Pauvre Martin St-Louis.
Selon un recruteur de la LNH travaillant pour une équipe de l'est, Martin St-Louis s’est fait complètement outcoacher au premier match contre les Sabres de Buffalo.
Et quand on regarde la rencontre froidement, c’est difficile de dire le contraire.
Avec une moyenne de 6 pieds 4 pouces chez leurs défenseurs, le petit coach du CH ne s'est jamais ajusté.
Contrairement aux grosses défensives lentes des années 2000, les Sabres patinent comme des démons. Depuis le début des séries, ils dominent la LNH dans les accélérations entre 20 et 22 miles à l’heure selon des statistiques recueillies par le journaliste de TVA Sports, Nicolas Cloutier.
C’est là que Martin St-Louis s’est fait complètement surprendre.
Le Canadien semblait préparé à retrouver un peu plus d’espace après la série ultra hermétique contre le Lightning de Tampa Bay.
Buffalo a donné cet espace volontairement.
Mais seulement jusqu’à la ligne bleue.
Parce qu’une fois la rondelle entrée en territoire offensif, les Sabres ont étouffé le Canadien avec une violence tactique impressionnante.
Le système de Lindy Ruff est construit précisément autour de leurs forces physiques et athlétiques.
Le défenseur du côté de la rondelle saute immédiatement sur le porteur.
L’ailier longe la bande pour couper la sortie.
Le centre vient fermer le soutien.
Le résultat a été catastrophique. Buffalo crée constamment des surnombres défensifs et récupère la rondelle extrêmement vite.
Et avec des géants mobiles possédant une portée immense, ça devient pratiquement infernal à affronter.
« C’est leur vitesse et leur taille qui font la différence. Ils tuent le jeu très tôt et t’empêchent de t’installer », résume un ancien entraîneur de la LNH à TVA Sports.
« Ils ont ajusté leur structure au personnel qu’ils ont. Ils jouent exactement en fonction de leurs forces. »
Et c’est là que le Canadien a commencé à couler.
Parce qu’une fois la rondelle récupérée, les Sabres passent de zéro à cent en quelques secondes.
L’exemple parfait est venu d’Ivan Demidov au début de la deuxième période.
Demidov tente un jeu individuel près de la ligne bleue adverse.
Josh Doan ne mord pas.
Buffalo récupère.
Deux secondes plus tard, Rasmus Dahlin traverse la zone neutre à pleine vitesse et les Sabres attaquent en surnombre.
Tout ça avant même que le Canadien ait le temps de replacer sa structure.
C’est exactement ce qui a donné l’impression que Martin St-Louis était constamment en retard dans ses ajustements.
Pendant que Lindy Ruff exploitait chaque revirement comme une attaque éclair, Montréal semblait encore chercher comment gérer le changement de rythme après Tampa Bay.
Et selon ce recruteur, le plus inquiétant est peut-être là :
Le Canadien n’a pas seulement perdu le premier match.
Il a découvert qu’il affrontait probablement l’équipe la plus difficile des séries jusqu’à maintenant.
Une équipe géante.
Rapide.
Physique.
Et construite presque parfaitement pour étouffer les forces offensives du Canadien de Montréal.
Buffalo avait l’air préparé à chaque détail.
Le Canadien, lui, donnait souvent l’impression de réagir au lieu d’imposer quoi que ce soit.
Les Sabres ont immédiatement attaqué les faiblesses du CH en transition. Ils ont étouffé les sorties de zone. Ils ont utilisé leur vitesse au centre de la glace. Et surtout, ils ont imposé un rythme physique que Montréal n’a jamais réussi à ralentir.
Le plus inquiétant, c’est que Lindy Ruff semblait toujours avoir une réponse avant même que Martin St-Louis tente un ajustement.
Quand le Canadien essayait d’ouvrir le jeu, Buffalo refermait l’espace.
Quand Montréal essayait de ralentir le tempo, les Sabres repartaient immédiatement en contre-attaque.
Quand Nick Suzuki embarquait, Ruff envoyait constamment des unités capables de maintenir une énorme pression physique et territoriale.
Et pendant ce temps-là, le Canadien avait l’air perdu dans ses propres hésitations.
Selon ce recruteur, c’est surtout la gestion émotionnelle du match qui a sauté aux yeux.
Buffalo jouait avec urgence.
Le Canadien jouait avec prudence.
Les Sabres frappaient comme une équipe convaincue qu’elle pouvait faire mal à Montréal physiquement pendant toute la série.
Jordan Greenway faisait pratiquement ce qu’il voulait sur la glace. Zach Benson attaquait chaque rondelle comme un animal. Peyton Krebs et Josh Norris mettaient une pression constante en échec avant.
Et du côté du Canadien?
Très peu de réponses.
Martin St-Louis répète qu'il ne faut pas paniquer, qu’il faut rester concentré sur le processus et continuer d’avancer.
Mais selon plusieurs observateurs autour de la ligue, le problème est justement là.
Les séries éliminatoires ne pardonnent pas les longs délais de réaction.
Et au premier match, Buffalo donnait l’impression d’une équipe prête à une guerre de sept matchs… pendant que Montréal semblait encore chercher comment survivre au changement de style après Tampa Bay.
Ce recruteur croit aussi que le Canadien commence à découvrir une réalité très dangereuse : les Sabres ne sont plus la jeune équipe fragile et désorganisée des dernières années.
Cette équipe-là est grosse.
Rapide.
Agressive.
Et surtout beaucoup plus profonde que plusieurs voulaient l’admettre au Québec.
Le premier trio de Tage Thompson attire toute l’attention, mais c’est la profondeur des deuxième et troisième trios qui commence à faire extrêmement mal au Canadien.
Buffalo peut rouler plusieurs vagues offensives capables de maintenir la pression sans arrêt, pendant que Montréal dépend encore énormément de son premier trio.
Et quand Cole Caufield disparaît offensivement comme en ce moment, toute la structure offensive du Canadien commence à craquer.
Selon ce recruteur, Martin St-Louis devra maintenant montrer qu’il peut ajuster rapidement son équipe dans une série où le rapport de force physique est complètement différent de celui contre le Lightning de Tampa Bay.
Parce qu’après un seul match, une chose est devenue claire :
Les Sabres de Buffalo ne sont pas venus pour participer.
Ils sont venus pour écraser le Canadien de Montréal physiquement, mentalement et tactiquement.
