Perte de Gavin McKenna: les Sénateurs sont devenus la honte de la LNH

Perte de Gavin McKenna: les Sénateurs sont devenus la honte de la LNH

Par Nicolas Pérusse le 2026-01-17

Les Sénateurs sont devenus une blague.

Et on ne parle pas d'une petite moquerie passagère sur les réseaux sociaux, mais une véritable référence négative, un cas d’école que la Ligue nationale de hockey cite à demi-mot lorsqu’elle explique pourquoi certaines règles existent.

Les Sénateurs d’Ottawa sont exactement rendus là. Et le simple fait qu’on doive, sérieusement, se demander si un espoir générationnel comme Gavin McKenna pourrait être « premier choix… au deuxième rang » résume à lui seul l’ampleur du malaise.

Parce que oui, pendant quelques heures, pendant quelques simulations sur Tankathon, le logo des Sénateurs s’est retrouvé au sommet.

Et immédiatement, la question s’est imposée : qu’est-ce qui se passe si Ottawa gagne la loterie avec un choix qu’il n’a pas le droit d’utiliser ?

Qu’est-ce qui arrive si l’équipe la plus dysfonctionnelle de la décennie se retrouve, par accident mathématique, au cœur du moment le plus sacré de la LNH ?

La réponse est simple : la Ligue a prévu le coup, précisément parce qu’elle savait qu’Ottawa était capable de tout gâcher.

Il faut le rappeler noir sur blanc : les Sénateurs ne repêcheront jamais avec leur choix de premier tour en 2026. Ce choix est mort. Forfaitaire. Fantôme.

Il existe uniquement pour préserver l’intégrité du boulier, l’ordre des sélections et l’équité statistique entre les équipes.

Quand le tour d’Ottawa viendra, personne ne montera sur la scène. Personne ne serrera la main du commissaire. Personne ne sourira pour la photo. On passera au suivant, comme on l’a déjà fait avec les Coyotes, dans un silence gênant que tout le monde préférerait oublier.

Mais contrairement à l’Arizona, Ottawa a réussi l’exploit de rendre la situation encore plus grotesque.

Parce que ce choix perdu n’est pas le fruit d’une malchance sportive. Ce n’est pas une blessure, ni un mauvais pari hockey.

C’est le résultat direct d’une incompétence administrative flagrante. L’échange d’Evgenii Dadonov, envoyé à Vegas sans que sa clause de non-échange soit respectée, demeure l’un des épisodes les plus embarrassants de l’ère moderne.

La Ligue a dû intervenir, annuler une transaction, exposer publiquement le manque de rigueur de l’organisation, puis frapper fort. Très fort.

Pierre Dorion y a laissé son poste, congédié pour faute grave. Et sa réputation avec.

Car soyons honnêtes : peu importe ce que certains tenteront de raconter pour réhabiliter son passage, cette histoire-là va le suivre toute sa vie.

Dans une ligue obsédée par les détails, les clauses, les processus et la conformité, Dorion est désormais associé à une erreur qui ne se fait tout simplement pas à ce niveau. Ce n’est pas un débat. Ce n’est pas une question d’opinion. C’est une ligne rouge.

Et ce qui rend la situation encore plus honteuse, c’est que la nouvelle administration a réussi à empirer les choses.

Les Sénateurs avaient le choix. Ils pouvaient sacrifier leur premier tour en 2024, en 2025 ou en 2026. En 2024, ils repêchaient septièmes. La décision de repousser la sanction était logique.

En 2025, la cuvée était faible, l’organisation sortait d’une participation aux séries, et tout indiquait que le choix serait tardif. C’était le moment idéal pour tourner la page.

Ils ne l’ont pas fait.

Ottawa a gaspillé un 23e choix dans une cuvée médiocre pour Logan Hensler, un défenseur droitier qui évolue pour l'Université du Wisconsin (4 buts, 7 passes pour 11 points en 19 matchs).

Comment le DG Steve Staios et ses recruteurs pensaient que c'était une bonne idée d'utiliser ce choix? Le karma a frappé alors qu'Ottawa est maintenant exposé au pire scénario possible l’année suivante.

Une saison qui dérape. Une équipe incapable de se stabiliser. Des distractions constantes. Un classement humiliant. 49 points. Avant-avant-derniers dans l’Est. Et soudain, la possibilité très réelle de terminer dans les bas-fonds de la LNH sans même avoir le droit d’en récolter les fruits.

C’est là que la honte devient totale.

Parce que pendant que les autres organisations en reconstruction peuvent au moins se consoler avec l’espoir, Ottawa, lui, regarde le plafond.

Le repêchage de 2026 s’annonce comme l’un des plus excitants depuis des années. Gavin McKenna, Keaton Verhoeff, Ivar Stenberg. Des talents capables de changer le visage d’une franchise.

Et les Sénateurs, eux, devront regarder la parade passer, tout en priant que la Ligue ne soit pas forcée de refaire un tirage une cinquième, une sixième, une dixième fois pour éviter un ridicule planétaire.

La LNH l’a confirmé : si Ottawa gagne une loterie, on recommence. Encore. Et encore. Jusqu’à ce que les Sénateurs perdent.

Il n’y a aucun scénario où ils repêchent premiers ou deuxièmes. Aucun. Zéro. Même si la saison est catastrophique. Même s’ils terminent derniers. Même si la planète hockey implose.

Le meilleur qu’ils puissent faire, c’est un troisième rang. Un troisième rang qu’ils ne pourront pas utiliser. Un troisième rang qui poserait quand même un problème embarrassant pour la Ligue. La photo du top 3 ? On fait quoi ? On laisse une chaise vide ? On coupe Ottawa du cadre ? On fait semblant que ça n’existe pas ?

Tout ça parce qu’une organisation n’a pas été capable de faire son travail correctement.

Alors oui, si jamais les Sénateurs se retrouvaient « premiers » dans le boulier, toute la Ligue rirait. Pas par méchanceté gratuite, mais parce que ce serait la conclusion logique d’une décennie de décisions douteuses, de communications mal gérées, de scandales évitables et de crédibilité érodée.

Ottawa est devenu un avertissement. Un exemple à ne pas suivre. Une franchise que la LNH doit constamment surveiller pour éviter un autre malaise.

Et dans cette histoire-là, Pierre Dorion restera à jamais associé au point de rupture. À l’erreur qui a coûté un choix générationnel. À la sanction la plus lourde possible dans une ligue où le repêchage est le nerf de la guerre.

Ce n’est pas juste une mauvaise saison. Ce n’est pas juste de la malchance. C’est une honte organisationnelle complète.

Et le plus cruel dans tout ça, c’est que les Sénateurs devront la regarder se matérialiser, soir après soir, pendant que le reste de la Ligue avance… en riant d'eux comme s'ils étaient les clowns de la LNH.