Surprise devant les journalistes: Martin St-Louis rabaisse son équipe

Surprise devant les journalistes: Martin St-Louis rabaisse son équipe

Par David Garel le 2026-03-07

Ouch. Il y a des victoires qui sonnent comme des célébrations. Et puis il y a des victoires qui ressemblent presque à une confession. Samedi soir à Los Angeles, après le gain de 4-3 contre les Kings de Los Angeles, Martin St-Louis n’avait pas le ton d’un entraîneur satisfait.

Au contraire.

Pour la première fois depuis longtemps, l’entraîneur des Canadiens de Montréal a parlé avec une franchise presque brutale sur la performance de son équipe. Oui, Montréal a gagné. Oui, deux points importants sont repartis dans l’avion. Mais selon lui, la réalité du match est impossible à masquer.

« À soir, pour moi, c’était la meilleure équipe sur la glace. On ne se cachera rien. »

La meilleure équipe, c’étaient les Kings.

Et St-Louis ne l’a jamais nié.

La première période a été particulièrement révélatrice. Les Kings ont complètement dominé le Canadien au chapitre des tirs, profitant d’un rythme élevé et d’une pression constante. Montréal a passé une bonne partie du temps à tuer des pénalités et à courir après la rondelle.

« C’est dur d’aller chercher du momentum quand il faut tuer trois punitions. »

St-Louis regardait le tableau des tirs avec incrédulité.

« Je regardais les shots au tableau… c’est dégonflant. »

Dégonflant. Le mot est fort. Et il résume parfaitement la sensation que son équipe lui a laissée pendant une bonne partie de la rencontre.

En zone offensive, il a aussi reconnu que son équipe était trop prévisible.

« Dans la première, on était “one and done”. On n’a pas passé assez de temps dans leur territoire. »

Bref, malgré la victoire, St-Louis voyait clairement tout ce qui n’a pas fonctionné.

Mais dans ce chaos, il y a eu une différence majeure : Jakub Dobeš.

L’entraîneur n’a pas hésité à le dire.

« Je sentais que le match avait besoin d’un héros… et Dobeš a fait la différence. »

Le gardien tchèque a tenu le fort pendant que les Kings bombardaient le filet montréalais, donnant le temps à l’équipe de trouver son rythme et d’attendre son moment.

Puis il y a eu les buts de Juraj Slafkovský et de Nick Suzuki, qui ont complètement renversé la rencontre.

Pour St-Louis, cette victoire n’est pas un signe que tout va bien.

C’est plutôt un rappel.

« Tu regardes le résultat et tu penses que tout est beau… mais quand tu regardes le processus, il y a beaucoup de détails qu’on a manqués. »

Autrement dit : le Canadien a gagné… mais il sait très bien qu’il n’a pas joué un grand match.

St-Louis l’a même admis sans détour.

« On est allé chercher deux points qu’on ne méritait peut-être pas. »

Mais dans une course aux séries où chaque point compte, parfois, une victoire comme celle-là vaut son pesant d’or.

Parce qu’au final, ce qui a sauvé Montréal, ce n’est pas l’exécution parfaite.

C’est l’attitude.

« On n’est pas une équipe qui va abandonner. »

Et dans un match où les Kings ont dicté le tempo pendant de longues séquences, c’est peut-être cette obstination… plus que le jeu lui-même… qui a permis au Canadien de repartir de Los Angeles avec une victoire.