG devra regarder la réalité en face. Personne ne veut de Laine à part la Caroline au moment où l'on se parle.
Se débarrasser d'une patate chaude... ça n'a pas de prix...
