Pendant que Jakub Dobeš se prépare à jouer le match le plus important de sa carrière contre les Canucks de Vancouver et que Jacob Fowler enfile sa casquette d’adjoint, Samuel Montembeault, lui, flotte déjà dans un autre univers.
Un univers réservé aux joueurs que l’organisation considère, même sans jamais l’avouer publiquement, comme des numéros uns.
Parce qu’il faut le dire sans détour :
Montembeault n’est pas simplement “déjà à Washington”.
Il est hébergé, installé, traité, comme un gardien autour duquel on bâtit une structure.
Comme un pilier.
Comme un homme auquel on prépare un match qui veut dire quelque chose.
Selon nos informations, Montembeault n’a pas atterri à minuit dans un vol commercial collé sur un siège du milieu.
Il a quitté tôt, seul, escorté par le staff, pour se retrouver ce soir dans une suite cinq étoiles du centre-ville de Washington, loin du chaos du voyagement, loin du bruit du Centre Bell, loin de la pression d’un match qu’il n’avait pas besoin de jouer.
Une suite, oui. Pas une chambre.
Une suite complète, réservée pour qu’il puisse s’allonger, récupérer, respirer, visualiser son match.
Exactement le genre de privilège qu’une organisation n’offre qu’aux joueurs dont elle veut protéger l’énergie, la concentration, l’état psychologique.
Exactement le genre de privilège que Carey Price obtenait dans ses grandes années.
Et Montréal ne fait jamais ces choses-là par hasard.
Pendant que ses coéquipiers patineront ce soir, Montembeault marchera tranquillement dans les corridors capitonnés d’un hôtel cinq étoiles.
Il montera dans sa suite, déposera son bagage, ouvrira les rideaux sur une ville qui dort déjà.
Peut-être écoutera-t-il les premiers instants du match à Montréal, peut-être pas.
Parce que, pour la première fois depuis des semaines, le Canadien lui offre une soirée où le hockey n’exige rien de lui.
Son seul mandat : être parfait demain.
Et ce geste, ce protocole, ce traitement VIP change tout.
Car lorsqu’une organisation prépare un gardien de cette façon, en lui évitant le vol de fin de soirée, l’arrivée dans le froid, le transport d’équipement, la fatigue, le stress, elle envoie un message clair :
« C’est toi notre gars demain. Et on veut que tu arrives dans ce match avec la tête fraîche, les jambes légères et le regard affûté. »
Il n’y a rien de plus numéro un que ça.
Et au-delà de l’image glamour (la suite, le calme, la ville silencieuse sous la neige) c’est le symbole qui frappe.
Car Montembeault revient d’une descente à Laval.
Il revient d’un moment où sa carrière semblait chanceler.
Il revient d’un point où tout aurait pu basculer pour de bon.
Mais voilà qu’à présent, le Canadien lui déroule le tapis rouge d’un gardien de confiance, d’un gardien à qui on veut offrir les meilleures conditions pour performer, d’un gardien qu’on couve, qu’on réinstalle, qu’on repositionne comme un élément central de la semaine.
Un traitement qui n’aurait pas été offert à Dobeš.
Un traitement dont même Fowler ne profite pas encore.
Un traitement clinique, volontaire, stratégique, qui contribue à rebâtir cette aura de stabilité autour de Monty.
Demain, Washington aura droit à un Montembeault bien dormi, bien reposé, bien préparé.
Un Montembeault qui, s’il gagne, solidifie une hiérarchie que tout le monde sent depuis dix jours :
Fowler est le futur.
Montembeault est le présent.
Dobeš est en suspens.
Mais ce soir, dans une suite luxueuse où il n’entend même pas le brouhaha du Centre Bell, Samuel Montembeault reçoit ce que tous les gardiens recherchent à Montréal :
La preuve que l’organisation croit encore en lui.
