Rejet public: Auston Matthews envoie promener un journaliste torontois

Rejet public: Auston Matthews envoie promener un journaliste torontois

Par David Garel le 2026-02-22

Il y a des questions qui tombent à plat.

Et il y a celles qui provoquent un silence lourd, un malaise palpable, puis une réponse qui remet tout le monde à sa place.

Celle-là venait d’un journaliste torontois.

Quelques minutes après avoir remporté la médaille d’or olympique, Auston Matthews se présente devant les médias, assis entre Jack Hughes et Quinn Hughes. Le sourire est encore là. L’émotion aussi. Le genre de moment que tu vis une fois dans une carrière.

Et c’est là que ça dérape.

Un journaliste, clairement obsédé par la situation catastrophique des Maple Leafs de Toronto cette saison, décide de ramener Matthews… ailleurs.

En gros, la question était celle-ci — traduite fidèlement :

« Je ne veux pas t’enlever ce moment, évidemment c’est un immense accomplissement. Mais dans quelques jours, il va falloir retourner à la saison régulière de la LNH. Comment penses-tu utiliser cette expérience de gagnant, tout ce que tu viens de vivre ici, pour la suite de la saison à Toronto ? »

Autrement dit : félicitations pour l’or… mais parlons de Toronto.

Mauvais timing.

Très mauvais timing.

Matthews ne se cache pas. Il ne sourit plus. Il regarde le journaliste, secoue légèrement la tête… et tranche.

« J’essaie de vivre le moment, mec. Sérieusement. Laisse-moi juste vivre ça. »

La salle devient silencieuse.

Puis il enchaîne, visiblement irrité :

« Peu importe ce que les gens vont dire maintenant. Auston Matthews est un gagnant. Auston Matthews est champion olympique. J’ai gagné une médaille d’or. C’est ça la réalité. »

Et la phrase qui claque comme une gifle pour les médias torontois :

« C’est de ça que les médias à Toronto devraient parler. J’ai mené cette équipe à un championnat. Je n’ai rien d’autre à ajouter. »

Fin.

Rideau.

Mais le malaise ne s’arrête pas là.

Parce que Jack Hughes intervient à son tour, sans détour, sans filtre, avec un ton calme… mais assassin :

« On parle d’un champion olympique. Un gagnant. Point. »

Puis Quinn Hughes, encore plus direct, presque ironique :

« Exactement. C’est ça le titre. Médaille d’or olympique. Pas besoin d’aller ailleurs. »

Trois joueurs.

Trois champions.

Un journaliste complètement isolé.

Ce qui rend la scène encore plus brutale, c’est le contexte. Toronto vit une saison cauchemardesque. L’équipe est loin des séries, la pression médiatique est devenue toxique, et Matthews est accusé de tout : leadership, résultats, culture, attitude.

Et pourtant.

À ce moment précis, il est champion olympique.

Il vient de battre les meilleurs joueurs de la planète.

Il a livré quand ça comptait.

Mais le réflexe torontois est toujours le même : ramener ça à Toronto. Toujours. Même au sommet absolu d’une carrière.

La réponse de Matthews n’était pas arrogante.

Elle était fatiguée.

Fatiguée d’un narratif qui refuse de reconnaître les accomplissements quand ils n’entrent pas dans le moule local. Fatiguée d’une couverture médiatique incapable de laisser un joueur exister ailleurs que dans l’échec des Maple Leafs.

Ce moment-là, dans cette salle de presse, a exposé quelque chose de très clair : le problème n’était pas la question.

C’était l’obsession.

Et pour une rare fois, elle s’est fait démolir en public, par le joueur qu’elle accuse depuis des années.

Sans crier.

Sans insulter.

Juste avec une vérité simple :

Auston Matthews est un champion olympique.

Et ça, personne ne pourra jamais lui enlever.