Revanche silencieuse : Kent Hughes gagne son pari contre Mathieu Darche

Revanche silencieuse : Kent Hughes gagne son pari contre Mathieu Darche

Par André Soueidan le 2026-01-08

Silencieuse, parce qu’il n’y a pas eu de conférence de presse triomphante.

Silencieuse, parce qu’il n’y a pas eu de phrase assassine.

Silencieuse, mais lourde. Très lourde.

Oliver Kapanen est en train de faire exactement ce que peu de gens avaient prévu : forcer la ligue à le regarder.

Quand la transaction Noah Dobson est tombée l’été dernier, tout le monde a parlé d’Emil Heineman. Logique.

Dix buts, une progression claire, un profil aimé à l’interne.

Mathieu Darche croyait tenir un morceau solide. Personne ne riait de lui. Personne ne doutait vraiment.

Mais pendant que le débat restait figé sur ce qui quittait Montréal, Kent Hughes regardait déjà ce qui montait.

Et aujourd’hui, Oliver Kapanen n’est plus un projet.

Il est une présence.

Ça se voit dans ses déplacements.

Ça se voit dans ses décisions.

Ça se voit surtout dans les moments qui comptent.

Le but de Noah Dobson en début de match contre les Panthers?

Tout part de là.

Une mise au jeu gagnée proprement.

Une lecture instantanée.

Une passe simple, rapide, sans flafla. 1-0. Centre Bell en ébullition avant même que le match ait le temps de respirer.

Ce n’est pas spectaculaire.

C’est pire que ça : c’est maîtrisé.

Et puis il y a son but.

Pas un but spectaculaire.

Un but de joueur qui comprend le jeu avant qu’il arrive.

Pression constante de Juraj Slafkovsky le long de la rampe.

Demidov qui coupe la ligne de passe, force l’erreur, étouffe la sortie.

La rondelle traîne à la volé. Une demi-seconde de flottement. Et déjà, Kapanen est dans l’enclave. Boom!

But facile? Oui.

But chanceux? Non.

C’est exactement le genre de but que marquent les joueurs intelligents.

Ceux qui lisent la séquence deux jeux d’avance. Ceux qui savent que la rondelle va finir là… avant même qu’elle s’y rende.

Kapanen ne force rien.

Il attend. Il anticipe. Il récolte. Opportuniste pur.

Et quand un joueur marque autant de “buts faciles”, ce n’est plus un hasard. C’est une spécialité.

Kapanen joue comme un gars qui sait exactement ce qu’il fait sur la glace.

Il n’est jamais pressé.

Jamais en retard.

Jamais perdu.

Il est là où il doit être, quand il doit y être.

Pivot offensif, option défensive, solution de transition.

Il touche à tout, sans jamais donner l’impression d’en faire trop.

Et c’est là que la saison recrue devient fascinante.

À chaque fois qu’on se dit qu’il va ralentir, il répond par une séquence clé.

Une présence intelligente. Une mise au jeu importante. Un jeu subtil qui ne finit pas toujours sur la feuille de pointage, mais qui change la dynamique d’un match.

Pendant ce temps-là, le Centre Bell est encore en feu.

Le voyage des Fêtes a laissé des traces positives.

La victoire contre les Flames n’était pas un accident.

La foule l’a compris.

Elle a suivi l’équipe.

Elle a transporté cette énergie contre les Panthers.

Même ambiance. Même bruit. Même sentiment étrange que quelque chose est en train de s’installer pour vrai.

Et au cœur de ça, Oliver Kapanen.

Deuxième centre. Pas “par défaut”. Pas “en attendant”.

Deuxième centre parce qu’il gagne ce rôle-là chaque soir.

Il joue avec des vedettes. Il joue avec des attentes. Et il ne plie pas. Il absorbe la pression comme s’il l’avait déjà vécue dix fois. Comme si le rythme de la LNH ne l’impressionnait plus.

C’est là que la revanche devient réelle.

Parce qu’Emil Heineman produit, oui.

Mais Oliver Kapanen domine le contexte.

Deux ans de moins. Plus de responsabilités. Plus d’impact direct sur le jeu.

Et surtout, une courbe de progression qui ne fait que monter.

Kent Hughes n’a jamais eu besoin de le dire.

La glace parle pour lui.

Pendant que Mathieu Darche regarde un bon joueur se développer, Kent Hughes voit un centre complet s’installer dans son alignement.

Un joueur capable de stabiliser une ligne, d’élever ses ailiers et de faire respirer une équipe quand le tempo devient fou.

La transaction Dobson n’était pas qu’un échange d’actifs.

C’était un pari sur le temps.

Et pour l’instant, le temps est du côté de Montréal.=

Pas de cris.

Pas de célébration publique.

Juste un sourire discret dans une loge.

Une revanche silencieuse.

Mais parfaitement assumée.

Boom!