Perte de 48 millions de dollars: Juraj Slafkovsky répond sur la glace

Perte de 48 millions de dollars: Juraj Slafkovsky répond sur la glace

Par David Garel le 2026-01-12

Il arrive parfois qu’un joueur cesse de répondre à ses critiques par des mots, et qu’il décide plutôt de les gifler avec son jeu.

Juraj Slafkovský est exactement dans cette phase-là : une ascension cinglante, irrésistible, presque insolente. À chaque match, il semble prendre un malin plaisir à faire avaler leurs prédictions à ceux qui le comparaient négativement à Logan Cooley, ceux qui doutaient de son intelligence de jeu, ceux qui l’accusaient de plafonner trop tôt.

Contre les Canucks, il a encore envoyé promener tout le monde avec une performance gigantesque, un match de trois points, un but, deux passes dans une spectaculaire victoire de 6-3, où il a dominé physiquement, dicté le tempo, créé des ouvertures et frappé avec une maturité qui rappelle les grandes années des ailiers de puissance qui imposaient leur loi sans négocier.

La kid line Slaf-Kapanen-Demidov est tout simplement en feu:

Slafkovský n’est plus un projet. Il n’est plus une promesse. Il n’est plus un espoir. Il est devenu le meilleur attaquant du Canadien de Montréal. Point final.

Avec maintenant 17 buts, 21 passes, 36 points en 46 matchs, il est sur une cadence qui le transporte directement vers une première saison de 60 points, une zone où les véritables joueurs de concession se révèlent.

Il mène le jeu à cinq contre cinq. Il frappe, il transporte la rondelle, il protège son centre Kapanen comme un vétéran de 28 ans, il distribue de petites tromperies qui figent les défenseurs adverses, et surtout, il impose son style.

C’est ce genre de détail qui échappait au grand public : Slafkovský n’était pas en train de stagner, il était en train de se transformer.

Mais la partie la plus spectaculaire de l’histoire n’est même pas sur la glace.

Elle est financière.

Et c’est là que ça devient presque indécent.

Au moment où Logan Cooley signait un contrat de 10 millions de dollars par année, les recruteurs disaient tous la même chose : le marché s’en va vers les jeunes vedettes, les contrats explosent, les équipes paient maintenant pour le potentiel futur, pas pour la production actuelle.

Et si Cooley touche 10 millions, les mêmes recruteurs affirment que Slafkovský, aujourd’hui, vaudrait entre 11,5 et 12 millions sur un long terme comparable.

Mais Slafkovský ne touche pas 12 millions. Il touche 7,6 millions. Pour 8 ans.

Et c’est là que son agent, quelque part dans son bureau, doit regarder les chiffres et se demander comment il a pu laisser passer un tel gro slot.

Parce qu’avec un différentiel de 4,5 à 4,6 millions par année, un écart réel dans l’évaluation actuelle de Slafkovský, on parle d’un total d’environ 48 millions de dollars perdus sur la durée du contrat.

Un montant à faire trembler un comptable.

Un montant qui change une vie, même pour un joueur professionnel, surtout avec les impôts du Québec.

Et pendant que son agent réalise l’ampleur du désastre, Slafkovský, lui, semble s’amuser. Il joue comme un gars libéré, comme un joueur qui sait exactement qu’il est devenu le meilleur rapport qualité-prix de toute la LNH.

Un attaquant de puissance, rare, dominant, encore en progression, payé comme un joueur de soutien évolué. Chaque but marque un peu plus la catastrophe financière qu’a représentée cette signature pour lui… et le cadeau tombé du ciel pour le Canadien.

Les partisans qui rêvaient de Logan Cooley n’ont plus rien à dire. Même eux l’admettent maintenant : Slafkovský est le meilleur choix.

Pas juste parce qu’il produit.

Pas juste parce qu’il domine physiquement.

Pas juste parce qu’il construit quelque chose d’énorme avec Demidov et Kapanen.

Mais parce que, dans un sport où l’économie dirige tout, Slafkovský est devenu une anomalie comptable, une bénédiction salariale, un joueur qui vaut le double de ce qu’il gagne.

Quand tu offres 12 millions par saison en valeur réelle et que tu n’en coûtes que 7,6, tu deviens instantanément l’équivalent d’un Connor McDavid payé 6 millions.

Et c’est exactement ce que vivent les Canadiens en ce moment : un miracle de 7,6 millions de dollars, qui joue chaque soir comme s’il voulait rappeler au monde entier que personne ne lui dictera ce qu’il doit devenir.

Slafkovský ne répond plus aux critiques. Il les écrase. Il les humilie.

Et il bâtit tranquillement, match après match, la légende d’un joueur qui a peut-être perdu 48 millions sur papier…
mais qui n’a jamais été aussi riche en potentiel, en valeur, en impact réel.

Le Canadien a gagné ce match.

Mais surtout : le Canadien a gagné Slafkovský.

Et ça, ça vaut bien plus que 48 millions.