Perte de patience au village olympique: Lane Hutson et Cole Caufield ne sont pas les bienvenus

Perte de patience au village olympique: Lane Hutson et Cole Caufield ne sont pas les bienvenus

Par David Garel le 2026-02-09

À Milan, Team USA est officiellement entrée dans sa bulle olympique.

Première pratique. Premiers trios. Premières photos en uniforme bleu. Et déjà, un message clair envoyé par le groupe de Bill Guerin et de l’entraîneur-chef Mike Sullivan : on est ici avec notre équipe, et on ne veut plus entendre parler des absents.

Sauf que personne n’a oublié.

Parce que même si les Américains tentent d’avancer, Milan résonne encore des mêmes noms. Cole Caufield. Lane Hutson. Jason Robertson. Trois talents offensifs majeurs laissés à la maison. Trois dossiers qui collent à la peau de Guerin depuis l’annonce officielle.

Sur la glace italienne, pourtant, les États-Unis ont commencé à bâtir leurs repères.

Le premier trio est explosif :

Brady Tkachuk - Jack Eichel - Matthew Tkachuk.

Ensuite, le capitaine Auston Matthews est flanqué de Jake Guentzel et Matt Boldy.

Le troisième trio réunit Kyle Connor, Dylan Larkin et Tage Thompson.

Puis on retrouve un mélange plus talent-papier sablé avec J.T. Miller en alternance avec Brock Nelson, Vincent Trocheck au centre, et Jack Hughes à droite, pendant que Clayton Keller attend son tour dans la rotation.

Cole Caufield avait sa place, mais il faut avouer que cette attaque rete dévastatrice même sans le buteur du CH.

À la ligne bleue, le message est encore plus cinglant. On n'a pas besoin de Lane Hutson.

Quinn Hughes est jumelé à Charlie McAvoy.

Jaccob Slavin avec Brock Faber.

Noah Hanifin avec Zach Werenski.

Et enfin Jake Sanderson avec Jackson LaCombe sur la 4e paire des réservistes. On peut se consoler. Le remplaçant de Hutson, LaCombe, ne jouera pas.

Devant le filet : Connor Hellebuyck, Jake Oettinger et Jeremy Swayman. Asurément l'équipe la plus forte du tournoi devant les buts.

Voilà l’équipe. Voilà le groupe. Et voilà ce que Guerin appelle une formation “complète”.

Mais pendant que les Américains répètent leurs sorties de zone et leurs jeux en avantage numérique, le malaise demeure.

Parce qu’ils ont laissé de côté un marqueur d’élite dans Caufield. Parce qu’ils ont ignoré un défenseur créatif en Hutson. Parce que, depuis des jours, ils doivent répondre aux mêmes questions, encore et encore.

Et ils sont visiblement tannés.

Auston Matthews répète que leur force, c’est le groupe actuel. Que la chimie prime. Que l’objectif est clair : l’or ou rien et qu'ils ont la meilleure équipe pour y parvenir.

Au village olympique, la patience semble déjà à bout quand il est question des absents. Le capitaine américain n’a pas cherché à ménager les sensibilités en affirmant clairement que l’équipe n’avait pas besoin d’ajouter davantage de talent offensif.

« Nous avons tout ce qu’il faut pour gagner. On n’a pas besoin d’en rajouter », a-t-il lancé, un message à peine voilé qui vise directement Cole Caufield et Lane Hutson.

Même son de cloche du côté de Jack Eichel, qui a insisté sur le fait que tout autre résultat qu’une médaille d’or serait une déception, rappelant que le groupe en place est suffisant et qu’il n’est plus temps de regarder en arrière.

Le ton est clair : à Milan, on ne veut plus entendre parler des laissés-pour-compte. Ni de Cole Caufield. Ni Lane Hutson. L’équipe est faite, et ceux qui ne sont pas là ne font plus partie de la conversation.

Même discours chez Quinn Hughes, chez les Tkachuk. On sent une confiance presque arrogante. Une certitude collective qu’ils ont déjà tout ce qu’il faut.

Ils vont même jusqu’à refuser les hôtels de luxe.

Les Américains ont choisi de rester dans le village olympique, ensemble, comme à l’université. Brady et Matthew Tkachuk partagent une chambre. Quinn et Jack Hughes font pareil. Ils appellent leur coin “Club Tkachuk”.

Ils veulent vivre l’expérience complète, dormir à deux pieds l’un de l’autre, recréer un esprit de dortoir. Selon eux, ce n’est pas du snobisme : c’est une façon de souder le groupe.

Beau concept.

Mais pendant qu’ils parlent de camaraderie et de culture d’équipe, Montréal regarde ça avec un goût amer. Parce que ce vestiaire américain est bâti sans Caufield sans nos deux chouchous.

Raison de plus pour prier que cette équipe s'effondre dans le tournoi.

Mais à Milan, Team USA avance comme si de rien n’était. Ils patinent. Ils rient. Ils installent leurs trios. Ils nomment Matthews capitaine. Ils parlent déjà de médaille d’or.

Mais l’éléphant est dans la pièce.

Ils peuvent bien dire qu’ils ont tourné la page. Ils peuvent bien répéter qu’ils sont confiants. Ils peuvent bien affirmer qu’ils ont tout ce qu’il faut.

À chaque match, à chaque but de Caufield à Montréal, à chaque soirée dominante de Hutson, cette décision va leur revenir en pleine face.

Et ici, au Québec, personne n’a oublié.

Et pendant que Team USA fait semblant d’avancer sans regarder derrière, il y a une voix qui a percé le mur du silence : celle de Nick Suzuki.

Le capitaine du Canadien n’a pas tourné autour du pot quand on lui a demandé ce qu’il pensait de l’exclusion de son meilleur ami, Cole Caufield.

« Comme coéquipier et comme ami, honnêtement, je pense que c’est un gros oubli. Tant mieux si ça aide mon équipe à aller plus loin. Cole est un joueur spécial. Il trouve toujours une façon de marquer. Et marquer, c’est la chose la plus difficile à faire dans la LNH… »

Ce n’est pas une petite phrase lancée au hasard : c’est un verdict venant d'un rival canadien qui ose viser le DG des États-Unis en plein village olympique.

Suzuki dit tout haut ce que bien du monde pense tout bas. Pendant que Bill Guerin parle de chimie, de robustesse et de structure, le capitaine du CH rappelle une vérité brutale du hockey moderne : tu peux bâtir tous les systèmes que tu veux, mais sans un franc-tireur capable de changer un match en une fraction de seconde, tu joues avec le feu.

Si les États-Unis perdent par un but en finale contre le Canada... Bill Guerien devra vivre avec la honte de sa vie...