Scénario catastrophique pour Arber Xhekaj: Martin St-Louis ne veut plus de lui

Scénario catastrophique pour Arber Xhekaj: Martin St-Louis ne veut plus de lui

Par David Garel le 2026-01-31

Ce qui se passe présentement avec Adam Engström à Laval n’est pas un simple bon moment de développement, ni une belle histoire de patience organisationnelle racontée pour justifier qu'il soit encore dans la Ligue américaine.

Le gars est tellement NHL-ready que c'en devient malaiant. Il est tellement supérieur à Arber Xhekaj et Jayden Struble, ça crève les yeux.

Cendredi soir à Syracuse, on a assisté à une séquence qui résume à elle seule pourquoi le dossier Adam Engström devient impossible à ignorer.

En prolongation, le défenseur suédois a littéralement déculotté Wojciech Stachowiak en un contre un, l’a forcé à mordre à l’hameçon, puis a décoché un tir précis dans la lucarne pour donner la victoire au Rocket de Laval.

Ce n’était pas un but chanceux, ni un jeu forcé : c’était une lecture élite, une exécution calme, et surtout la démonstration d’un joueur qui n’est plus stimulé par le niveau de la Ligue américaine. On aurait dit qu'il jouait au parc.

Ce genre de but-là, ce n’est pas un highlight de mineur. C’est une action de défenseur de la LNH, point final. Et chaque recruteur, chaque dirigeant, chaque membre de l’état-major du Canadien qui a vu cette séquence a compris la même chose : Engström est prêt, et il commence à manquer d’air à Laval.

La situation devient de plus en plus inconfortable pour tout le monde, à commencer par Martin St-Louis lui-même. Parce qu’à force de voir Engström contrôler les matchs, lire le jeu une demi-seconde plus vite que tout le monde, sortir la rondelle sans panique, défendre sans tricher et produire offensivement sans forcer, on comprend que le vrai problème n’est plus son absence dans la LNH, mais bien la présence persistante d’Arber Xhekaj dans une zone grise que l’entraîneur-chef n’arrive plus à justifier sans se répéter.

Depuis des mois, St-Louis se retrouve prisonnier du même discours. Pourquoi Xhekaj joue huit minutes. Pourquoi il en joue dix. Pourquoi il saute des présences en troisième période. Pourquoi il ne finit pas les matchs serrés. Pourquoi il n’est pas utilisé en désavantage numérique quand ça compte.

Pourquoi, malgré une bonne séquence, il retombe systématiquement dans une utilisation minimale dès que le contexte devient exigeant.

Et plus Engström brille à Laval, plus ces explications deviennent fragiles, répétitives, presque embarrassantes. Tout le monde voit la même chose : le coach ne lui fait pas confiance, et ce n’est plus une impression, c’est une réalité qu'il faut accepter.

Ce qui rend la situation encore plus lourde, c’est que ce malaise n’est pas nouveau. Depuis son arrivée derrière le banc, Martin St-Louis a toujours préféré des défenseurs mobiles, disciplinés, capables de lire le jeu avant le contact plutôt que de le provoquer.

Or, Arber Xhekaj représente exactement l’inverse de ce que l’entraîneur veut installer comme identité défensive à long terme.

Ce n’est pas une question de courage, ni d’engagement, ni même d’effort. C’est une question de philosophie hockey. Et dans cette philosophie, Engström coche toutes les cases que Xhekaj force constamment à expliquer.

À chaque fois que St-Louis habille Xhekaj, il hérite d’une patate chaude médiatique. À chaque fois qu’il le fait jouer peu, il doit justifier publiquement une décision qui devient de plus en plus difficile à défendre.

À chaque fois qu’il le laisse de côté, il doit composer avec le narratif, la popularité, la symbolique du joueur. Or, avec Engström, ce problème n’existe pas.

Le Suédois n’impose rien. Il ne demande rien. Il joue. Il livre. Il rassure. Il cadre parfaitement dans ce que le coach veut voir sur la glace sans qu’on ait besoin de construire un discours autour.

C’est pour ça que, dans les coulisses, tout le monde sait que Martin St-Louis veut Adam Engström. Pas dans six mois. Pas dans deux ans. Le plus tôt possible.

La seule raison pour laquelle Engström est encore à Laval, ce n’est pas son niveau de jeu, c’est la mécanique contractuelle et la gestion d’actifs.

Et c’est précisément là que le dossier Xhekaj devient explosif. Parce que lui, contrairement à Struble, n’est pas un septième défenseur sous contrat à faible coût.

Il est un joueur qui s’en va vers une négociation en tant qu'agent libre avec restriction, vers un été potentiellement rempli d’offres hostiles, vers une discussion salariale qui ne cadrera pas avec un rôle de 8 à 12 minutes par match.

Le clan Xhekaj veut plus de 2 millions de dollars par année (son salaire actuel est de 1,3 M$) et l'asurance de jouer sur le top-6 défensif.

On ne peut pas demander à un joueur de se battre pour sa place, de vivre dans l’instabilité, puis de signer calmement un contrat de soutien.

Plus Engström domine à Laval, plus cette contradiction devient évidente. Plus Engström joue comme un défenseur de la LNH, plus Xhekaj devient, malgré lui, un problème de gestion pour l’organisation.

Et plus le temps passe, plus Martin St-Louis se retrouve coincé entre ce qu’il veut hockey-wise et ce qu’il doit gérer politiquement.

Ce n’est pas une condamnation d’Arber Xhekaj comme joueur. C’est un constat froid : dans le Canadien que St-Louis est en train de bâtir, il n’est pas un fit naturel.

Et quand un entraîneur doit constamment expliquer pourquoi il n’utilise pas un joueur au lieu d’expliquer ce qu’il apporte, c’est que la relation est déjà fragilisée.

Adam Engström n’est pas seulement en train de forcer la porte de la LNH. Il est en train de retirer les derniers arguments qui permettaient encore de justifier le statu quo avec Xhekaj.

Et à Montréal, ce genre de pression silencieuse mène rarement à une cohabitation heureuse.

La vraie question n’est donc plus de savoir quand Engström va monter. La vraie question, c’est combien de temps encore Martin St-Louis acceptera de traîner le dossier Xhekaj comme une patate chaude, match après match, point de presse après point de presse, alors qu’une solution plus conforme à sa vision s’impose d’elle-même à Laval.