Le malaise autour de Kirby Dach ne se limite plus à ses performances. Là, on parle d’un climat dans toute la province et d’un rejet qui commence à se voir, à se sentir… et surtout, à se raconter.
Ce qui s’est passé hier est le début de la fin.
Sur la séquence, Dach semble touché, ralentit, joue la carte de la blessure. Il grimace, il se retire, il donne l’impression d’un joueur atteint. Puis il revient au banc. Et là, le détail qui dérange : personne ne va le voir.
Aucun coéquipier n'est venu le voir pour le supporter ou demander comment il allait.
Voyez-vous Kirby Dach jouer le premier match contre Tampa Bay ? pic.twitter.com/PH1gcBklON
— BPM Sports (@BPMSportsRadio) April 15, 2026
Dans un vestiaire de hockey, à deux seondes des séries.ça ne trompe pas.
Quand un gars est réellement blessé, ses coéquipiers réagissent. Ils viennent le voir, ils posent une main sur l’épaule, ils échangent un mot. C’est instinctif. Là, il n’y a rien eu. Comme si la scène ne surprenait plus personne. Comme si elle faisait partie du décor.
Et ça rejoint ce qui circule depuis des semaines.
Dans les médias, le ton a complètement changé.
Maxim Lapierre a ramassé Kirby Dach comme jamais :
Maybe Gallagher should have a talk with Dach... Do you agree? 👀
— Hockey with an Accent (@hockeyaccent1) April 13, 2026
New episode of Hockey with an Accent is out now. Don’t miss it 👇https://t.co/r8hxxEdF8i pic.twitter.com/QBiq6fvzDa
“Tu sais ce que j’aimerais voir? Moi, ce que je veux voir, c’est Brendan Gallagher, qui porte un “A” sur son chandail, et en ce moment c’est dur pour lui parce qu’il regarde des gradins et il est là depuis le jour un. Depuis très longtemps, il a vécu toute la reconstruction et maintenant il est assis avec du popcorn en regardant Dach jouer. Il doit descendre et lui dire :
“On doit aller prendre un café et je vais te dire, t’es sérieux? Moi je saignais à chaque foutu match pour cette équipe, et là je te regarde. Tu n’es même pas capable d’aller devant le filet? Avec ton gabarit et tes jambes? Réveille-toi.” Oui, oui… et je te garantis que Dach va sentir le message.
Il va se dire : OK, je le ressens. Je dois jouer plus dur. Faire quelque chose. Je ne dis pas qu’il doit se battre, il n’a pas besoin d’être Anderson. Mais il doit être lourd. Il doit être une version C de Slafkovsky. Slaf a 30 buts cette année, et à la fin du match, il bloque un tir, puis il plonge pour en bloquer un autre. Il peut être implacable. Il peut être implacable parce qu’il a les jambes pour y aller. Il a la vitesse. Quand il met ses jambes en marche, il peut patiner avec n’importe qui.”
Gilbert Delorme, lui, le traite de lâche. L'ancien défenseur du CH a enfoncé le clou avec une sortie publique encore plus dur sur ce que représente Dach aujourd’hui dans l’esprit de plusieurs :
A-t-on laissé trop de chances à Kirby Dach? 🔵⚪️🔴 pic.twitter.com/oQIb1pS20y
— BPM Sports (@BPMSportsRadio) April 13, 2026
“Il est juste soft. Il a un gros gabarit, mais il est juste trop soft. On dirait qu’il a sept vies. On dirait que c’est un chat. Gros bonhomme de même, il n’y a qu’à se mettre ça dans la tête. Ils me font jouer sur le troisième trio, je vais for-checker comme un chien… mais ce n’est pas dans lui. Tu comprends-tu? Il pourrait avoir un rôle comme ça, ce n’est pas dans lui. Pitié.”
On questionne son implication, son intensité, son refus d’aller dans les zones payantes. Ce n’est plus subtil à quel point il "fake".
Même dans le vestiaire, certains gestes envoient un message.
Quand Brendan Gallagher est laissé de côté malgré son engagement reconnu, pendant que Dach continue d’obtenir des minutes importantes, ça crée une injustice difficile à ignorer. Parce que Gallagher, lui, représente exactement ce que Montréal valorise : l’effort, la constance, la douleur acceptée.
Et de l’autre côté, Dach donne l’impression inverse.
Ajoute à ça le fait qu’il s’est retiré des réseaux sociaux, que les commentaires sont fermés, que l’environnement autour de lui devient de plus en plus hostile… et tu obtiens un portrait lourd et sans pitié.
Le problème, ce n’est plus seulement le joueur.
C’est la perception du Québec qui le voit comme un lâche "soft" qui ne paie pas le prix, qui joue en périphérie. qui bénéficie d’une marge que d’autres n’ont pas.
Au point que les gens le traient de chouchou de Martin St-Louis.
Et quand cette perception s’installe à la fois chez les partisans, dans les médias… et que certains signes laissent croire qu’elle commence à exister dans le vestiaire, ça devient dangereux.
Parce qu’un joueur peut survivre à des critiques.
Mais survivre à une perte de confiance dans son propre vestiaire, c’est autre chose.
Et en ce moment, tout pointe dans la même direction.
Le ras-le-bol n’est plus silencieux. Il est public... et il vient de sa propre chambre...
