Fallait s’y attendre.
Le « festival de la pitié » autour de Arber Xhekaj est parti, mais il arrive trop tard. Parce que pendant que certains commencent à réaliser la situation, à Montréal, à l’interne, ça fait longtemps que le verdict est tombé.
Et il est froid.
Oui, Xhekaj est aimé. Aimé dans le vestiaire. Respecté par ses coéquipiers. C’est un gars vrai, un gars de cœur, un gars qui protège les siens, et ça, ça ne s’invente pas. Quand Tony Marinaro dit que c’est « un vrai », ce n’est pas du marketing. C’est exactement comme ça qu’il est perçu à l’intérieur.
Is Arber Xhekaj no longer in the plans of the Canadiens?@TonyMarinaro: "I would say that Xhekaj is not in the longterm plans ... The Canadiens are deep on D"#thesickpodcast pic.twitter.com/7a4WJC3D0N
— The Sick Podcast with Tony Marinaro (@thesickpodcasts) March 25, 2026
Mais le problème, il est là.
Dans le hockey professionnel, être aimé par le vestiaire… ça ne te sauve pas.
Ce qui te sauve, c’est d’être aimé par le coach. Par les dirigeants. Par ceux qui prennent les décisions.
Et dans son cas, la réalité est brutale : Martin St-Louis ne lui fait pas confiance. Et cette réalité-là écrase tout le reste.
Parce que pendant que le public commence à le prendre en pitié, la hiérarchie, elle, ne ment pas. Xhekaj est rendu défenseur numéro 7.
Match après match, décision après décision, il est passé derrière Jayden Struble, qui joue avec calme, qui respecte la structure, et surtout, qui ne force pas son entraîneur à douter.
Et ça change tout.
Struble prend sa place, garde ses minutes, reste dans les moments importants, et comme les duos fonctionnent, notamment avec Lane Hutson, personne ne veut toucher à ça. Résultat? La porte est fermée. Pas entrouverte. Fermée.
Et pendant ce temps-là, autour de la ligue, les téléphones ont déjà sonné.
Les Flyers de Philadelphie aiment toujours son profil, eux qui valorisent encore ce type de défenseur physique capable de changer le ton d’un match.
Les Blackhawks de Chicago voient en lui une protection idéale pour leurs jeunes vedettes comme Connor Bedard et Frank Nazar. Les Flames de Calgary, en reconstruction, continuent de s’y intéresser pour redéfinir leur identité.
Le marché existe.
Mais à Montréal, la décision semble déjà prise.
Et c’est là que le malaise devient évident.
Parce que plus personne ne monte aux barricades. Plus personne ne crie à l’injustice. Même les médias ont changé de ton. Avant, chaque absence faisait scandale. Aujourd’hui, elle passe presque inaperçue.
C’est ça, le vrai signal.
Quand un joueur passe de sujet brûlant… à oubli progressif.
Et au fond, c’est peut-être ça le plus dur dans toute cette histoire.
Pas la perte de minutes.
Pas les matchs dans les gradins.
Mais le fait que, tranquillement, l’organisation avance sans lui… et que tout le monde commence à trouver ça normal.
Dans une équipe qui vise plus haut, qui veut de la stabilité, qui veut des décisions propres avec la rondelle, il n’y a plus beaucoup d’espace pour un profil comme le sien, même s’il apporte quelque chose d’unique.
Alors oui, le vestiaire va continuer de l’aimer.
Mais dans la LNH, ce n’est pas le vestiaire qui décide.
Et quand le coach et les dirigeants ont tourné la page…
La suite devient inévitable.
Dans cette organisation, ça fonctionne d’une seule façon : quand Martin St-Louis ne croit pas en toi, Kent Hughes et Jeff Gorton agisent en conséquence.
Le coach dicte l’utilisation, le DG ajuste l’effectif. Et dans le cas de Xhekaj, tout pointe dans la même direction : moins de minutes, moins de confiance, sortie de l’alignement, puis tranquillement, une mise à l’écart qui devient permanente.
Peu importe l’amour du vestiaire, peu importe l’attachement des coéquipiers, quand le trio Gorton-St-Louis-Hughes n’est pas aligné avec un joueur, l’issue est presque toujours la même.
La transaction arrivera... avant la première offre hostile...
