Revirement de situation à RDS: Pierre Houde est dans l'eau chaude

Revirement de situation à RDS: Pierre Houde est dans l'eau chaude

Par David Garel le 2026-03-20

Pendant des années, le débat n’existait même pas.

D’un côté, Pierre Houde, intouchable, voix mythique, incarnation du hockey au Québec. De l’autre, Félix Séguin, constamment remis en question, critiqué, comparé, jugé à chaque mot.

C’était simple. Presque trop simple.

Et puis, tranquillement, quelque chose a changé.

Pas une chute. Pas un scandale. Pas une erreur flagrante. Non. Une impression. Une accumulation. Un glissement subtil qui, depuis quelques semaines, commence à faire jaser de plus en plus fort sur les réseaux sociaux : Pierre Houde serait en train de devenir… trop partisan.

Ou en d'autres mots... un "fefan"...

Le favori du Québec. Le modèle d’objectivité. Le descripteur qu’on citait justement pour sa capacité à laisser le jeu parler, à ne jamais tomber dans la partisanerie excessive… voilà qu’il se retrouve aujourd’hui au cœur d’un reproche qu’on réservait presque exclusivement à d’autres.

Dont Félix Séguin.

Les commentaires se multiplient. Pas encore une tempête. Mais un murmure qui prend de l’ampleur.

On parle d’un ton plus émotif.

D’interventions plus appuyées contre les arbitres quand une pénalité est appelée contre le CH.

D’un réflexe plus marqué à défendre les Canadiens de Montréal.

Et ce n’est pas théorique.

Lors du match contre les Red Wings de Détroit, plusieurs téléspectateurs ont relevé la même chose : des réactions répétées face aux décisions arbitrales, des commentaires qui traduisaient une frustration, un agacement, une lecture du jeu teintée par le regard du partisan.

Rien d’explosif pris isolément.

Mais ensemble, ça commence à faire réagir.

Parce que Pierre Houde, ce n’est pas n’importe qui. Ce n’est pas un descripteur parmi d’autres. C’est une institution. Et quand une institution montre la moindre fissure, même minime, elle est immédiatement amplifiée.

Ce qui rend la situation fascinante, c’est le parallèle direct avec Félix Séguin.

Pendant des années, la critique principale envers Séguin était exactement celle-là : trop impliqué, trop émotif, trop proche du Canadien, pas assez neutre. On lui reprochait ses envolées, ses prises de position implicites, son ton parfois jugé excessif. On disait qu’il commentait comme un partisan, pas comme un descripteur.

Et aujourd’hui, certains commencent à dire… la même chose de Pierre Houde.

La différence, elle est énorme.

Parce que Houde, lui, a un capital d’amour immense. Une crédibilité bâtie sur des décennies. Une relation émotionnelle avec le public québécois qui dépasse le simple cadre du sport. Alors quand il dérape, ou donne l’impression de déraper, le public hésite. Il pardonne plus facilement. Il nuance.

Mais il remarque.

Et c’est là que le débat devient extrêmement intéressant.

Est-ce que Pierre Houde a réellement changé?

Ou est-ce que le contexte a changé autour de lui?

Parce qu’il faut aussi dire les choses comme elles sont : le hockey d’aujourd’hui est plus polarisant, plus analysé, plus disséqué que jamais. Les décisions arbitrales sont reprises au ralenti, commentées en boucle, débattues sur toutes les plateformes.

Le moindre commentaire devient un extrait viral. Ce qui passait inaperçu il y a dix ans devient aujourd’hui un sujet de discussion en quelques secondes.

Et puis il y a l’autre facteur, plus humain.

Le temps.

Plus un descripteur passe d’années à suivre une équipe, plus il développe une relation émotionnelle avec elle. Il voit passer des générations de joueurs. Il vit les hauts, les bas, les séries, les reconstructions. Il s’attache, consciemment ou non. Et parfois, ça transparaît.

Même chez les meilleurs.

Même chez les plus rigoureux.

Alors oui, entendre Pierre Houde contester une décision, laisser paraître une frustration, défendre implicitement les Canadiens de Montréal… ce n’est peut-être pas une dérive. C’est peut-être simplement le signe d’un homme qui, après toutes ces années, ne fait plus seulement décrire le hockey.

Il le vit.

Mais dans un environnement où chaque mot est analysé, cette nuance disparaît rapidement.

Et pendant que Pierre Houde commence à goûter — très légèrement — à ce que Félix Séguin endure depuis des années, une chose devient claire : la ligne entre passion et partisanerie est plus mince que jamais.

La différence, c’est que l’un est encore porté par l’amour du public.

L’autre, lui, se fait encore juger sans filet.

Mais pour la première fois depuis longtemps, le contraste n’est plus aussi absolu qu’avant.

Et ça, au Québec, c’est un vrai changement.