Scène gênante: Éric Raymond en panique devant Jakub Dobeš

Scène gênante: Éric Raymond en panique devant Jakub Dobeš

Par David Garel le 2026-01-26

Il fallait voir la scène pour comprendre à quel point la pression est montée d’un cran au deuxième étage.

Alors que les rumeurs de congédiement déferlent comme jamais, Éric Raymond a soudainement décidé de faire ce que les entraîneurs ne font jamais à Montréal : se placer volontairement devant la caméra, dans l’axe parfait de TVA Sports, comme pour dire au monde entier que tout est sous contrôle.

Les gestes étaient saccadés, les mains parlaient plus que lui, les mouvements cherchaient à imposer une autorité artificielle.

Et devant lui, Jakub Dobeš, les yeux baissés, écoutait un sermon qui ressemblait moins à une instruction technique qu’à un appel désespéré à sauver l’image d’un coach qui sent sa chaise brûler sous ses pieds.

Voici la séquence malaisante au possible. On est tellement gêné qu'on veut regarder par terre:

Raymond parlait de calme, alors que lui-même simulait la panique. Il mimait Dobes et son langage corporel incontrôlable en situation de match.

Pauvre gars.

Il tentait de projeter la maîtrise au moment précis où la ville entière s’interroge : comment un département qui a littéralement vu s’effondrer nos deux gardiens peut-il encore tenir debout?

Pendant ce temps, le journaliste de TVA Sports, Anthony Martineau montait au front pour défendre Raymond, dénonçant ceux qui évoquent un congédiement comme étant “petits” ou “simplistes”.

Un discours qui a immédiatement fait sourciller. Parce qu’à Montréal, on connaît le jeu : défendre un entraîneur en place quand on est un journaliste sur le terrain au quotidien avec l'équipe, ce n’est pas toujours une question d’analyse.

C’est parfois une question d’accès, de proximité, de privilèges futurs. Et surtout, cela évite d’avouer l’évidence : ce n’est pas petit de questionner Raymond. C’est la seule conclusion logique.

Parce qu’au-delà des émotions, il y a les chiffres. Ceux de Samuel Montembeault. Le pire gardien statistique de la LNH parmi ceux qui jouent régulièrement. Un taux d’efficacité de ,869. Une moyenne de 3,46. Trois buts accordés sur seize lancers contre Buffalo. Deux buts en fin de match contre Boston que même un auxiliaire de la Ligue américaine arrête les yeux fermés.

Et une entrevue de perant où Montembeault parlait de ses statistiques comme si elles étaient secondaires, où il se félicitait d’avoir joué “55 bonnes minutes” alors qu’il est précisément celui qui a détruit les cinq dernières.

Mais surtout, il y a cet élément que Martineau évacue complètement : la comparaison.

Et c’est ici que Mathias Brunet, sans même le vouloir, expose la vérité la plus humiliante pour Raymond. Brunet explique que partout dans la LNH, des gardiens anonymes, sous-estimés, repêchés en fin de ronde, non repêchés, échangés pour des miettes, deviennent soudainement des héros.

Des Brandon Bussi, des Mackenzie Blackwood, des Alex Lyon, des Akira Schmid, des Darcy Kuemper, des Adin Hill. Ce sont des gars sortis de nulle part, développés par des organisations qui savent travailler, qui savent corriger, qui savent stabiliser.

Pendant ce temps, à Montréal, qu’arrive-t-il?

Deux gardiens. Deux effondrements. Une même constante : Éric Raymond.

Ce n’est pas “petit”. C’est mathématique.

Montembeault est devenu une passoire émotionnelle et technique.

Dobeš, autrefois structuré à Laval, est devenu complètement instable.

À Laval, sous Marco Marciano, les gardiens se reconstruisent, se stabilisent, s’apaisent.

À Montréal, sous Raymond, ils se dérèglent... et se détruisent...

Mais au lieu de reconnaître l’évidence, Raymond a choisi aujourd’hui de jouer la carte du spectacle: se montrer devant les caméras, multiplier les gestes, corriger publiquement Dobeš, comme si toute cette agitation visuelle allait effacer un constat que tous les experts de la LNH répètent depuis novembre : il n’y a plus d’encadrement technique fiable devant le filet montréalais.

Raymond voulait passer le message à tout le monde que ce n'est pas de sa faute si Dobeš est en panique devant le filet et qu'il lui conseille même de se calmer.

Martineau a beau faire valoir que Raymond “a déjà aidé ses gardiens”, la réalité est crue : oui, il les a déjà aidés, mais aujourd’hui il les perd.

Un coach perdant... qui perd ses gardienns l'un après l’autre, dans une spirale psychologique et technique qui donnent la nausée.

Et c’est pour masquer tout cela qu’Éric Raymond a tenté aujourd’hui de scénariser son propre leadership, debout devant les caméras, parlant de calme pendant qu’il se noyait visiblement dans ses propres inquiétudes.

L’organisation sent la fumée. Le vestiaire sent la fumée. Les dirigeants sentent la fumée.

La question n’est plus : “Est-ce que Raymond est responsable?”

La question est devenue : “Combien de temps encore Montréal va-t-il tolérer ce naufrage?”

Ce matin, Raymond a tenté d’envoyer un message.

La ville entière a compris un autre message.

Il n’est plus en contrôle.

Il est en survie.

Et lorsque les entraîneurs entrent en mode survie, ce n’est jamais long avant que la direction décide de couper le cordon pour sauver ce qu’il reste.