Arber Xhekaj a perdu énormément de respect ce soir-là dans la ligue.
Tout commence pourtant par une mise en échec parfaitement légale de Dylan McIlrath sur Jayden Struble.
Rien de tardif.
Rien de dangereux.
Aucun coup à la tête.
Aucune intention douteuse.
Struble tombe, reste étendu quelques secondes, se relève, revient au banc. Le jeu aurait très bien pu continuer sans incident.
Le contexte rend la suite encore plus lourde : le Canadien mène 2-0 à l’étranger, contrôle le match et n’est absolument pas en situation d’urgence émotionnelle ou physique.
C’est là qu’Arber Xhekaj intervient.
Pas pour répondre à une injustice.
Pas pour calmer une escalade.
Mais pour forcer un combat qui n’était ni nécessaire ni demandé, dans un moment où son équipe avait tout à perdre.
Les gants tombent, mais ce n’est pas un combat classique. Très rapidement, Xhekaj évite l’échange franc, accroche, neutralise, verrouille. Il ne cherche pas à engager un vrai duel. Il cherche à contrôler la situation sans s’exposer. Et ça, dans le code non écrit des bagarreurs, c’est déjà mal vu.
Dylan McIlrath lays a BIG hit on Jayden Struble and Arber Xhekaj comes FLYING in to take exception 😳👊 pic.twitter.com/UBH7G85Fr1
— Gino Hard (@GinoHard_) January 14, 2026
Mais le véritable point de rupture arrive après l’intervention des arbitres.
Alors que McIlrath est immobilisé, que ses bras sont retenus et que le combat est clairement terminé, Xhekaj assène plusieurs coups derrière la tête. Pas dans l’élan. Pas dans la confusion initiale. Après.
C’est précisément là que le respect se brise.
Dans la culture des joueurs robustes, il y a une ligne claire :
Tu peux répondre.
Tu peux défendre un coéquipier.
Tu peux perdre ou gagner un combat.
Mais tu ne frappes pas un adversaire sans défense, par-derrière, quand les officiels sont déjà là. Surtout pas derrière la tête.
Ce geste-là n’est pas interprété comme de la dureté.
Il est interprété comme un manque de courage.
Et la réaction a été immédiate.
Dans le vestiaire des Capitals, le commentaire est unanime : la séquence est jugée sale, inutile, et surtout indigne d’un joueur qui se réclame d’un rôle de shérif.
Plusieurs joueurs autour de la ligue ont fait passer le même message en privé : ce n’est pas comme ça qu’on gagne le respect, encore moins qu’on le conserve.
Sur les réseaux sociaux, la tempête a été brutale. Pas seulement du côté des partisans adverses, mais chez les amateurs de hockey physique eux-mêmes, ceux qui défendent habituellement ce type de joueur. Le reproche revient toujours au même point :
Xhekaj a sauté son adversaire pour ne pas avoir à se battre réellement, puis a frappé quand il n’y avait plus de danger.
Ajoute à ça une autre donnée impossible à ignorer : il a été invisible sur la glace.
À peine sept minutes jouées.
Aucun impact défensif.
Aucune présence structurante.
Son seul fait saillant de la soirée devient donc… cette séquence-là.
Et quand un joueur robuste n’apporte ni stabilité, ni intimidation contrôlée, ni fiabilité, mais seulement une controverse disciplinaire, la perception bascule très vite.
Le plus dommageable, ce n’est pas la pénalité.
Ce n’est pas le combat.
C’est la perte de crédibilité.
À Washington, Xhekaj n’a pas simplement coûté 17 minutes de pénalité potentielle à son équipe. Il a surtout envoyé un message involontaire à la ligue : quand le moment devient délicat, il ne choisit pas la bonne réponse.
Dans la LNH, le respect ne disparaît pas à cause d’un mauvais match. Il disparaît quand un joueur trahit le code qu’il prétend incarner.
Et ce soir-là, Arber Xhekaj n’a pas perdu un combat.
Il a perdu quelque chose de bien plus difficile à regagner :
Le respect de la confrérie des bagarreurs... et le respect des fans autour de la LNH...
