Une scène qui se répète… encore et encore… et qui commence à faire jaser.
Sur la glace d’entraînement, loin du bruit, loin du groupe, deux silhouettes attirent l’attention. Martin St-Louis… et Ivan Demidov.
À part. Ensemble. En discussion. Encore.
Long entretien entre Demidov et Martin St-Louis ce matin! #GoHabsGo pic.twitter.com/N7nsyYktWu
— RDS (@RDSca) April 11, 2026
Ce n’est pas la première fois. Ce n’est même plus une surprise.
Et pourtant… ça veut tout dire.
Parce que pendant que le reste de l’équipe roule ses exercices, que le tempo est dicté par le groupe, St-Louis choisit de s’isoler avec son jeune prodige. Pas pour le corriger devant tout le monde. Pas pour le pointer du doigt.
Pour lui parler.
Encore ce matin, la séquence est claire. Le coach s’approche, ralentit le jeu, explique, reformule… et surtout, valide. On voit les regards. On voit l’attention. On voit un échange réel.
Et quand on entend ses propos après l’entraînement, tout s’éclaire :
« Je veux être sûr qu’il n’y a rien qui est perdu… qu’il a tout compris. »
Ce n’est pas une phrase lancée en l’air.
C’est une méthode.
Parce que ce que vit Ivan Demidov depuis un an… ce n’est pas un parcours normal. C’est un bouleversement complet.
Changer de pays. Changer de langue. Changer de ligue. Changer de culture hockey. Et en plus… le faire à Montréal, sous un microscope constant.
À 19 ans.
N’importe qui aurait de la difficulté à suivre.
Mais St-Louis refuse de le laisser se perdre dans le système. Il refuse qu’un détail lui échappe. Il refuse qu’un malentendu freine son développement.
Alors il agit autrement.
« Je fais ça souvent avec Demi… c’est pour être sûr qu’il est sur la même page. »
Sur la même page.
Comme un enseignant qui reprend un élève après la classe. Qui ne se contente pas de donner la matière… mais qui s’assure qu’elle est comprise.
Parce que oui… ce qu’on voit, ce matin sur la glace… c’est exactement ça.
Un plan d’intervention.
Pas officiel. Pas écrit. Mais bien réel.
Dans le monde scolaire, on appelle ça de la différenciation. Tu ajustes ton approche selon l’élève devant toi. Tu ne donnes pas le même outil à tout le monde. Tu adaptes.
Et Demidov… c’est ce genre d’élève.
Un élève brillant. Talentueux. Mais plongé dans une réalité complètement différente.
Alors St-Louis ajuste.
Il ne le corrige pas en groupe. Il le prend à part. Il répète. Il valide. Il s’assure que chaque consigne passe.
Parce que dans son esprit… il n’y a aucune place pour l’à-peu-près.
Et ce qui rend tout ça encore plus fascinant… c’est qu’il ne cherche pas à le transformer.
Au contraire.
« Je ne veux pas lui enlever ça. »
En parlant de son instinct. De sa vision. De son style européen.
Parce que le danger, avec un jeune joueur comme lui… c’est de trop en faire. De vouloir trop structurer. Trop encadrer. Trop contrôler.
Et de finir par briser ce qui le rend spécial.
St-Louis marche sur une ligne mince.
Il enseigne… sans étouffer.
Il guide… sans imposer.
Il ajoute des outils… sans enlever l’essence.
« L’adaptation est plus sans la rondelle… des deux côtés de la glace. »
Encore une logique d’enseignant.
Tu gardes les forces intactes. Tu développes le reste.
Et pendant ce temps-là… tu construis la confiance.
Parce que c’est ça, le vrai défi.
Convaincre un jeune joueur élite… qu’il y a un autre jeu à apprendre. Un jeu moins visible. Moins spectaculaire. Mais essentiel.
« Il veut aider l’équipe… pas juste faire ce qu’il aime. »
Et c’est là que St-Louis sait qu’il tient quelque chose de spécial.
Un joueur qui écoute. Qui absorbe. Qui s’adapte.
Un élève… qui veut apprendre.
Alors oui… cette scène sur la glace ce matin, cette discussion à part, ce moment presque invisible pour certains…
C’est peut-être l’un des plus importants de la saison.
Parce que pendant que tout le monde regarde les buts, les passes, les statistiques…
Martin St-Louis, lui, construit quelque chose de beaucoup plus profond.
Un joueur complet.
Et si ça fonctionne…
On va tous repenser à ces moments-là.
Ces discussions en retrait. Ces explications répétées. Ces ajustements faits dans l’ombre.
Parce que c’est là que tout commence.
Dans le silence… sur une glace d’entraînement… avec un coach qui enseigne comme un prof… et un jeune qui apprend à devenir bien plus qu’un simple joueur talentueux.
Ouf…
