Punition de Samuel Blais: il n'accepte pas sa rétrogradation

Punition de Samuel Blais: il n'accepte pas sa rétrogradation

Par David Garel le 2026-02-08

Il n’était pas difficile de le voir. Samuel Blais jouait en colère.

Dans la victoire de 4–1 du Rocket de Laval contre les Monsters de Cleveland hier soir, Blais était partout. Deux passes, une présence physique constante, de l’intensité dans chaque présence.

Ce n’était pas simplement un bon match de Ligue américaine. C’était un joueur de la LNH qui faisait sentir, très clairement, qu’il était au-dessus de ce calibre-là.

Et surtout, c’était un joueur fâché.

Fâché d’avoir été rétrogradé juste avant la pause olympique pendant que ses coéquipiers à Montréal se préparaient à souffler un peu.

Fâché d’avoir perdu son billet pour le break. Fâché d’être redevenu, du jour au lendemain, un « gars de Laval » après avoir tenu son bout dans un rôle limité avec le grand club.

Ça paraissait dans son langage corporel. Dans ses accélérations. Dans ses mises en échec. Dans ses regards vers le banc. Blais n’était pas là pour faire de la figuration. Il était là pour envoyer un message.

Et ce message, il est simple : il est trop fort pour la ligue américaine.

Quand Samuel Blais joue comme ça, tu vois immédiatement l’écart. Il protège la rondelle plus facilement. Il gagne ses batailles le long des rampes. Il anticipe une demi-seconde plus vite que les autres. Il impose un rythme que peu de joueurs à Laval peuvent suivre. Ce n’est pas un jeune en développement. C’est un vétéran frustré.

Ce qui rend la situation encore plus lourde, c’est le contexte.

Officiellement, sa rétrogradation est une question de gestion d’effectif et du fait qu'il n'avait pas joué depuis le 15 janvier. Officieusement, plusieurs murmures circulent.

Certains parlent d’un message envoyé par l’organisation. Il y a ces rumeurs persistantes sur son comportement hors glace (sorties fréquentes, présence remarquée au Flyjin, le bar bien connu dans l’entourage du Canadien.)

Dans le milieu, quand un joueur est rétrogradé exactement à ce moment-là, juste avant un congé collectif, ça soulève toujours des questions.

Samuel Blais n’a pas seulement été rétrogradé au Rocket de Laval juste avant la pause olympique. Il a été arraché à deux semaines de repos payées.

Son contrat est garanti : 775 000 $, qu’il joue ou non, qu’il soit en vacances ou coincé dans un autobus de la Ligue américaine.

Financièrement, ça ne change absolument rien pour lui. Humainement? C’est un choc brutal. Pendant que ses coéquipiers du Canadien se grillent la couenne au soleil, lui se retrouve à faire la route vers des trous, à dormir dans des hôtels de passage et à jouer devant quelques milliers de partisans.

Punition déguisée? Mise au point interne? Simple décision hockey?

Poser la question, c'est y répondre.

Et qu’on ne vienne surtout pas nous servir l’excuse du « il n’avait pas joué depuis le 15 janvier ». On ne parle pas ici d’un espoir de 21 ans qu’on veut faire progresser, ni d’un projet à long terme.

On parle d’un vétéran qui s’approche de la trentaine, d’un plombier assumé de la LNH, d’un gars dont le rôle est clair : jouer simple, frapper, protéger des avances, manger des minutes difficiles.

Il n’y a absolument aucun développement à faire avec Samuel Blais. Zéro. Alors quand tu l’envoies à Laval exactement à ce moment-là, juste avant une pause collective, ce n’est pas une décision hockey neutre. C’est un message. C’est une sanction déguisée. Et tout le monde dans le milieu le sait.

Ce qui est certain, par contre, c’est que Blais l’a pris personnel.

Il n’a pas joué comme un gars résigné. Il a joué comme un gars blessé dans son orgueil. Comme quelqu’un qui a l’impression d’avoir été tassé alors qu’il méritait mieux. Comme un joueur qui se sent coincé entre deux mondes : trop bon pour Laval, pas assez indispensable pour Montréal.

Et ça, c’est probablement la pire place où se retrouver.

Parce qu’à ce stade-ci de sa carrière, Samuel Blais n’a plus rien à prouver dans la Ligue américaine. Chaque match passé à Laval est une frustration de plus.

Chaque présence devient un rappel qu’il est en attente, suspendu aux décisions d’une organisation qui jongle avec ses effectifs, ses plafonds salariaux et ses dossiers sensibles.

Son match contre Cleveland ressemblait moins à une audition qu’à une thérapie par le hockey.

Il frappait. Il créait. Il dirigeait le jeu. Il brûlait de l’intérieur.

Ce genre de colère peut être productif… pendant un temps.

Mais si ça s’étire, ça devient lourd. Mentalement. Émotionnellement.

Samuel Blais a répondu sur la glace. Fort. Clair. Sans détour.

Reste maintenant à voir si quelqu’un, à Montréal, écoute vraiment le message.

Parce que ce soir-là à Laval, ce n’était pas juste un joueur rétrogradé qui faisait deux passes.

C’était un gars en tab... qui rappelait à tout le monde qu’il aurait dû lui aussi partir sous le chaud soleil des Bahamas comme tous ses coéquipiers.

Ouch.