Samuel Montembeault vient de perdre Montréal : le naufrage de trop, la preuve irréfutable qu’il n’est pas, et ne sera jamais, un gardien numéro un.
Il y a des soirs où tout l’édifice d’un narratif qu’on tente de soutenir malgré les fissures finit par s’effondrer d’un seul coup, comme si la réalité se décidait enfin à hurler ce que plusieurs refusent obstinément d’entendre.
Ce soir à Boston, alors que le Canadien contrôlait le match, dominait les Bruins dans l’engagement, l’énergie et l’exécution, alors que chaque séquence confirmait que Montréal méritait largement de repartir avec deux points, Samuel Montembeault a, encore une fois, été l’unique facteur de basculement.
2 buts horribles en fin de 3e période pour donner le match aux Bruins. 2 ballons de plage honteux.
Two goals in 12 seconds for the Bruins, and they take the lead 🤯 pic.twitter.com/APxYIhKvum
— Sportsnet (@Sportsnet) January 25, 2026
Pas un coup du sort, pas une erreur défensive monumentale, pas un alignement improvisé : simplement un gardien incapable d’être à la hauteur du moment, incapable de faire l’arrêt que tous les grands numéros un font instinctivement, incapable de fermer la porte quand l’équipe avait désespérément besoin de souffle.
Le but égalisateur était un tir faible qui le transperce comme une passoire:
FRASER MINTEN TIES IT UP! pic.twitter.com/k9mUTtxkPn
— Boston Bruins (@NHLBruins) January 25, 2026
Les fans l’ont vu, les joueurs l’ont senti, et l’état-major n’a plus aucune marge de manœuvre pour l’ignorer : ce match, comme celui contre Buffalo, a été perdu par un seul homme.
Moyenne de buts alloués de 3,46 et pourcentage d'efficacité de 869. Le pire de toute la LNH.
Dans l’équation du ménage à trois qui a pourri l’organisation depuis décembre, tout avait été distordu pour protéger Montembeault.
On a rappelé Fowler avant l’heure pour compenser ses performances désastreuses ; on l’a envoyé à Laval au moment précis où il représentait une menace réelle à la chaise de Montembeault ; on l’a privé de répétitions cruciales pour que le Québécois puisse « se replacer » ; on a même ignoré l’évidence statistique la plus élémentaire : lorsqu’un gardien accumule les défaites, affiche une moyenne qui frôle le mur et une efficacité indigne d’une équipe qui vise les séries, on ne le récompense pas par des départs dans des matchs de quatre points… à moins d’être aveuglé par le statut, la loyauté ou une crainte inexplicable de le blesser émotionnellement.
Et malgré cette protection étroite, malgré cette bulle d’indulgence construite autour de lui, Montembeault a encore échoué ce soir, et il a échoué de manière si flagrante que toute tentative d’aplanir les angles relève désormais du déni pur et simple.
Pendant que Montembeault coule les siens, un autre narratif s’impose, un narratif beaucoup plus cruel pour l’organisation : celui de Jakub Dobeš, ce gardien imparfait, brouillon, critiqué, qui a osé dire publiquement qu’il ne comprenait plus rien à la gestion du club, qu’il ne parlait jamais à Martin St-Louis, qu’il gagnait mais ne jouait pas, qu’il vivait dans l’incertitude la plus totale.
Ses paroles, que plusieurs ont tenté de peindre comme impulsives ou immatures, sonnent aujourd’hui comme l’analyse la plus lucide de la situation. Lui, malgré ses failles, gagnait. Lui accumulait les victoires. Lui donnait une chance.
Et pendant que Montréal s’acharnait à faire de Montembeault un numéro un de force, Dobeš regardait les matchs du bout du banc, chaque victoire niée dans le silence, chaque défaite avalée sans explication, au point où même ses propres coéquipiers semblaient ne plus comprendre la logique interne.
Et puis, en parallèle, il y a l’ombre gigantesque de Jacob Fowler, renvoyé à Laval comme si l’organisation avait soudainement eu peur d’admettre qu’un jeune de 20 ans avait relégué Montembeault à un rôle secondaire.
Tout le monde sait pourtant que Fowler aurait dû rester ; tout le monde sait qu’il est celui qui, dans six semaines, dans trois mois, dans une série de première ronde, pourrait réellement voler un match.
En renvoyant Fowler, Montréal a protégé un statut au lieu de protéger son avenir. Ce soir, cette erreur vient d’exploser en plein visage de la direction.
Car la réalité est implacable : Montembeault affiche des chiffres d’un gardien en perdition, une gestuelle lourde, un positionnement hésitant, une lecture du jeu en retard d’une demi-seconde, un corps qui ne répond plus comme l’année dernière, un discours d’après-match complètement déconnecté, toujours la même justification, toujours le même « j’ai joué un bon match même si mes statistiques ne sont pas bonnes », toujours la même incapacité à assumer que son rôle exige plus que du « pas si pire ».
La patience du public est morte depuis Buffalo. Ce soir, elle a été enterrée.
Ce match, cette défaite, n’est pas une anomalie. C’est la preuve.
La preuve qu’on se trompe de numéro un.
La preuve qu’on tente de sauver un dossier qui n’a plus de fondation.
La preuve que la hiérarchie actuelle n’est pas seulement inefficace, elle est dangereuse pour la saison.
La vérité crue, celle qui circule déjà dans la presse anglophone, celle que Brendan Kelly martèle sans filtre, celle que les fans murmurent depuis un mois : le destin de Samuel Montembeault n’est plus à Montréal.
Ce contrat, signé dans l’euphorie d’un moment où tout semblait aligné, ressemble aujourd’hui à une erreur d’appréciation.
Le Canadien devra l’assumer. Il devra corriger. Il devra, tôt ou tard, tourner la page et échangé Montembeault d'ici la fin de son contrat en 2027.
Ou... le soumettre au ballottage.
La vérité. On l'aurait soumis au ballottage depuis longtemps...
Parce qu’une équipe qui veut faire les séries ne peut pas bâtir son avenir sur un gardien qui croule sous la pression au moindre match crucial.
Le ciel vient de tomber sur la tête de Samuel Montembeault.
Et pour la première fois, personne ne tente de le protéger. Ouch.
