La transaction imminente impliquant Carson Soucy entre les Rangers et les Islanders a l’air banale sur papier, presque anodine.
Un défenseur de profondeur de 31 ans, en fin de contrat, échangé au rival de Long Island contre un retour minimal.
This would be the first #NYR-#Isles trade since 2010 when the Rangers acquired defenseman Jyri Niemi in exchange for a sixth-round pick. https://t.co/RoBYkVBNSp
— Vince Z. Mercogliano (@vzmercogliano) January 26, 2026
Et pourtant, ce genre de mouvement en dit long. Très long. Parce que ce n’est pas seulement Soucy qui bouge : c’est le marché des défenseurs de soutien qui vient d’être officiellement mis à nu.
On parle ici d’un défenseur robuste, expérimenté, déjà transigé récemment pour un choix de troisième ronde, et qui, quelques mois plus tard, ne vaudrait plus qu’un choix de sixième tour en retour de Jyri Niemi, un défenseur de 35 ans qui ne joue même plus dans la LNH et évolue désormais en Liiga, en Finlande. (salary dump_
C’est brutal. Mais c’est la réalité froide du marché. La valeur des défenseurs de profondeur s’effondre dès qu’on approche de la date limite, surtout quand ils ne sont ni jeunes, ni signés à long terme, ni contrôlâble au niveau du contrat (agent libre avec restriction), ni capables de jouer dans un top-4 crédible.
Ce que les Islanders viennent de faire, c’est envoyer un message clair à toute la ligue : on peut combler un besoin de robustesse défensive pour presque rien. Un choix de sixième ronde. Rien de plus. Et ça, pour une équipe comme le Canadien de Montréal, c’est loin d’être anodin.
Parce qu’à Montréal, on se pose exactement la même question que partout ailleurs : que valent réellement nos défenseurs de soutien?
Jayden Struble, 24 ans, physique, énergique, apprécié dans le vestiaire, mais limité offensivement et encore loin d’être un pilier défensif, lui qui ne sera jamais plus qu'un 7e défenseur.
Sur le papier, il est plus jeune que Soucy, plus mobile, avec un potentiel encore à développer. Mais dans les faits, le marché vient de démontrer que ce type de profil ne commande pas un gros retour. Même pas proche.
Si un vétéran établi comme Soucy, capable d’absorber des minutes et de jouer robuste en séries, ne vaut qu’un sixième choix dans un échange de rivalité historique, il faut être lucide : Struble ne rapportera pas un choix de deuxième ronde par magie.
Il faudra plus. Un throw-in dans package. Et surtout, une illusion de valeur créée par plusieurs éléments dans le deal.
Et c’est là que cette transaction ouvre des portes pour le Canadien. Pas parce que Soucy change tout. Mais parce qu’elle montre que le marché des défenseurs robustes de troisième paire est saturé.
Les équipes ne paieront pas cher. Elles chercheront des solutions rapides, peu coûteuses, interchangeables. Exactement comme les Islanders viennent de le faire.
Pour Kent Hughes, le message est clair : s’il veut bouger un défenseur de soutien, ce ne sera pas en solo. Struble seul ne fera pas sauter la banque. Xhekaj, un peu plus vu ses intangibles et sa réputation de boxeur, mais selon ce qui circule, le shérif n'est pas disponible sur le marché.
Il faudra attacher un choix, un espoir et un joueur établi.
Il faut utiliser ces profils comme compléments dans une transaction plus large. À l’inverse, s’il veut obtenir un défenseur droitier de profondeur, il n’aura pas à sacrifier grand-chose. Le prix est bas. Très bas.
Cette transaction, aussi mineure soit-elle, confirme une chose : le marché est en train de se mettre en marche, et il commence par le bas de l’alignement.
Les gros noms viendront plus tard. Mais la ligue vient de rappeler à tout le monde que les défenseurs de profondeur, même robustes, même expérimentés, ne valent plus cher la livre.
À Montréal, il faudra en tenir compte. Parce que dans ce marché-là, soit tu vends vite et intelligemment, soit tu réalises trop tard que la valeur que tu pensais avoir n’existait que dans ta tête.
