Le Canadien ridiculise ses propres standards : cacher Samuel Montembeault aux médias est une honte nationale.
Il arrive un moment où une organisation cesse d’être exigeante, cesse d’être transparente, cesse d’être professionnelle… et commence à agir comme un club fragilisé, incapable d’assumer ses propres décisions.
Ce moment-là, pour le Canadien de Montréal, est arrivé samedi soir à Boston, lorsqu’après une nouvelle performance catastrophique de Samuel Montembeault, on a appris que l’équipe refusait purement et simplement de rendre son gardien disponible aux médias.
Selon ce qui circule, c'est Sam qui était trop anxieux pour affronter les médias et voilà pourquoi il a décidé de les envoyer promener.
Cacher un joueur en difficulté n’est pas une stratégie : c’est une fuite.
Et cacher le principal responsable d’une défaite, dans un marché où la transparence envers les partisans est sacrée, c’est un geste d’un amateurisme renversant.
Pendant que le vestiaire était inondé d’un silence glacial, les journalistes attendaient Montembeault, prêts à lui poser les questions les plus élémentaires qu’une performance à ,831 d’efficacité impose, notamment après trois matchs consécutifs où il a accordé douze buts sur 71 lancers. (pourcentage d'efficacité de ,869).
Mais non : porte close. Silence institutionnel.
On a entendu Cole Caufield déprimé et au fond du trou émotionnellement:
Mais le Canadien avait décidé de protéger “le pauvre Samuel”.
À Montréal, ça ne passe pas.
Et ça ne passera jamais.
Le numéro un de Martin St-Louis est devenu une passoire… mais on nous interdit de le dire devant lui.
Ce qui choque le plus dans cette séquence honteuse, c’est la manière dont la direction continue de traiter Montembeault comme un gardien numéro un par principe idéologique plutôt que par mérite sportif.
Depuis son retour de Laval, où il avait été envoyé pour “retrouver ses repères”, Montembeault a replongé exactement dans les mêmes travers : mauvaise lecture du jeu, lenteur latérale, mitaine poreuse, nervosité chronique en troisième période, incapacité d’élever son jeu lors des moments critiques.
Et pendant ce temps, Martin St-Louis ose affirmer qu’il « ne pense pas que Montembeault soit fragilisé », comme si les statistiques n’existaient pas, comme si l’évidence n’explosait pas au visage de la planète entière.
« Sur le dernier but, la rondelle change de direction. Non, moi, je ne pense pas qu'il soit fragilisé. »
Voir St-Louis patiner autant, bégayer, hésiter pour protéger Montembeault... nous rend mal à l'aise.
Ben oui toi. Le coach ne voulait pas parler du ballon
de plage accordé à Fraser Minten qui égalise le match et qui change tout?MINTY FRESH! 🥶
— NHL (@NHL) January 25, 2026
Fraser Minten ties it up for the @NHLBruins!
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C’est la même logique tordue que lorsqu’il refusait de laisser Jakub Dobeš enchaîner les départs lorsqu’il était en feu, préférant répéter, telle une cassette usée, que « Monty est mon numéro un ».
Le numéro un est maintenant le numéro moins un, mais on continue de le cacher pour protéger ses sentiments.
Le Canadien a promis plus de transparence… et livre exactement l’inverse.
On comprend parfaitement que ce blackout médiatique ne vient pas de Chantal Machabée, qui se bat depuis des années pour rétablir une culture professionnelle inspirée de ce qui se fait ailleurs dans la ligue.
Mais il vient clairement du haut. Il vient d’une direction nerveuse, angoissée, paralysée par l’évidence que son gardien “protégé” est en train de coûter des points précieux en série.
Et le comble, c’est que tout le monde voulait lui parler hier soir : journalistes francophones, journalistes anglophones, analystes télé, commentateurs radio.
Tous voulaient simplement comprendre ce qu’il avait vu sur le but de Minten, comment il évaluait le désavantage numérique, comment il expliquait sa glissade statistique, comment il réagissait à la perte de l’avance encore une fois en troisième.
Mais rien.
Pas un mot.
Le Canadien a imposé un silence qui, dans un marché comme Montréal, n’est rien de moins qu’une insulte.
Les partisans ne méritent pas ça.
Les médias ne méritent pas ça.
Le hockey ne mérite pas ça.
Martin St-Louis refuse encore d’assumer : toujours les mêmes excuses, toujours la même déconnexion
Le plus troublant dans cette saga n’est pas Montembeault lui-même, incapable de retrouver le niveau qui avait fait de lui un candidat surprise à Team Canada l’an dernier.
Le plus troublant, c’est la manière dont Martin St-Louis continue de nier l’évidence, comme si répéter que tout va bien pouvait miraculeusement réparer la mitaine poreuse de son gardien.
C’est ce refus de “rider la main chaude”, qui a coûté à Dobeš sa chance, qui a poussé Fowler vers un rappel prématuré, puis vers une rétrogradation précipitée.
Tout ça pour protéger un gardien qui ne livre pas.
Et hier soir, cette obstination a pris une forme encore plus extrême : empêcher les médias de lui poser la moindre question.
Une franchise qui se respecte ne cache jamais ses joueurs.
Dans l’histoire de la LNH moderne, les seules équipes qui ont protégé leurs gardiens en les cachant aux médias sont celles en crise profonde. Et Montréal, par ce geste, s’est rangé exactement dans cette catégorie.
On peut accepter les mauvaises performances.
On peut accepter les baisses de forme.
On peut accepter les difficultés passagères.
Mais on ne peut pas accepter l’absence de reddition de comptes.
Samuel Montembeault a accordé 12 buts en 3 matchs.
Samuel Montembeault a ruiné deux matchs de quatre points.
Samuel Montembeault affiche une efficacité de ,831 lors de ses trois derniers départs.
Samuel Montembeault devait répondre.
Samuel Montembeault n’a pas été autorisé à répondre.
C’est une honte.
Une faute professionnelle.
Une insulte à l’intelligence des partisans.
