Tension dans la chambre du CH: la réaction du Centre Bell fait mal

Tension dans la chambre du CH: la réaction du Centre Bell fait mal

Par David Garel le 2026-04-12

Le vestiaire était lourd... et silencieux...

Après cette défaite de 5-2 contre les Blue Jackets de Columbus, ce n’était pas juste une mauvaise soirée. C’était une soirée qui a laissé des traces. Une soirée où, pour la première fois depuis la qualification, un doute réel s’est installé autour des Canadiens de Montréal.

Parce que tout s’est mêlé.

Le jeu, d’abord. Brouillon, décousu, presque synonyme de "je m'en fois" par moments. Une équipe qui ressemblait plus à un camp d’entraînement qu’à une formation prête à entamer les séries dans quelques jours.

Des revirements, un avantage numérique honteux, des séquences où même les automatismes les plus simples disparaissaient.

Même le capitaine Nick Suzuki n’était pas irréprochable, envoyant des passes dans les patins, symbole d’un collectif qui ne tournait pas rond.

Mais ce n’est pas ça qui a vraiment changé l’ambiance.

C’est la blessure.

Quand Noah Dobson s’est placé devant ce tir de Zach Werenski, personne n’imaginait la suite. Le choc au gant. La douleur immédiate.

Puis cette séquence difficile à regarder : un dégagement raté, clairement affecté, visiblement incapable d’utiliser pleinement ses deux mains… et les huées du Centre Bell.

Un moment dur.

Parce que dans l’aréna, les partisans n’avaient pas vu. Ils ont réagi au jeu. Mais dans le vestiaire, eux, ils savaient. Ils ont vu la grimace. Ils ont vu leur défenseur numéro un quitter. Et ils savent ce que ça veut dire à quelques jours des séries.

Et c’est là que la tension monte.

Phillip Danault n’a pas tourné autour du pot et a visé ses coéquipiers. Encore une fois. Ce n’est pas la première fois qu’il le fait, et ça commence à peser.

Il a parlé des standards. Du niveau qui glisse. Du danger de tomber dans de mauvaises habitudes. Il a répété que l’équipe avait hâte aux séries, mais il a aussi laissé entendre que ce qui se passe en ce moment… ce n’est pas acceptable.

« Ok, il est temps que ça commence (les séries). Mais on se bat pour l’avantage de la patinoire et on tombe du mauvais côté de nos standards. »

« Ce soir, il n’y a pas grand-chose qui marchait. Ce n’est pas évident parce que tu veux que les séries commencent, mais ce sont quand même deux matchs de préparation. »

Ce genre de message, dans un vestiaire, ça frappe.

Surtout quand ça vise indirectement tes coéquipiers. Surtout quand ça revient. Parce que Danault l’a déjà fait. Sur l’avantage numérique, il a répété que les gars jouaient trop compliqué et devaient tirer au filet au lieu de chercher la passe parfaite. Et encore une fois, il remet une couche. Il a même parlé des deux passes de Nick Suzuki dans les patins de Caufield.

Venant d'un plombier qui a les deux mains dans le béton, ça doit être gossant comme jamais.

Pendant ce temps, Martin St-Louis, lui, avait clairement moins de patience que d’habitude (avancez la vidéo à 13:12).

Quand la question est venue, on pouvait sentir la fumée qui sort de ses oreilles:

Est-ce qu’il regrettait d’avoir utilisé Dobson dans ce match et est-ce que ça allait changer sa gestion pour les deux derniers matchs?

La réponse n’était pas celle d’un coach détendu.

" T'aurais voulu que je l'asseois? " en regardant les yeux au ciel.

Il a rappelé qu’il ne peut pas tout contrôler. Qu’il faut habiller des joueurs. Que la réalité, c’est que tu dois continuer à jouer.

Mais le ton était là.

Court. Sec. Fermé.

Ce n’était pas le St-Louis posé qu’on connaît. C’était un entraîneur qui n’avait pas envie de débattre. Pas envie de se justifier. Pas envie de revisiter des décisions prises dans un contexte où, justement, il essaie de jongler entre performance et santé.

Parce que c’est ça, le vrai casse-tête.

Tu veux garder ton rythme.

Tu veux viser l’avantage de la glace.

Mais tu veux aussi arriver en santé.

Et samedi soir, tout ça a explosé en même temps.

Un match sans rythme.

Un leader qui critique.

Un coach qui se ferme.

Et surtout… une blessure qui change tout.

À deux matchs des séries, ce n’est pas juste une défaite.

C’est une fissure qui fait tellement mal.

Et dans un vestiaire qui se préparait à attaquer le printemps avec confiance, elle tombe au pire moment.