Pitié autour de Cole Caufield: le dossier tourne mal

Pitié autour de Cole Caufield: le dossier tourne mal

Par David Garel le 2026-05-07

Autour de Cole Caufield, on ne sent même plus de la colère.

On sent de la pitié.

C’est peut-être ça, le plus inquiétant dans tout ce qui est en train de se passer autour du marqueur de 51 buts des Canadiens de Montréal.

Depuis quelques jours, tout le monde marche sur des œufs autour de lui. Les journalistes posent leurs questions doucement. Les coéquipiers le protègent. Martin St-Louis le protège. Nick Suzuki le protège. Noah Dobson le protège. Tout le vestiaire semble essayer d’éviter de briser quelque chose mentalement chez lui.

Mais à un moment donné… peut-on juste dire la vérité?

Cole Caufield connaît des séries atroces à cinq contre cinq.

Un seul point en huit matchs.

Un seul but.

En avantage numérique.

Aucun point à forces égales.

Pour un gars qui vient d’en marquer 51 en saison régulière, c’est énorme.

Et pourtant, quand on écoute le discours autour de lui, on dirait presque qu’on parle d’un jeune recrue fragile qu’il faut absolument ménager émotionnellement.

Le malaise était évident jeudi à Buffalo.

La Presse l’a parfaitement résumé :

« La seule présence d’un immense regroupement devant son casier confirmait qu’il se passe quelque chose avec Cole Caufield. »

Toute l’ambiance autour de lui était lourde.

« Cette fois, il y a une indéniable lourdeur dans l’air. »

Et Caufield lui-même avait l’air d’un joueur complètement conscient de la tempête autour de lui.

« Dans l’ensemble, mon jeu n’est pas où je le voudrais. J’en attends davantage de moi-même. »

Mais ensuite, tout le monde s’est immédiatement mis à amortir la chute.

On explique qu’il tente de « faire autre chose ».

Qu’il essaie de « gagner des batailles ».

Qu’il tente de « jouer dur défensivement ».

Même La Presse rappelle presque pour le défendre qu’il avait déjà connu des séquences d’un but en huit matchs pendant l’année.

Sauf qu’on ne parle plus du mois de janvier contre Columbus ou Anaheim.

On parle des séries éliminatoires.

On parle du moment où les meilleurs joueurs doivent devenir les meilleurs joueurs.

Et le plus honteix dans tout ça, c’est que personne n’ose vraiment le confronter directement.

Noah Dobson est pratiquement allé lui tenir la main publiquement :

« Je ne vais pas lui enseigner à marquer des buts, c’est plutôt lui qui devrait me l’enseigner! »

Puis il ajoute immédiatement :

« C’est le dernier de mes soucis. C’est seulement une question de temps. »

Même Martin St-Louis est devenu tellement protecteur dans sa façon de parler de Caufield.

« J’ai confiance qu’on va s’améliorer avec la rondelle dans l’espace et que Cole va faire partie de notre amélioration. »

Et quand on lui demande comment aider Caufield?

« En le faisant jouer. »

Pas de critique.

Pas de remise en question publique.

Pas de pression.

Seulement de la protection.

C’est presque rendu étrange.

On parle d’un vétéran offensif établi.

D’un gars payé pour marquer.

D’un joueur qui vient de signer une saison de 51 buts.

Il n’est plus supposé être traité comme un petit oiseau fragile.

Même quand Caufield parle de sa confiance, on sent que tout le monde tente presque de respirer doucement autour de lui :

« Bien sûr que je veux être meilleur et produire davantage. Mais on ne peut pas manquer de confiance dans cette ligue. »

Encore là… ça ressemble presque à un joueur qui essaie de convaincre tout le monde, et lui-même, qu’il ne craque pas mentalement.

Et pendant ce temps-là, les images sur la glace racontent une autre histoire.

Deux tirs inoffensifs dans le match.

Des lancers de loin.

Aucune attaque au filet.

Aucune bataille gagnée physiquement.

Mais dès qu’on ose le dire publiquement, immédiatement le ton change autour du dossier.

On sent presque une volonté collective de protéger Cole Caufield émotionnellement.

À Montréal, quand un joueur de soutien joue mal, il se fait détruire.

Mais quand c’est Cole Caufield?

On parle de confiance.

De processus.

De patience.

D’émotions.

D’adaptation au style des Sabres de Buffalo.

À un moment donné, il faut aussi accepter la réalité :

Le Canadien a besoin que Cole Caufield joue comme un marqueur de 51 buts.

Pas comme un joueur qu’on essaie constamment de rassurer psychologiquement après chaque match.

Ça va faire la pitié...