Rien ne va plus pour Matvei Michkov à Philadelphie. La défaite de 5-1 contre le Lightning de Tampa Bay, lundi soir au Xfinity Mobile Arena, a été la goutte qui fait déborder un vase déjà plein. Après un revers humiliant de 7-2 samedi, les Flyers ont sombré une deuxième fois à domicile, et au cœur de ce naufrage se retrouve encore une fois le même nom : Michkov.
Oui, le gardien a été déficient. Oui, le jeu de puissance est catastrophique. Oui, l’infériorité numérique fuit de partout. Mais au-delà de ces problèmes collectifs, la situation individuelle de Michkov est devenue intenable, au point où son entraîneur-chef, Rick Tocchet, l’expose désormais publiquement, sans filtre.
Dix-neuf matchs sans battre un gardien.
Les chiffres sont accablants. Michkov n’a pas marqué contre un gardien depuis le 29 novembre. Dix-neuf matchs. Son seul but depuis cette date? Un filet dans un but désert, le 22 décembre. Il totalise maintenant neuf buts en 43 matchs, bien loin des attentes pour un joueur qui avait mené toutes les recrues de la LNH avec 26 buts l’an dernier.
La série de deux matchs contre Tampa Bay représentait une occasion en or. Les Flyers étaient amochés par les blessures. Travis Konecny était absent. Michkov a été promu au premier trio avec Christian Dvorak et Trevor Zegras samedi.
L’expérience n’a duré que quelques présences.
Négligent, imprécis, puni immédiatement
Samedi, Michkov a encore une fois démontré ce qui irrite profondément son entraîneur. En deuxième période, une passe molle en zone neutre est interceptée, menant à une occasion dangereuse pour Tampa Bay.
En début de troisième, une perte de rondelle à la ligne bleue offensive se transforme directement en but contre les Flyers.
Deux tirs au but. Tous les deux pris dans des angles presque impossibles. Aucun danger réel.
Lundi, ce fut à peine mieux. Deux autres tirs, encore inoffensifs. Et surtout, une séquence en troisième période où Michkov perd deux fois la rondelle dans la zone offensive sur le même quart de minute.
Résultat : un différentiel de -5 sur les deux matchs contre Tampa Bay, ce qui porte son total à -6, le pire de toute l’équipe.
« Il est facilement neutralisé »
Après le match de lundi, Rick Tocchet n’a pas protégé son joueur. Au contraire, il l’a détruit publiquement..
« Il essaie. Mais j’aimerais le voir se démarquer davantage le long des bandes. Il est facilement neutralisé. »
Matvei Michkov has 1 goal - and it was on an empty net - since the beginning of December.
— 97.5 The Fanatic (@975TheFanatic) January 13, 2026
Where is the level of concern for Rick Tocchet?
"He’s got to get a little bit more separation skating away from people. It looks like he’s just kind of stuck in mud sometimes, right? And… pic.twitter.com/LNRrfy7udE
Puis, Tocchet en a rajouté.
« Il doit créer plus de séparation. Patiner pour s’éloigner des adversaires. Présentement, on dirait qu’il est pris dans la boue par moments. »
Des mots lourds. Et surtout, des mots qui confirment ce que tout le monde voit : le coach ne croit plus que Michkov est capable d’imposer son jeu.
Tocchet a insisté sur le fait qu’il y avait des « raisons » à ces difficultés, sans jamais les nommer. Officiellement, Michkov revient d’une blessure au pied qui lui a fait rater un match le 6 janvier.
Officieusement, tout le monde comprend que Tocchet évite de répéter pour la sixième ou septième fois que son joueur est arrivé au camp hors de forme.
Un joueur surchargé physiquement et émotionnellement, exposé, isolé
Tocchet l’a lui-même admis : le personnel d’entraîneurs a peut-être trop chargé Michkov mentalement plus tôt cette saison. Trop d’information. Trop de directives. Trop de corrections.
Mais on est rendus à mi-saison.
Depuis quatre mois, le personnel médical tente de le remettre en forme. Depuis quatre mois, les entraîneurs tentent de lui trouver un rôle. Depuis quatre mois, on le déplace à l’aile gauche, une position qui n’est pas la sienne, sous prétexte d’en faire un joueur plus nord-sud.
Rien ne fonctionne.
Même sur le jeu de puissance, Michkov est maintenant relégué au second plan. Il est sixième parmi les attaquants des Flyers en temps de glace à l’avantage numérique, pendant que Trevor Zegras occupe le rôle qui était autrefois le sien sur la première unité.
Dans la LNH, quand un entraîneur parle ainsi d’un joueur, les rumeurs commencent. Et elles commencent fort.
Il y a quelques mois à peine, les Flyers refusaient catégoriquement d’inclure Michkov dans une transaction majeure pour Quinn Hughes, finalement échangé au Wild du Minnesota.
Aujourd’hui, la réalité est différente. Le discours a changé. L’exposition médiatique est constante. La valeur du joueur est attaquée publiquement… ce qui, historiquement, précède souvent un mouvement.
La situation est devenue si lourde que plusieurs équipes surveillent désormais le dossier de très près. Du talent comme celui-là ne disparaît jamais de l’écran radar de la LNH.
Et Montréal dans tout ça?
Évidemment, certains vont rêver. Imaginer un coup de théâtre. Imaginer le Canadiens de Montréal profiter du chaos.
Mais soyons clairs : le Canadien ne voulait pas de Matvei Michkov hier, et il n’en veut pas davantage aujourd’hui. La culture montréalaise ne changera pas pour sauver un joueur que son propre entraîneur est en train d’exposer semaine après semaine.
Cela dit, ailleurs dans la ligue, l’intérêt est réel pour le Russe.
Ce qu’on voit à Philadelphie n’est plus du développement. C’est une déconstruction publique.
À force de souligner ses défauts, on isole Michkov. À force de le critiquer, on brise sa confiance.
Quand un entraîneur-chef en arrive à dire, devant tout le monde, qu’un joueur « est facilement neutralisé » et « semble pris dans la boue », le message est clair : la patience est terminée.
La question n’est plus de savoir si Matvei Michkov va se relever à Philadelphie.
La vraie question, maintenant, c’est où et quand ce dossier va exploser.
