Lane Hutson vient de recevoir une reconnaissance qui confirme quelque chose que les partisans du Canadien savent déjà : il n’est plus un jeune défenseur prometteur, il est devenu une véritable vedette de la Ligue nationale. NHL Network vient de le classer au sixième rang des meilleurs défenseurs de toute la LNH, lui qui occupait le 19e rang l’an dernier.
Seuls Miro Heiskanen (5), Rasmus Dahlin (4), Zach Werenski (3), Quinn Hughes (2) et Cale Makar (1) le devancent. Hutson se retrouve donc devant des défenseurs comme Jake Sanderson et Matthew Schaefer, malgré le fait que ce dernier soit déjà considéré comme l’un des phénomènes les plus prometteurs de la planète.

Et maintenant, faites le calcul.
Le sixième meilleur défenseur de la LNH est le 19e défenseur le mieux payé du circuit. Hutson amorce cette saison la première année de son contrat de huit ans et 70,8 millions de dollars, qui lui rapportera 8,85 millions par saison jusqu’en 2033-2034.
Au moment où Kent Hughes a conclu cette entente, le contrat paraissait déjà excellent pour Montréal. Aujourd’hui, avec l’explosion complètement folle du marché, il commence à prendre des proportions absurdes.
Et plus le temps va passer, plus l’écart entre la valeur réelle de Hutson et son salaire risque de devenir gigantesque. Dans quelques années, pendant que les meilleurs défenseurs de la LNH toucheront 15, 16, 18 millions, voire davantage, Hutson continuera d’encaisser exactement les mêmes 8,85 millions. Pas 8,85 millions indexés sur le marché. Pas 10 millions. Pas 12 millions. Toujours 8,85.
Regardez simplement ce qui vient de se produire avec Bowen Byram. Le défenseur de 25 ans, qui a établi un sommet personnel de 42 points la saison dernière, vient de signer une prolongation de six ans avec Chicago à raison de 12,5 millions de dollars par saison.
Et là, on parle d’un défenseur qui a produit 42 points. Hutson en a obtenu 78 la saison dernière. Il a récolté 66 passes, dominé le Canadien à ce chapitre et ajouté 16 points en 19 matchs éliminatoires.
Faites-moi le calcul : Montréal vient de créer une différence de près de 3,7 millions par saison entre deux joueurs qui ne sont même pas évalués dans la même stratosphère offensivement.
Et le plus fou, c’est que le marché ne fait que commencer à exploser. Lane Hutson est clairement sous le choc.
Matthew Schaefer (20 millions minimum) vient de devenir l’un des prochains joueurs qui pourraient complètement détruire les repères financiers établis dans la LNH.
Cale Makar approche également d’un nouveau contrat qui pourrait être historique (20 M$ minimum). Quinn Hughes est lui aussi associé à des chiffres qui donnent le vertige. Chaque fois qu’une superstar signe, le plafond psychologique monte d’un cran. Et Hutson, lui, reste prisonnier de son contrat de 8,85 millions. Pendant huit ans.
C’est ici qu’il faut rendre hommage au travail de Kent Hughes, parce que d’un point de vue strictement comptable, c’est presque indécent.
Le directeur général du Canadien a réussi à verrouiller son défenseur vedette avant que le marché des jeunes superstars explose complètement.
Hutson avait évidemment toutes les raisons de croire en sa propre progression, mais Montréal a obtenu huit années de contrôle à un montant qui risque de devenir ridiculement avantageux très rapidement.
Et il faut surtout se rappeler quand l’entente a été signée.
Hutson avait déjà remporté le trophée Calder après une saison recrue de 66 points. Il était déjà considéré comme un défenseur offensif exceptionnel.
Mais il n’avait encore disputé qu’une seule saison complète. Kent Hughes a donc profité de cette fenêtre pour lui offrir huit années immédiatement, avant que Hutson puisse ajouter une deuxième ou une troisième saison spectaculaire à son curriculum vitae.
Le pari était immense.
Le résultat est encore plus impressionnant.
Hutson a ajouté 12 points à sa production, passant de 66 à 78. Il est devenu encore plus important dans le jeu du Canadien et a démontré en séries qu’il pouvait produire lorsque les enjeux augmentaient.
Hutson et Schaefer sont constamment comparés. Ils représentent deux générations très rapprochées de défenseurs offensifs tellement talentueux.
Pourtant, leurs situations contractuelles seront complètement différentes. Schaefer va bénéficier d’un marché qui aura encore évolué lorsque viendra le moment de négocier son premier gros contrat. Hutson, lui, regardera tout ça depuis Montréal avec ses 8,85 millions garantis jusqu’à l’âge de 30 ans.
On peut même aller beaucoup plus loin.
Si Hutson continue de progresser au même rythme, son salaire pourrait devenir tellement faible relativement à sa production que Montréal aura pratiquement un joueur supplémentaire de premier plan caché dans sa structure salariale.
C’est exactement le genre de contrat qui permet à une équipe de construire autour de plusieurs vedettes. Le Canadien sous-paye Demidov, Slafkovsky, Suzuki et Caufield.
Mais Hutson n'a pas été sous-payé: il a été volé.
C’est le rêve absolu d’un directeur général.
Parce que si Hutson continue de grimper dans les classements, s’il passe du sixième au top-5 l’an prochain, puis éventuellement au top-3, son salaire de 8,85 millions pourrait devenir le contrat le plus ridicule de l'histoire de la LNH.
Triste pour lui...
Tellement génial pour le Canadien de Montréal.
