Coeur brisé: Phil Danault détruit dans le Journal de Montréal

Coeur brisé: Phil Danault détruit dans le Journal de Montréal

Par David Garel le 2026-01-15

Le climat a changé brutalement au Québec autour de Phillip Danault.

Après quelques matchs à peine, le Journal de Montréal a sorti le marteau, et le verdict est tombé sans détour : Phillip Danault est devenu un frein offensif, et Zachary Bolduc serait la principale victime collatérale de son déclin.

Le journaliste Jean-Nicolas Blanchet ne tourne pas autour du pot. Pour lui, la baisse de régime de Bolduc n’est ni mystérieuse, ni psychologique, ni liée à l’âge. Elle est structurelle. Elle est contextuelle. Et surtout, elle est directement liée à ses compagnons de trio : Brendan Gallagher et Phillip Danault.

Le diagnostic est clair : ce trio est incapable de générer de l’attaque moderne dans la LNH actuelle.

Danault n’est plus le même joueur. Ce n’est pas une opinion. Ce sont des faits mesurables. Il a perdu de la vitesse, et pas un peu.

Les données de la LNH sur la vitesse de patinage sont sans équivoque : Danault n’est plus dans le peloton des centres rapides, loin de là. Il y a trois ans, il faisait partie des joueurs capables de suivre les meilleurs.

Aujourd’hui, il est devancé par plusieurs coéquipiers, incluant Brendan Gallagher lui-même... qui est fini à la corde...

Offensivement, le constat est encore plus sévère. 46 matchs sans marquer un seul but. Le dernier remonte aux séries éliminatoires de l’an dernier.

Cette saison : zéro. Rien. Et ce n’est pas faute d’opportunités, c’est faute de jambes, faute de séparation, faute d’exécution. Danault ne crée plus d’entrées de zone dangereuses, ne génère plus de chances de qualité, ne transporte plus la rondelle avec menace.

Les statistiques avancées confirment l’impression visuelle :

Danault n’est pas dans le top 5 des attaquants du CH pour les buts attendus.

Ni pour la possession offensive.

Ni pour les entrées contrôlées.

Ni pour les chances de marquer

Il est utile, oui. Responsable, oui. Mais utile comme un centre de quatrième trio, pas comme un pivot censé aider un jeune ailier offensif à s’épanouir.

Et c’est là que Zachary Bolduc entre dans le mur.

Bolduc, 22 ans, 10e meilleur pointeur de son repêchage chez les attaquants après 144 matchs dans la LNH, se retrouve à jouer un contre cinq à chaque présence. Pas un contre trois. Un contre cinq.

Pendant que Danault et Gallagher s’assurent que l’adversaire ne contre-attaque pas, Bolduc meurt dans les coins, sans soutien, sans espace, sans transition rapide.

Blanchet le résume crûment :

Même Pavel Bure aurait l’air de Valeri. Même Marian aurait l’air de Marcel Hossa.

C’est excessif? Peut-être. Mais l’idée est juste. Aucun ailier offensif ne peut produire avec deux joueurs qui ne menacent plus la défense adverse.

Le jeu est devenu un jeu de possession rapide, de tempo, de lecture instantanée. Danault joue encore un hockey de contrôle… mais un contrôle sans punition.

Gallagher, de son côté, fait ce qu’il peut. Il se bat. Il bloque des tirs. Il joue avec le cœur. Mais offensivement, c’est presque le néant : quatre buts en 47 matchs. Lui aussi est rendu un joueur de situation, pas un moteur de trio.

Alors quand on pointe Bolduc du doigt, quand on commence à parler de l’envoyer à Laval « pour sa confiance », quand on doute de sa place dans le noyau futur, on se trompe de cible.

La vérité, c’est que Danault et Gallagher font exactement ce qu’on attend d’un quatrième trio : ne pas se faire marquer.

Et Sportlogiq le confirme : ils limitent les chances contre eux. Parfait. Mais le Canadien n’a pas besoin de deux quatrièmes lignes. Il a besoin de trois trios capables de marquer s’il veut aspirer à quelque chose.

Le remplacement de Gallagher par Josh Anderson n’a rien réglé. Anderson est peut-être encore plus limité offensivement, et plus efficace en désavantage numérique parce qu’il n’a pas à réfléchir. Ce n’est pas une solution. C’est un pansement.

La conclusion est inconfortable, mais elle s’impose :

Phillip Danault est devenu un joueur de rôle défensif spécialisé.

Un bon joueur de mises au jeu.

Un bon soldat à court d’un homme.

Un joueur fiable pour protéger une avance.

Mais ce n’est plus un centre capable de faire progresser un jeune attaquant offensif.

Zachary Bolduc n’est pas le problème. Il est le révélateur. Le révélateur d’un trio qui n’a plus les outils pour jouer le hockey d’aujourd’hui. Et tant que ce contexte ne changera pas, le Québec continuera à frapper sur le mauvais clou.

La vraie question n’est pas : Bolduc a-t-il ce qu’il faut?

La vraie question est : pourquoi l’oblige-t-on à survivre dans un trio qui n’a plus de jus offensif?

Et ça, c’est une question qui dérange beaucoup plus que de casser du sucre sur le dos d’un jeune de 22 ans.

Voilà pourquoi le Journal de Montréal détruit Danault.

Enfoncer un Québécois... pour en sauver un autre...