Témoignage explosif : Patrick Roy n’aurait jamais toléré un défenseur comme Noah Dobson

Témoignage explosif : Patrick Roy n’aurait jamais toléré un défenseur comme Noah Dobson

Par André Soueidan le 2026-01-24

Impossible d’ignorer ce qui vient de refaire surface dans l’actualité hockey. Un simple passage au balado Spittin’ Chiclets a rallumé un vieux feu qu’on croyait éteint : la relation toxique entre Patrick Roy et ses défenseurs… et, par ricochet, le cas Noah Dobson avec les Islanders prend soudainement un tout autre sens.

Mentons-le tout de suite : Patrick Roy n’a jamais été un gardien passif. Roy ne se contentait pas d’arrêter des rondelles. Roy dirigeait, Roy exigeait, Roy imposait sa vision de la zone défensive. Et cette vision-là, elle ne correspond absolument pas au profil d’un défenseur comme Noah Dobson.

Au micro de Spittin’ Chiclets, alors qu’il était interrogé par Ryan Whitney sur son passage avec Roy au Colorado, Rob Blake a raconté une anecdote qui en dit long sur la façon dont Patrick Roy traitait ses défenseurs. Le contexte est simple : un jeune Martin Skoula arrivait dans la ligue, et Roy prenait déjà toute la place dans la structure défensive.

Voici ce qui a été raconté :

« Patrick était le premier gardien devant lequel j’ai vraiment joué qui était très technique, surtout en infériorité numérique.

Quand on montait pour un tir, il disait : “C’est ta zone.” Si ça passe du côté court, c’est ta zone. Tu dois te mettre devant ça. Donne-moi le côté éloigné.

Il le dessinait et il avait tous nos défenseurs dedans.

Dès que ça tournait, tu voulais te placer dans la zone de tir, mais tu prenais juste le côté court et tu lui laissais l’autre côté.

Et si ça rentrait du côté court parce que tu n’étais pas dans la zone, maintenant tu vas en entendre parler.

Il avait ça si spécifique : si ça va dans cette direction, tu es dans cette zone et c’est la tienne. Et je vais couvrir l’autre endroit. »

Tout est là. Tout est dit.

Patrick Roy n’acceptait pas l’improvisation.

Patrick Roy n’acceptait pas l’hésitation.

Patrick Roy n’acceptait pas qu’un défenseur joue pour sa fiche personnelle.

Sa philosophie était claire : le défenseur prend le short side, le gardien s’occupe du far side.

Tu bloques le tir, tu te places dans la ligne de feu, tu te sacrifies pour protéger le côté rapproché.

Et maintenant, faisons l’exercice interdit :

Imaginez Noah Dobson devant Patrick Roy.

Dobson, c’est quoi exactement comme défenseur?

Un gars « smooth ».

Un transporteur de rondelle.

Un défenseur qui joue avec élégance.

Un joueur qui privilégie la transition rapide plutôt que le contact.

Un joueur qui attaque plus qu’il ne protège.

Un joueur qui préfère pivoter que s’écraser devant un tir frappé.

Bref, tout l’inverse du prototype que Patrick Roy exigeait devant lui.

Dans l’univers de Roy, le défenseur n’est pas un artiste. C’est un soldat.

Dans l’univers de Dobson, le jeu est fluide, mobile, propre.

Dans l’univers de Roy, le jeu est brutal, structuré, douloureux.

On comprend alors à quel point la cohabitation entre les deux était condamnée d’avance. Chaque tir non bloqué devenait un reproche potentiel. Chaque jeu « safe » devenait une faute morale. Chaque rondelle laissée passer du côté court devenait une trahison tactique.

Et Roy ne se gênait pas pour le dire.

Ce témoignage vient renforcer ce que plusieurs observateurs soupçonnaient depuis des mois : le malaise entre Patrick Roy et Noah Dobson n’était pas seulement une question de contrat.

Ce n’était pas juste une négociation salariale qui tournait mal. C’était une incompatibilité idéologique.

D’un côté, un entraîneur-gardien obsédé par les angles, la structure et le sacrifice corporel.

De l’autre, un défenseur moderne formé pour attaquer, relancer et contrôler la rondelle.

Deux visions du hockey qui ne se rencontrent jamais.

La sortie de Dobson des Islanders prend maintenant une autre couleur. Refuser de resigner, refuser de continuer à jouer dans cet environnement, ce n’était pas seulement une question d’argent ou de marché. C’était un refus de s’adapter à une philosophie qui ne correspond pas à son ADN de joueur.

Patrick Roy demande à ses défenseurs de souffrir pour lui.

Noah Dobson joue pour créer, pas pour bloquer.

La logique est brutale :

Roy ne fait pas confiance aux défenseurs qui n’acceptent pas de manger des tirs.

Dobson n’est pas un bloqueur de tirs.

Donc Roy ne lui fera jamais confiance.

Et cette dynamique-là, Rob Blake vient de la confirmer indirectement. Ce n’est pas une rumeur. Ce n’est pas une impression.

C’est une méthode. C’est un système. C’est une façon de penser.

Le plus ironique dans tout ça? Patrick Roy ne demande pas l’impossible. Il demande simplement que le défenseur prenne le short side.

Mais pour un joueur comme Dobson, ce détail-là est une révolution complète de son style. Ça veut dire accepter de perdre sa mobilité pour protéger un angle.

Ça veut dire accepter de se faire frapper par la rondelle pour que le gardien puisse respirer. Ça veut dire jouer contre ses instincts offensifs.

Et quand un joueur joue contre ses instincts, ça finit toujours mal.

Ce témoignage explosif jette une lumière crue sur ce qui se passait réellement à Long Island. Roy n’était pas simplement dur.

Roy imposait une structure incompatible avec certains profils. Et Dobson, avec son jeu fluide et offensif, était l’exemple parfait du joueur qui n’avait aucune chance de plaire à ce type d’entraîneur.

Ce n’est pas une question de talent.

C’est une question de philosophie.

Le hockey moderne évolue vers la relance rapide, les défenseurs mobiles, les sorties de zone propres.

Patrick Roy, lui, entraîne encore avec une mentalité de gardien : protéger d’abord, attaquer ensuite.

Quand Rob Blake raconte comment Roy dessinait les zones de tir et répartissait la responsabilité du filet, on voit exactement ce qui se serait produit avec Dobson : chaque erreur aurait été un affront personnel.

Chaque tir non bloqué aurait été une trahison. Chaque jeu « smooth » aurait été vu comme un manque d’engagement.

Résultat?

Une relation vouée à l’échec.

Un départ inévitable.

Un divorce tactique.

Et ce témoignage-là, aujourd’hui, vient donner raison à tous ceux qui disaient que le courant ne passait pas entre les deux. Ce n’était pas une question d’attitude.

Ce n’était pas une question de vestiaire. C’était une question de vision du hockey.

Patrick Roy voulait des défenseurs prêts à mourir pour le short side.

Noah Dobson voulait jouer avec la rondelle.

Entre les deux, il n’y avait pas de compromis possible.

Ouch...