Le malaise est en train de devenir beaucoup plus profond qu’une simple séquence de défaites.
Parce que selon Antoine Roussel, ce qui se passe en ce moment chez les Canadiens de Montréal dépasse le système, dépasse les erreurs défensives… et touche directement le vestiaire.
Et ses propos ont frappé fort.
L’ancien joueur de la LNH, maintenant analyste pour TVA Sports et Cogeco, n’y est pas allé à demi-mot : selon lui, la décision de Martin St-Louis de laisser Brendan Gallagher dans les gradins aurait brisé quelque chose dans le groupe.
« Je pense que ça a brisé un petit quelque chose entre les joueurs et Martin. »
C’est une déclaration lourde.
Brendan Gallagher, c’est le cœur du Canadien de Montréal. Le joueur le plus ancien de l’organisation. Celui qui a tout donné pendant plus de 13 ans, qui a encaissé les coups, qui a porté le logo comme peu de joueurs l’ont fait dans l’histoire récente du club.
Et pour la première fois de sa carrière, il s’est retrouvé dans les gradins samedi soir...en santé.
Et selon les infos de Cogeco, Gallagher est parti du Centre Bell en furie samedi. Même s'il était en uniforme dimanche contre les Ducks, le mal est fait.
Même Martin St-Louis l’a admis : « C’est dur. »
Et ce n’est pas seulement dur pour l’entraîneur.
Dans le vestiaire, le choc a été réel.
Josh Anderson n’a même pas essayé de cacher son émotion.
« C’était vraiment difficile… Ce gars a le logo tatoué sur le cœur. Il a une grande importance pour notre groupe. »
Il a répété.
« Ça fait mal. »
Ça veut tout dire. St-Louis a perdu le respect de ses vétérans.
Les joueurs ne parlent pas seulement d’un coéquipier laissé de côté.
Ils parlent d’un leader.
D’un pilier.
D’un symbole.
Et lorsque ce type de joueur est envoyé dans les gradins, même pour des raisons de performance ou de gestion, l’impact va bien au-delà de la feuille de match.
Nick Suzuki lui-même a reconnu que Gallagher est « un gros morceau » de l’équipe.
Cole Caufield a rappelé que les joueurs « se rallient derrière lui ».
Jake Evans a parlé de son caractère unique, de sa compétitivité hors norme.
Tout le monde, dans ce vestiaire, reconnaît ce que Gallagher représente.
Et c’est exactement pour cette raison que la décision de St-Louis fait autant réagir.
Parce qu’elle envoie un message. qui, selon Antoine Roussel, aurait été mal reçu.
Et quand on regarde la suite…
Les deux défaites du week-end.
L’équipe qui semble désorganisée.
Les erreurs défensives qui s’accumulent.
Les joueurs qui ont l’air frustrés, perdus, sans réponses devant les médias…
La question commence à se poser.
Est-ce que Martin St-Louis est en train de perdre son vestiaire?
Parce que le timing est troublant.
Le Canadien venait de bénéficier de deux entraînements complets, avec un accent clair sur le jeu défensif.
Et malgré ça, les mêmes erreurs reviennent.
32 buts accordés en neuf matchs depuis la pause.
Des couvertures ratées.
Des décisions douteuses.
Un manque d’engagement défensif évident.
Et surtout, un groupe qui ne semble plus jouer avec la même cohésion.
Même Suzuki l’a admis.
« On n’a pas joué notre meilleur hockey depuis deux semaines… On n’a juste pas fait le travail. »
Mais au-delà du système et des erreurs, ce qui inquiète le plus, c’est l’énergie du groupe.
Parce que ce Canadien-là ne ressemble plus à l’équipe soudée, affamée, engagée qu’on voyait il y a quelques semaines.
On dirait un groupe atteint.
Touché.
Et dans une ville comme Montréal, ce genre de dynamique est toujours dangereux.
Parce qu’un système peut se corriger.
Des erreurs peuvent se corriger.
Mais lorsqu’un vestiaire commence à fissurer…
C’est une tout autre histoire.
Et si Antoine Roussel a raison…
Alors le CH ne traverse pas seulement une mauvaise séquence.
Il traverse peut-être la cassure finale... avec son coach...
