Scène émouvante dans la chambre: Alexandre Texier quitte la noirceur

Scène émouvante dans la chambre: Alexandre Texier quitte la noirceur

Par David Garel le 2026-01-08

Ce qui s’est passé hier dans le vestiaire du Canadien dépasse largement un but, 3 points et le joueur du match. Le message est humain. Profond. Et incroyablement fort.

Alexandre Texier, ce joueur que certains jugeaient « pas assez social », « pas assez intégré », « trop effacé », a vécu exactement ce dont il avait besoin pour continuer à se reconstruire, pas comme joueur, mais comme être humain.

À Saint-Louis, Jim Montgomery lui reprochait de ne pas assez connecter avec le groupe, de rester en périphérie, comme si la personnalité devait suivre un modèle unique, comme si la gêne était un défaut à corriger plutôt qu’une réalité à respecter.

Or, Texier n’a jamais été un extraverti. Il n’a jamais été un gars de grands discours. C’est quelqu’un de réservé, de fragile parfois, quelqu’un pour qui l’environnement compte autant que le talent. Quelqu’un dont on doit prendre soin.

Et hier, à Montréal, on a vu exactement l’inverse de ce qu’on lui reprochait ailleurs.

Quand il est nommé joueur du match par Phil Danault après cette performance magistrale contre les Flames de Calgary, il n’en fait pas trop.

Pas de speech préparé. Juste deux mots, simples, presque timides : « Same tomorrow ». Parce que le Canadien rejoue dès ce soir contre les Panthers de la Floride, parce que le groupe avance, parce que l’important n’est pas lui, mais le nous.

Et c’est là que la scène devient bouleversante... au point de nous donner les larmes aux yeux:

Les joueurs se lèvent. Ils tapent dans leurs mains. Ils crient son nom. Ils l’attendent. Ils l’entourent. Texier sourit, un peu mal à l’aise, fidèle à lui-même, mais il est là. Il fait partie de la famille. Plus en retrait. Plus isolé. Plus jugé. Accepté tel qu’il est.

Quand on connaît son parcours, ses pauses, ses combats silencieux avec la santé mentale, cette vidéo prend une autre dimension.

Ce n’est pas juste un vestiaire qui célèbre un bon match. C’est un groupe qui dit à un joueur :

« Tu es à ta place. Tu es important. Tu n’as pas besoin de changer qui tu es pour être des nôtres. »

C’est exactement ce que le hockey oublie trop souvent.

On parle sans cesse de caractère, de leadership, de vestiaire, mais rarement de la responsabilité collective de protéger les profils différents, ceux qui n’entrent pas dans le moule du gars bruyant, confiant, toujours à l’aise devant une caméra.

Texier rappelle que la force peut être calme. Que l’impact peut être silencieux. Que le courage ne fait pas toujours de bruit.

Avant de signer à Montréal, Texier est devenu une cible facile sur les réseaux sociaux, étiqueté tour à tour comme un passager, un figurant, un joueur fini, un gars de Ligue américaine recyclé, un « trou noir » sans avenir.

Les "trolls internet" ont oublié sa période extrêmement fragile sur le plan de la santé mentale, marquée par des combats intérieurs lourds et des problèmes de dépendance qu’il a lui-même reconnus, un moment de vie où simplement continuer à avancer demandait déjà un courage immense.

Martin St-Louis a choisi de miser sur ce que Texier pouvait devenir plutôt que sur l’étiquette qu’on lui avait collée. Grâce à l'humanité du coach du CH, on voit une renaissance sportive... et une réparation humaine.

Le Français évolue maintenant dans un environnement où il n’a plus à s’excuser d’être réservé, discret ou différent. Montréal ne l’a pas changé : Montréal lui a donné l’espace pour être lui-même. Et c’est précisément pour ça que cette histoire frappe aussi fort.

Cette vidéo nous rend ému parce qu’elle montre ce que le Canadien est en train de devenir : un environnement où l’humain n’est pas écrasé par la performance, mais soutenu par elle. Un vestiaire qui comprend que le talent fleurit quand il se sent en sécurité.

Chapeau au groupe.

Chapeau au vestiaire.

Et surtout, chapeau à Alexandre Texier.

Ce qu’on a vu hier, ce n’est pas une belle histoire de hockey.

C’est une victoire humaine.