Sortie publique: Patrik Laine envoie un message à Martin St-Louis

Sortie publique: Patrik Laine envoie un message à Martin St-Louis

Par David Garel le 2026-01-06

Patrik Laine était sur la glace avant tout le monde. Seul. Concentré. Sérieux. Mais surtout en équipement complet.

Bien avant que le vestiaire ne s’anime au Complexe CN, il était déjà là, à travailler son tir, à répéter ses gestes, à prendre des tirs sur réception comme s’il jouait un match invisible contre le temps.

Laine savait trop bien que les caméras étaient présentes à Brossard. Cette sortie publique se voulait un message direct à Martin St-Louis et l'état-major du CH.

À Montréal, quand un joueur blessé revient sur la glace avant les autres et l'entraînement régulier, ce n’est jamais par hasard. C’est un message. Clair. Volontaire.

Laine veut revenir.

Mais surtout, Laine veut revenir à ses conditions.

Parce que ce qu’il montre depuis quelques jours, ce n’est pas seulement qu’il est en santé. C’est qu’il est encore capable de faire exactement ce pour quoi il a toujours été payé : marquer. Son tir est vif. Son relâchement est intact.

Les tirs sur réception claquent. Le geste est fluide. Le puck sort rapidement de la palette. Offensivement, le talent est toujours là.

Le problème, ce n’est pas Laine avec une rondelle.

Le problème, c’est Laine dans l’écosystème actuel du Canadien.

Une équation impossible pour Martin St-Louis.

Car Marty n’est pas un entraîneur qui coupe des têtes gratuitement. Il donne des chances. Il est patient. Il attend que le temps fasse son œuvre. Mais depuis la blessure de Laine, quelque chose a changé... et pas subtilement.

Le Canadien a trouvé un équilibre.

Un rythme.

Une identité.

Les rôles sont clairs. Les joueurs acceptent leurs minutes. L’avantage numérique est structuré différemment. Le tempo est plus rapide. La pression est constante. Et surtout, il n’y a plus de passager.

Et c’est là que Laine pose problème.

Parce que Patrik Laine ne peut pas jouer sur un bottom-6. Ce n’est pas une question d’égo. C’est une réalité hockey. Il ne tue pas de pénalités. Il n’impose pas un forecheck constant. Il n’est pas là pour manger des minutes ingrates. Il est là pour finir des jeux.

Mais en même temps, Martin St-Louis ne veut plus bâtir son top-6 autour de lui.

Pas à ce stade-ci. Pas avec ce groupe-là. Pas avec ce que l’équipe est devenue pendant son absence.

Le malaise ne disparaît pas avec un bon tir

Oui, Laine patine mieux. Oui, il a l’air en forme. Oui, son tir est toujours élite.

Mais le malaise, lui, est toujours là.

Il était là avant la blessure. Il était là pendant. Et il est encore là maintenant.

Ce malaise ne vient pas d’un conflit ouvert. Il vient d’un décalage. Un décalage de rythme. D’intensité. De tempo émotionnel.

Même quand l’attitude est bonne, même quand les intentions sont sincères, Laine donne souvent l’impression de jouer à contre-courant du groupe.

Et dans un vestiaire qui fonctionne, ce genre de décalage devient plus visible, pas moins.

Martin St-Louis veut de la vitesse. De l’exécution rapide. Des décisions instantanées. Laine, lui, est un joueur de timing, de demi-secondes gagnées sur un tir, pas un joueur de poursuite constante.

Marty et Patty... C’est une incompatibilité hockey qui donne mal au coeur.

En revenant sur la glace avant tout le monde, Laine envoie un message clair : ne m’oubliez pas.

Il dit à St-Louis : je suis prêt.

Il dit à la direction : je peux encore aider.

Il dit au vestiaire : je veux faire partie de ça.

Mais le problème, c’est que ce message force une décision.

Parce que s’il revient, quelqu’un doit sortir. Kirby Dach, Alex Newhook et Jake Evans ne sont même pas encore de retour et déjà, il y a congestion.

Soyons honnêtes : plus Laine se rapproche d’un retour, plus une idée gagne du terrain dans les coulisses.

Une transaction.

Son contrat arrive à échéance.

Son salaire est élevé. (8,7 M$), mais il devient libre comme l'air cet été.

Son rôle est flou à Montréal, mais une équipe qui veut relancer son avantage numérique pourrait être intéressé.

Patrik Laine n’a rien dit.

Il n’a pas parlé aux médias.

Il n’a pas lancé de flèche.

Il a simplement sauté sur la glace publiquement pour montrer qu'il était encore un joueur de la LNH. C’est peut-être le message le plus fort qu’il pouvait envoyer.

Mais à Montréal, parfois, ce n’est pas le message qui compte le plus.

C’est la réponse qu’on est prêt, ou non, à lui donner.

Et en ce moment, cette réponse est qu'il ne fait plus partie de cette équipe.