Robert Thomas à Montréal: le DG des Blues dévoile les négociations avec Montréal

Robert Thomas à Montréal: le DG des Blues dévoile les négociations avec Montréal

Par David Garel le 2026-02-03

Le nom de Robert Thomas circule depuis des semaines, mais ce qui se passe présentement dépasse la simple rumeur.

On est rendu dans une phase de communication stratégique, et le timing n’est pas un hasard. Le gel olympique des transactions approche dans la LNH, demain à 15 h, et soudainement, un message très précis se retrouve dans l’espace public.

Ce message-là, il ne vient pas de nulle part. Il vient de Nick Kypreos, qui rapporte que les Blues de Saint-Louis exigeraient un retour équivalent à trois choix top-15 pour Robert Thomas. C’est énorme. Presque absurde à première vue. Et c’est exactement pour ça que ce n’est pas une simple fuite, mais un signal calculé.

Cette information-là ne tombe pas du ciel. Elle provient directement des négociations avec le Canadiens de Montréal.

C’est le DG des Blues, Doug Armstrong, qui a laissé filtrer cette exigence à Kypreos pour envoyer un message à toute la ligue… mais surtout à Montréal.

Parce que tout le monde sait une chose : le Canadien n’enverra pas Michael Hage. Et il n’enverra pas Alexander Zharovsky. Encore moins les deux ensemble. Armstrong le sait. Et Montréal le sait aussi.

Alors pourquoi parler publiquement de « trois choix top-15 »? Parce que dans la tête des Blues, ce n’est pas Hage + Zharovsky + un choix. Le vrai message est ailleurs. Il est codé. Et il est destiné précisément au Canadien.

Un « choix top-15 », dans cette discussion-là, ce n’est pas juste un choix de repêchage. Kaiden Guhle, c’est un ancien choix top-16. David Reinbacher, c’est un cinquième choix au total. Autrement dit, quand Armstrong parle de l’équivalent de trois choix top-15, il peut parler d’actifs déjà développés.

Il parle de défenseurs établis ou quasi établis. Il parle de Guhle et/ou il parle de Reinbacher. Et il parle ensuite d’un choix de première ronde protégé pour compléter la table.

Si vous voulez qu’on commence à parler sérieusement de Robert Thomas, oubliez Hage et Zharovsky. Ce qu’on veut, c’est un défenseur premium + un autre gros actif + un choix de première ronde.

Et soudainement, tout s’éclaire.

Cette fuite n’a pas pour but de faire monter les enchères auprès de 31 équipes. Elle sert à resserrer l’étau sur Montréal. À déplacer la conversation. À dire : on sait ce que vous ne voulez pas donner, alors parlons de ce que vous pourriez accepter de sacrifier. Et c’est là que le dossier devient perturbateur pour vrai.

Doug Armstrong sait très bien qu’il n’obtiendra jamais réellementl’équivalent de trois choix top-15 pour Robert Thomas. Ce genre de demande ne sert pas à conclure une transaction, mais à ouvrir les négociations au plafond maximal et à imposer sa lecture de la valeur du joueur.

C’est une tactique classique de DG aguerri : commencer beaucoup trop haut pour ensuite redescendre vers ce qui est vraimentacceptable.

Armstrong n’essaie pas d’être réaliste au départ, il essaie de contrôler le terrain, et surtout, de forcer le Canadien à comprendre où se situe la vraie douleur s’il veut continuer à parler sérieusement.

Parce que si on traduit cette demande dans un langage clair, ça donne ceci :

Guhle ou Reinbacher comme pièce centrale.

Un choix de première ronde protégé.

Un joueur établi pour remplacer Thomas (Kapanen).

Oui, dans la suite logique de cette négociation, Doug Armstrong va inévitablement se rabattre sur Oliver Kapanen. Son nom circule déjà à Saint-Louis, et ce n’est pas un hasard : centre intelligent, responsable, mature pour son âge, exactement le type de joueur que les Blues aiment intégrer, surtout qu'ils devront remplacer Thomas par comité.

Le problème, c’est que de ce côté-ci, à Montréal, la décision est déjà prise : Kapanen est vu comme le futur troisième centre du Canadien, un rôle précis, clair, essentiel dans la projection de l’équipe pour gagner la Coupe Stanely. Le CH n’a aucune intention de le sacrifier en plus d’un défenseur majeur pour Robert Thomas.

C’est là que le casse-tête commence vraiment. Si Armstrong insiste pour avoir un centre dans le retour sans toucher à Michael Hage, il faudra trouver un troisième élément pour compenser le refus de céder Kapanen.

Et le nom qui revient naturellement dans ce contexte, c’est Owen Beck. Beck, combiné à autre chose (un choix, , un jeune joueur complémentaire) pourrait devenir la variable d’ajustement.

Pas parce qu’il est équivalent à Kapanen, mais parce qu’il permet de changer la forme du package sans briser l’architecture interne du Canadien.

Autrement dit, plus Armstrong pousse pour Kapanen, plus Montréal devra être créatif pour offrir autrement… sans renier ses propres fondations.

Ce n’est plus une demande irréaliste. C’est une invitation à choisir qui tu sacrifies.

Et c’est exactement pour ça que cette information est, paradoxalement, une excellente nouvelle pour le Canadien.

Elle confirme noir sur blanc que Michael Hage est bel et bien intouchable. Elle confirme que les Blues ont compris que cette porte est fermée. Et surtout, elle révèle que les discussions ont franchi un cap : on n’est plus dans l’exploration, on est dans la définition du prix réel.

Doug Armstrong a utilisé Kypreos pour faire ce que les DG font toujours dans ces moments-là : tester la douleur maximale acceptable, publiquement, avant le gel des transactions.

Maintenant, la balle est dans le camp du Canadien. La question n’est plus est-ce que Robert Thomas est disponible. La question est devenue beaucoup plus inconfortable :

Le Canadien est-il prêt à payer le prix en défense pour enfin régler son problème au centre?

Et ça, c’est exactement le genre de question qui annonce des décisions lourdes.

Dossier à suivre.