Tempête médiatique à TVA Sports: altercation entre un journaliste et des fans

Tempête médiatique à TVA Sports: altercation entre un journaliste et des fans

Par David Garel le 2025-03-30

La tempête médiatique qui secoue TVA Sports en ce moment est d'une violence rarement vue.

Et au cœur de cette tourmente, il y a un journaliste : Anthony Martineau. Un père de famille, un homme respectueux, un professionnel rigoureux.

Et pourtant, c’est lui qui se retrouve dans l’œil du cyclone pour avoir fait ce que si peu osent encore faire : défendre un joueur au bord du précipice.

Mike Matheson n'est plus simplement un défenseur du Canadien de Montréal. Il est devenu, malgré lui, le punching bag du Québec hockey.

Chaque erreur, chaque revirement, chaque geste raté en avantage numérique est disséqué, amplifié, moqué. Même lorsqu’il tente de faire preuve d’humilité et d’émotion, on l’enterre.

Sa performance catastrophique contre les Blues de St. Louis l’a replongé dans ses démons. Un autre match à oublier. Un autre -4. Un autre soir où sa boîte courriel devait exploser de haine. Et il a aussi multiplié les erreurs à Philadelphie et en Caroline.

Mais voilà qu’Anthony Martineau, dans un geste de courage rarissime, s’est levé. Il a pris le clavier, il a mis ses principes sur la table, et il a défendu Mike Matheson.

Non pas en niant ses erreurs. Non pas en jouant à l’avocat du diable. Mais en rappelant une vérité fondamentale : il y a une manière humaine et civilisée de critiquer un joueur, sans sombrer dans l’inhumanité. Voici ce qu’il a publié :

« Mike Matheson a connu plusieurs mauvais matchs depuis le retour de la pause. Ce sont des faits.

Maintenant, avez-vous remarqué que ç’a été dit sans le traiter de “vidange”, de “pourriture” ou même de “terroriste du PP”?

Ben oui, ça se peut critiquer quelqu’un sans tomber dans les qualificatifs dégueulasses.

Ce soir, je lis des choses qui n’ont honnêtement aucun sens.

Parfois, je me demande ce qui peut pousser quelqu’un à devenir un genre de “HabsFan69” avec une photo de profil de chat portant des lunettes soleil et juste insulter des joueurs qui font partie des 700 meilleurs au monde.

Soyons francs. Soyons critiques. Mais soyons respectueux. Fin. »

Une publication lucide, balancée, un appel au civisme. Mais le Québec numérique ne pardonne pas. On lui a sauté à la gorge.

C’est probablement cette phrase, perçue comme condescendante, qui a mis le feu aux poudres : quand Martineau a évoqué les fameux comptes anonymes avec des photos de chats ou d’avatars absurdes, souvent seuls au monde, n’ayant que le web comme contact social, plusieurs se sont sentis attaqués dans leur dignité.

C’est là que le débat a basculé. Des internautes, visiblement blessés dans leur estime personnelle, ont riposté avec une virulence démesurée.

Ce commentaire, pourtant anecdotique à première vue, a été interprété comme une attaque frontale envers ceux qui se cachent derrière l’anonymat pour exister dans l’espace public.

Insultes, menaces, moqueries, toutes les altercations verbales possibles ont été balancées. Les comptes anonymes, les trolls, les rageux, tous ont dégainé. Résultat? Martineau a dû faire ce qu’il n’aurait jamais cru devoir faire : bloquer des dizaines de comptes.

« Je ne considère pas être un gars difficile.

J’aime tout le monde.

Mon seul critère : le respect.

Tristement, le nombre de comptes bloqués ici depuis la publication sur Mike Matheson est beaucoup plus élevé que je l’aurais pensé.

Qu’ils cultivent leur haine entre eux, au fond.

Ici, on va continuer de parler hockey sous l’étiquette sportive, objective et… humaine. »

Voilà. Tout est dit.

Anthony Martineau n’a pas défendu un joueur en déni. Il a défendu un homme. Un père. Un Montréalais. Quelqu’un qui, au lendemain d’une victoire contre Ottawa, voyait des drapeaux sur les voitures et se rappelait avec émotion son enfance.

Quelqu’un qui joue pour l’équipe de ses rêves, qui traverse une saison horrible au plan mental, mais qui continue de se présenter soir après soir. Quelqu’un qui joue blessé, critiqué, hué… mais qui garde la tête haute.

Ce que Martineau a fait, c’est ce que les grands journalistes font : poser un geste moral dans une mer d’immoralité. Dans une époque où l’anonymat numérique déshumanise tout, où chaque erreur devient un crime contre l’humanité, où les joueurs sont dépeints comme des ordures à chaque mauvais match, il a décidé de dire non.

Non, Mike Matheson n’est pas une vidange.

Non, Mike Matheson n’est pas un criminel du power play.

Non, Mike Matheson n’est pas parfait, mais il mérite qu’on le critique avec dignité.

Et si défendre cela fait de lui une cible, alors il aura été une cible avec courage.

Anthony Martineau a prouvé qu’il était plus qu’un journaliste. Il est devenu la voix de la décence dans un monde de dérapages.

Et Mike Matheson? Il a sans doute lu ces lignes. Il a sans doute eu les yeux mouillés. Il a sans doute senti, enfin, qu’il n’était pas seul.

Et c’est peut-être ça, la plus belle passe de la saison. Pas une passe sur la glace, mais une passe humaine. De père à père. De cœur à cœur.

Bravo, Anthony Martineau. Vous avez mis un peu de lumière dans un vestiaire où il n’y avait que de l’ombre.