Propos inacceptable sur les femmes: les États-Unis nous donnent mal au coeur

Propos inacceptable sur les femmes: les États-Unis nous donnent mal au coeur

Par David Garel le 2026-02-23

La médaille d’or à peine autour du cou que le vestiaire américain s’est transformé en cirque politico-festif.

Quelques minutes après leur victoire contre le Canada, les joueurs américains ont reçu un appel vidéo du président Donald Trump. L’échange, filmé par les joueurs eux-mêmes, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux.

Trump félicite d’abord le gardien Connor Hellebuyck, qu’il qualifie de héros du match, puis enchaîne avec une invitation improvisée à la Maison-Blanche pour son discours sur l’état de l’Union, prévu mardi.

« Je peux envoyer des avions militaires ou quelque chose comme ça. Si vous voulez, ce sera la soirée la plus cool et le plus gros discours… »

Dans la vidéo, on entend une vague de joueurs répondre oui en riant.

Puis Trump ajoute, sur un ton mi-blagueur, mi-cynique :

« Je dois vous dire aussi qu’on va devoir inviter l’équipe féminine. Vous savez pourquoi… sinon je vais probablement me faire destituer. »

Rires dans le vestiaire.

Classe douteuse.

Parce qu’au passage, le président vient à peu près de réduire la victoire américaine au hockey féminin à un simple exercice de relations publiques, comme si ces athlètes étaient un appendice obligé, une formalité politique, et non des championnes à part entière.

Le genre de remarque qui révèle exactement ce que plusieurs reprochent depuis longtemps à Trump : tout ramener à lui, même un exploit sportif collectif.

Et ce n’était que le début.

Comme si ça ne suffisait pas, un autre personnage s’est invité à la fête : Kash Patel, directeur du FBI.

Des images ont circulé montrant Patel dans le vestiaire américain à Milan, filmé en train de caler une bière avant de sauter de joie au milieu des joueurs, pendant qu’un d’entre eux lui passe carrément une médaille d’or autour du cou.

On parle ici d’un haut responsable fédéral, arrivé en Italie à bord d’un avion gouvernemental, en pleine période de tensions sécuritaires aux États-Unis.

Le tollé fut immédiat.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs Américains se sont demandé si le patron du FBI était en mission officielle… ou en vacances déguisées sur le bras des contribuables.

Une ancienne porte-parole du département de la Justice a résumé le malaise en une phrase assassine : pendant qu’il y a des menaces armées près de la résidence privée du président, des citoyens américains exposés à la violence des cartels au Mexique et des dossiers urgents sur le territoire, le directeur du FBI agit « comme s’il était dans une fraternité universitaire ».

Le FBI a tenté d’éteindre l’incendie en expliquant que le voyage était planifié depuis des mois, qu’il comprenait des rencontres avec les autorités italiennes, des partenaires en sécurité et du personnel diplomatique.

Mais les vidéos parlent d’elles-mêmes.

Patel, sourire fendu jusqu’aux oreilles, bière à la main, célébrant comme un étudiant en spring break.

Devant la controverse, il a publié un message défensif :

« À l’intention des médias très inquiets : oui, j’aime l’Amérique et j’ai été honoré lorsque mes amis, les nouveaux médaillés d’or, m’ont invité dans le vestiaire pour célébrer ce moment historique. »

Son mesage: circulez, il n’y a rien à voir.

Sauf que tout le monde a vu.

Une célébration qui laisse un drôle de goût... ou qui donne mal au coeur...

Entre le président qui plaisante sur une possible destitution en parlant des femmes, et le directeur du FBI filmé en train de caler une bière dans un vestiaire olympique, on est loin de l’image de grandeur qu’on associe normalement à une conquête olympique.

Oui, les États-Unis ont gagné l’or.

Oui, ils ont le droit de célébrer.

Mais ce qu’on a vu à Milan, ce n’était pas seulement de la joie sportive.

C’était un mélange étrange de politique, d’ego et de mise en scène.

Un président qui transforme une victoire en outil de communication personnelle.

Un haut responsable de la sécurité nationale qui agit comme un fan invité VIP.

Des joueurs pris au milieu de tout ça, hilares, pendant que les caméras roulent.

Est-ce que ce sont des gagnants?

Techniquement, oui.

Est-ce que ce sont des gens qui respirent la classe et la retenue?

Disons que la ligne est mince.

Très mince.

Pendant ce temps, le Canada quittait la glace en silence, meurtri par une défaite crève-cœur, sans cirque politique, sans bière gouvernementale, sans président au bout du fil.

Deux façons très différentes de vivre une médaille d’or.

Et deux visions du sport qui n’ont absolument rien à voir.