Tension Montréal-Buffalo: le rat des Sabres envoie un message au CH

Tension Montréal-Buffalo: le rat des Sabres envoie un message au CH

Par David Garel le 2026-05-04

Le rat de Buffalo avertit Montréal: je vais vous "gosser" comme jamais.

Il y a des joueurs que tu remarques tout de suite. Et il y en a d’autres… que tu apprends à détester très rapidement. Zach Benson est exactement ce type de joueur. Et à la veille d’affronter les Canadiens de Montréal, le message est déjà clair : il va être au cœur de toutes les batailles.

Du côté des Sabres de Buffalo, on ne s’en cache même pas. Son coéquipier Jordan Greenway l’a dit sans détour : “On l'appelle petit rat”.

Ce n’est pas une insulte dans ce vestiaire, c’est un compliment. Parce que Benson joue exactement comme ça. Il dérange. Il agace. Il pousse les adversaires à bout.

Et malgré son gabarit (5 pieds 10, 177 livres), il joue comme s’il en faisait 220. Il va dans les zones sales. Il coupe devant le filet. Il encaisse, il répond, et surtout, il fait perdre la tête aux défenseurs adverses.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En première ronde, il a accumulé 28 minutes de pénalité. Mais surtout, il en a provoqué encore plus : sept pénalités soutirées à lui seul, au sommet de la ligue avec Travis Konecny.

Dans le match décisif contre les Bruins de Boston, chaque séquence chaotique semblait tourner autour de lui. Double-échec de Hampus Lindholm, obstruction, coups de bâton, frustration totale.

Même Charlie McAvoy a perdu le contrôle après une jambette de Benson. Le défenseur a sauté une couche et lui a donné un coup de hache. La séquence a fait le tour de l'Amérique du Nord:

C’est exactement ce qu’il cherche.

“De pouvoir jouer de cette façon, sans peur et avec rudesse, d’aller dans les zones que les gars évitent habituellement, ça en dit beaucoup sur le joueur qu’il est”, a expliqué Greenway.

Et comme si ce n’était pas suffisant, il produit aussi. Un but, une passe dans le match décisif. Une saison de 43 points en 65 matchs. Déjà 101 points en 211 matchs en carrière. À 20 ans. C’est un joueur établi. Pas un projet. Pas un espoir. Un vrai.

Son entraîneur Lindy Ruff en rajoute une couche :

“Benny est l’un des meilleurs de l’équipe en possession de rondelle… et il est souvent le premier devant le filet. Ça dérange.”

C’est là que l’histoire devient encore plus cruelle pour Montréal.

Parce que ce gars-là joue avec un singe sur l’épaule. ("monkey on the back")

Repêchage 2023.

13e au total.

Pendant que le Canadien choisissait David Reinbacher au 5e rang.

Lui, il n’a pas oublié.

Et cette série de 2e tour, c’est sa première vraie scène contre Montréal. Son moment. Son occasion de rappeler qu’il aurait pu être un choix beaucoup plus haut… et qu’il est déjà, aujourd’hui, un joueur qui fait une différence dans un contexte de séries.

Le Canadien va devoir être prêt.

Parce que Benson ne va pas juste jouer au hockey.

Il va tester la patience. Il va provoquer. Il va aller déranger Nick Suzuki, il va se planter devant les Dobes, il va attirer des punitions, il va embarquer dans la tête du monde.

Et si Montréal embarque dans son jeu?

Cela sera tentant d'habiller Arber Xhekaj pour lui régler son cas, mais il faut être lucide : tomber dans ce jeu, c’est exactement ce que Zach Benson cherche.

Envoyer le shérif pour le tabasserj pour peut sembler tentant sur le moment, mais en séries, une seule pénalité stupide peut faire basculer un match.

Benson voudra faire perdre la tête aux joueurs du CH. Il est le meilleur pour jouer sa mauvaise langue et insulter ses adversaires.

On va vouloir lui arranger le portrait. Mais le petit rat revient toujours pour mordre...