Il y a des matchs où un athlète joue pour son équipe. D’autres où il joue pour sa carrière.
Et puis il y a des soirs où un joueur se retrouve forcé de regarder dans les yeux ceux qui ont décidé, délibérément, de ne rien vouloir savoir de lui... même quand ils étaient en panique pour un gardien.
C’est exactement la situation dans laquelle se trouve Samuel Montembeault, alors qu’il affronte ce soir les Golden Knights de Vegas : l’organisation qui, en pleine crise de gardiens, a préféré Carter Hart, joueur controversé, associé à l’un des plus gros scandales de la décennie, à un retour possible de Montembeault dans le marché.
Et ça, c’est plus qu’un message. C’est un jugement. Un rejet monumental.
Pendant que certains voient ce duel comme un match de saison régulière, quiconque comprend la LNH sait que ce soir est le match le plus important de la carrière de Montembeault. Parce qu’il n’affronte pas seulement Vegas : il affronte la version de lui-même que la ligue ne veut plus.
Les Golden Knights vivaient une situation que presque aucune équipe de la LNH ne pourrait supporter :
Adin Hill blessé pour des semaines,
Carl Lindbom en train de couler littéralement devant le filet avec un taux d’efficacité digne d’un gardien midget A (.872),
Akira Schmid dont l’organisation doutait même de la fiabilité comme adjoint,
Une équipe championne de 2023 menacée par une spirale dangereuse.
Vegas était au bord du vide.
Dans ces conditions, n’importe quelle équipe qui respire regarde partout dans la ligue pour ajouter un gardien. Et un gardien disponible, abordable, sans clause, expérimenté, capable de donner 40 matchs ? Normalement, ça sonne la cloche immédiatement.
Mais pas pour Vegas.
Parce que Vegas, malgré tous ses problèmes, malgré la panique, malgré l’urgence, malgré les défaites, a dit :
« Pas Montembeault. Donnez-nous Carter Hart. »
Et Carter Hart, rappelons-le :
N’a pas joué un match de la LNH depuis près d'un an et demi.
Traîne un dossier ultra-sensible même après avoir été blanchi,
Arrive avec une gestion médiatique infernale pour n’importe quel DG,
Aivise les vestiaires partout où on mentionne son nom,
A dû se préparer en cachette dans la Ligue américaine. (il pourra revenir dès le 1er décembre)
La plupart des équipes ne voulaient même pas toucher à Hart.
Vegas, lui, a foncé dessus. Et a ignoré Montembeault. Ça, ce n’est pas juste une décision de hockey. C’est un jugement sur ce que vaut Montembeault aujourd’hui dans la LNH : moins qu’un gardien qui traîne la pire image médiatique depuis la nuit des temps.
Tu veux ajouter de l’huile sur le feu ? Regarde Edmonton. Les Oilers vivent l’une des crises de gardiens les plus violentes de la ligue : Skinner est un gardien de la ECHL. Pickard est horrible. Les fans sont en révolte,
McDavid lui-même, selon plusieurs insiders, commence à perdre patience. Si une équipe devait au moins regarder Montembeault, c’était Edmonton.
Mais les Oilers ont tranché : ils veulent Jordan Binnington.
Un gardien à .880... qui coûte 6M par saison, qui pète les plombs cinq fois par année, qui saute sur des joueurs, qui collectionne les controverses, qui se fait huer dans sa propre ville.
Montembeault aurait été gratuit comparé à ça.
Mais ils ne veulent pas.
Ça dit tout.
Qu’on le veuille ou non, la réputation… ça compte. Et Montembeault vit présentement la pire tempête d’image de sa carrière : Arrivé hors de forme au camp. Lenteur visible dans ses déplacements. Failles techniques grossières. Buts faibles qui s’accumulent. Taux d’efficacité catastrophique (.852). Moyenne de buts alloués de 3,71.
Les analystes de la TV et de la radio et de la presse écrite qui l’étranglent. Les partisans qui se retournent contre lui.
Et pour couronner le tout :
La pub McDo qui tourne en boucle pendant qu’il s’effondre.
Trop facile pour la LNH de rire de Montréal.
Et aujourd’hui, même ceux qui l’aimaient dans la ligue commencent à se demander ce qu’il reste du gardien qu’on a vu l’an dernier.
Imagine un instant le poids mental. Imagine la scène intérieure de son coeur et de sa tête.
Tu t’échauffes. Tu entends l’annonceur crier les noms des gardiens. Et tu sais que :
L’équipe que tu affrontes t’a scanné et a dit non ;
Léquipe que tu affrontes a préféré un gardien controversé.. que tout le monde fuyait comme la peste.
C’est ça, le vrai contexte du match de ce soir.
Ce n’est pas Canadiens vs Golden Knights.
C’est Montembeault vs la réalité brutale du marché de la LNH.
Si Montembeault s’écroule :
Il devient officiellement la risée de la LNH, les rumeurs de transaction s’intensifient, Kent Hughes n’aura plus aucun argument pour le protéger ou le transiger, les fans vont lâcher complètement, Dobeš et Fowler vont fermer la porte du vestiaire à double tour derrière lui.
Mais si Montembeault surprend… il retrouvera sa dignité.
Ce soir, Samuel Montembeault ne joue pas un match.
Il joue... pour le respect... de sa propre personne...
