Scène gênante lors de la remise des médailles : Nathan MacKinnon outré par le comité olympique

Scène gênante lors de la remise des médailles : Nathan MacKinnon outré par le comité olympique

Par André Soueidan le 2026-02-22

Perdre une médaille d’or olympique fait mal.

La perdre en prolongation trois contre trois, dans un tournoi qui méritait une conclusion à cinq contre cinq, ça laisse un goût encore plus étrange.

Et se faire tendre un toutou en peluche au moment précis où ton rêve vient d’exploser? Ça, c’est la cerise sur le malaise.

Sur le podium, médaille d’argent autour du cou, Nathan MacKinnon ne jouait plus au hockey. Son regard disait tout.

Pas de sourire forcé. Pas de diplomatie. Juste une incompréhension brute. Comme si son visage demandait : « Sérieusement? C’est ça, le moment? »

Parce que ce match-là, il l’a porté.

21 minutes 21 secondes de temps de jeu. Deuxième chez les attaquants derrière Connor McDavid (24:00). Utilisé dans toutes les situations. À cinq contre cinq. En avantage numérique. En prolongation.

Jon Cooper est allé avec son « cheat code » toute la soirée. MacKinnon. McDavid. Makar. Encore. Encore. Encore.

Mais à force d’insister, la magie s’est transformée en entêtement.

Dès le premier avantage numérique à cinq contre trois, MacKinnon donne le ton. Mise au jeu gagnée. Rondelle installée. Et plutôt que de construire patiemment, il déclenche un tir sur réception immédiat. Raté. Rondelle qui sort de la zone. Dégagement facile pour les États-Unis.

Ce n’était pas de l’égoïsme.

C’était de la pression.

Le genre de pression qui pousse un joueur d’élite à vouloir régler ça tout de suite. À vouloir frapper fort. À vouloir imposer sa signature sur le match.

Mais dimanche, rien ne voulait entrer.

Troisième période. Filet pratiquement ouvert. Une occasion que MacKinnon convertit neuf fois sur dix dans la LNH.

Cette fois? À côté...

Retour au banc. Regard noir. Dialogue interne évident. Il savait.

Il savait que les chances ne seraient pas infinies.

Pendant ce temps, Mike Sullivan gardait la stabilité de ses trios. Pas de panique. Pas de mélange de country club. Pas de favoritisme.

Cooper, lui, continuait de tourner autour de son noyau vedette.

Même en prolongation trois contre trois — vingt minutes complètes dans un format qui ressemble plus à une compétition de skills qu’à une finale olympique ... le même scénario. Tentatives individuelles. Rush en solo. MacKinnon qui essaie de percer à travers deux joueurs. McDavid qui tente la passe parfaite. Makar qui s’avance.

Tout le monde veut être le héros.

Personne ne veut être celui qui attend.

Et pendant que le Canada cherche la beauté, les Américains cherchent l’efficacité.

But.

Fin.

Rideau.

Aucune trace de 2010. Aucun moment Crosby. Aucun but éternel à cinq contre cinq. Juste une conclusion compressée pour faire place à la cérémonie de clôture.

Et c’est là que la scène devient presque surréaliste.

Remise des médailles. Alignement des joueurs. Le protocole commence.

Puis vient ce fameux objet cérémonial ... mascotte, peluche, symbole culturel, appelez ça comme vous voulez.

Nathan MacKinnon reçoit l’objet.

Et le visage change.

Pas de colère explosive. Pas de scandale public. Juste ce regard qui crie : « On vient de perdre l’or… et tu me donnes ça? »

Le timing était catastrophique.

Parce que derrière ce regard, il y avait un tournoi lourd.

MacKinnon a joué blessé. Ça se voyait. Moins explosif en transition. Moins tranchant sur ses premières enjambées. Il a tout donné quand même. 21:21 dans une finale olympique, ce n’est pas une gestion conservatrice. C’est un cheval de bataille.

Mais la fatigue était visible. Les séquences prolongées. Les efforts répétés. Les tentatives forcées.

Ce trio qu’on appelait le « cheat code » n’a rien inscrit sur la feuille de pointage dans le match le plus important.

Pas un point.

Et c’est ça qui ronge.

Parce que les grands joueurs vivent pour ces moments-là.

MacKinnon n’est pas venu à Milan pour apprendre. Il est venu pour gagner.

Quand il disait que ce serait le match le plus important de sa vie, ce n’était pas une phrase creuse. C’était réel.

Et maintenant, son image finale du tournoi n’est pas un but historique.

C’est un podium.

Une médaille d’argent.

Et une scène gênante.

Le plus ironique? Ce format de prolongation à trois contre trois.

Une finale olympique réglée comme un match de saison régulière en novembre.

Le hockey mondial mérite mieux que ça.

Les joueurs méritent mieux que ça.

Un tournoi aussi intense, aussi chargé émotionnellement, devrait se terminer comme la Coupe Stanley : à cinq contre cinq, jusqu’à ce que quelqu’un tombe.

Pas dans une course à l’espace.

Pas dans une loterie de transitions.

Et sûrement pas avec un accessoire cérémonial qui ressemble à une blague involontaire.

Nathan MacKinnon n’a pas explosé.

Mais son visage a parlé.

Et parfois, ça dit tout.

Parce que derrière la scène gênante, derrière le protocole olympique, derrière les sourires forcés…

Il y avait un compétiteur qui venait de tout perdre.

Et qui n’avait aucune envie qu’on transforme ce moment en spectacle décoratif.

L’argent, c’est honorable.

Mais pour un joueur comme MacKinnon?

C’est une cicatrice.

Ouch...