La claque est brutale. Et elle ne vient pas de Montréal: elle vient directement de Finlande.
Alors qu’il connaît une saison recrue plus que respectable avec le Canadiens de Montréal (31 points, dont 18 buts en 57 matchs), Oliver Kapanen s’est retrouvé… attaquant en extra lors du premier entraînement officiel de la sélection finlandaise.
Oui. Extra.
Pas sur un quatrième trio.
Pas déplacé à l’aile.
Carrément sorti de l’alignement.
Et pourtant, seuls trois Finlandais ont marqué plus de buts que lui cette saison dans la LNH : Mikko Rantanen, Sebastian Aho et Artturi Lehkonen.
C’est ça, la réalité.
Un des meilleurs buteurs finlandais en Amérique du Nord… laissé de côté.
À sa place? Des vétérans. De “l’expérience”. Du conservatisme pur.
Le plus choquant dans tout ça : on lui préfère Joel Armia.
Joel Armia.
Un joueur de quatrième trio, utile défensivement, correct en désavantage numérique, mais absolument pas quelqu’un sur qui tu mises quand tu as besoin d’un but égalisateur ou gagnant en troisième période. Et pourtant, Armia est dans l’alignement. Pas Kapanen.
Même chose pour Kaapo Kakko, utilisé devant lui alors que Kapanen pourrait très bien glisser à l’aile si on lui demandait. Un centre naturel two-way comme Kapanen qui reste sur le carreau... c'est ridicule...
Erik Haula 4e centre avant Kapanen? Ridicule aussi.
En Finlande, ça fait jaser. Beaucoup.
Parce que le message est clair : malgré ses buts, malgré sa saison recrue, malgré son efficacité dans l’un des marchés les plus exigeants de la LNH, Kapanen n’est pas jugé assez “fiable” pour un tournoi court.
L’entraîneur-chef Antti Pennanen ne s’en cache même pas. Il veut miser sur l’expérience. Il veut une équipe “mature”. Il veut minimiser les risques. Quitte à sacrifier du punch offensif.
Et oui, Kapanen traverse un léger passage à vide récemment (quatre points à ses treize derniers matchs). Mais est-ce vraiment suffisant pour écarter un gars qui marque à ce rythme-là sans jouer sur la première vague d’avantage numérique?
C’est là que la décision devient controversée.
Parce qu’on se retrouve avec un joueur coincé dans un no man’s land absurde : pas assez établi pour les deux premiers trios, pas assez “safe” pour les deux derniers.
Résultat? Extra.
La formation projetée est sans pitié :
Attaquants
Rantanen - Hintz - Granlund
Lehkonen - Aho - Teräväinen
Luostarinen - Lundell - Kakko
Tolvanen - Haula - Armia
Kapanen… à côté. (Joel Kiviranta est aussi remplaçant)
Défensive:
Heiskanen-Lindell
Mikkola-Ristolainen
Määttä-Jokiharju
Lehtonen-Matinpalo
Même plusieurs médias finlandais n’en reviennent pas. On parle ouvertement d’un choix ultra conservateur, d’un manque d’audace, et d’un message discutable envoyé à un jeune attaquant qui, objectivement, fait tout ce qu’on lui demande depuis le début de la saison.
Et à Montréal, cette décision tombe très mal.
Parce qu’ici aussi, le débat est loin d’être réglé.
Est-ce qu’Oliver Kapanen est un vrai deuxième centre?
Ou profite-t-il surtout du talent d’Ivan Demidov (et plus récemment de Juraj Slafkovský) pour gonfler ses chiffres?
Le Canadien continue de sonder le marché pour un centre top-6. Le dossier Kadri est encore chaud. Le rêve Robert Thomas aussi. Les scénarios de transactions circulent. Et voilà que la Finlande elle-même envoie un signal ambigu sur Kapanen.
C’est impossible de faire abstraction du timing.
D’un côté, Montréal se demande s’il peut vraiment bâtir autour de lui comme 2e centre.
De l’autre, son pays choisit Joel Armia avant lui.
Ça fait mal.
Et surtout, ça soulève une inquiétude très réelle : est-ce que cette décision va ébranler sa confiance?
Parce que pour un joueur en pleine saison recrue, se faire tasser de l’alignement olympique malgré 18 buts dans la LNH, c’est violent mentalement.
On peut comprendre la logique “expérience”.
On peut comprendre la prudence d’un coach en tournoi court.
Mais on ne peut pas ignorer le message.
Aujourd’hui, Oliver Kapanen est l’un des meilleurs buteurs finlandais en Amérique du Nord… et pourtant, il regarde les autres sauter sur la glace.
En Finlande, ça choque.
À Montréal, ça alimente encore plus le doute.
Et au milieu de tout ça, il y a un jeune joueur qui fait exactement ce qu’on lui demande depuis octobre, sans recevoir le respect que ses chiffres devraient lui garantir.
Ce dossier-là ne disparaîtra pas après un entraînement.
Il vient d’enflammer deux marchés à la fois.
