Vendredi dernier, pendant que les joueurs du Canadien de Montréal sautaient sur la patinoire d’Ottawa à 13 h pour un entraînement en plein voyage, un détail a rapidement attiré l’attention : Martin St-Louis n’était pas avec son groupe.
L’organisation a parlé d’un « engagement familial ». Rien de plus. Rien de moins. Une formulation volontairement sobre, respectueuse, mais aussi suffisamment vague pour laisser place à toutes les interprétations.
Dans un marché comme Montréal, avec tout le contexte entourant la famille St-Louis, ce flou n’est jamais anodin. On se souvient tous que, par le passé, certaines absences pour des raisons familiales n’avaient rien de léger.
Alors, forcément, les questions ont surgi. Était-ce inquiétant ? Était-ce sérieux ? Était-ce encore une situation délicate impliquant Mason, son fils cadet?
La réponse, on l’a eue quelques jours plus tard. Et elle change complètement la lecture de ce qui s’est passé.
De passage au Sick Podcast de Tony Marinaro, le journaliste de Sportsnet Eric Engels a mis fin aux spéculations en révélant ce que Martin St-Louis lui avait confié directement : son fils Mason célébrait son 18e anniversaire, et le coach du Canadien ne voulait tout simplement pas manquer ce moment-là. Rien de dramatique. Rien de négatif. Juste un père qui choisit d’être présent.
Mais quand on regarde la séquence complète, on réalise que ce « simple engagement familial » raconte en réalité une histoire beaucoup plus grande.
On parle d'une logistique digne d’un véritable casse-tête
Après le match de jeudi soir contre les Sabres à Buffalo, Martin St-Louis n’est pas monté dans l’avion avec ses joueurs vers Ottawa. Pendant que le groupe prenait la route pour la capitale, lui a bifurqué dans l’autre direction. Vol vers le Connecticut. Maison familiale. Son fils. Sa famille.
Vendredi, pendant que le CH s’entraînait sans lui à Ottawa, Martin célébrait l’anniversaire de Mason entouré de ses proches et de ses coéquipiers. Ce n’était pas un congé improvisé. C’était un choix assumé. Un moment précis, ciblé, arraché à un calendrier infernal.
Le plus révélateur, c’est la suite.
Dès le lendemain matin, St-Louis était de retour dans l’entourage de l’équipe à temps pour les réunions d’avant-match. Présent. Préparé. Engagé. Derrière le banc samedi soir contre les Sénateurs d’Ottawa, comme si rien n’avait été laissé au hasard.
Et après le match ? Pendant que ses joueurs rentraient à Montréal, lui repartait encore une fois vers le Connecticut. Pourquoi ? Parce que Mason devait jouer le dimanche. Finalement, le match a été annulé. Peu importe. L’intention était là. Être présent. Encore.
Lundi matin, Martin St-Louis était de retour à Brossard pour l’entraînement. Cycle complété. Aucun retard. Aucune distraction visible. Aucune plainte.
Cette séquence-là dit beaucoup plus que mille discours. Elle démontre à quel point conjuguer le rôle d’entraîneur-chef du Canadien et celui de père n’a rien d’automatique.
Ce n’est pas une question de confort. C’est une gymnastique constante. Une planification chirurgicale. Une fatigue silencieuse.
Martin St-Louis vit à Montréal, seul, pendant la saison. Sa femme, Heather, est restée au Connecticut. Ce choix n’est pas idéologique. Il est profondément humain. Après ce que Mason a vécu en 2024, la priorité familiale s’est imposée d’elle-même. On ne s’éloigne plus inutilement. On protège. On encadre. On accompagne.
Et pourtant, Martin continue de faire la route. Littéralement.
Il saute dans des avions entre deux matchs. Il traverse des frontières entre deux réunions. Il jongle avec des horaires où chaque minute compte. Tout ça pour ne pas rater un anniversaire. Tout ça pour être là quand ça compte vraiment.
Ce qui mérite aussi d’être souligné, c’est que le Canadien de Montréal facilite cette réalité. Les patrons de St-Louis comprennent le contexte. Ils savent que cet équilibre ne nuit pas à son travail. Au contraire. Un homme qui sait pourquoi il se bat est souvent un homme plus solide.
St-Louis l’a toujours dit : il est un homme de famille avant tout. Il ne s’en est jamais caché. Et tant que le travail est fait, il est difficile de lui reprocher de ne pas passer chaque minute libre dans un condo montréalais à attendre le prochain entraînement.
Comme n’importe qui, il a le droit de choisir comment il vit ses journées de congé.
Ce que cette histoire révèle vraiment
Ce qui s’est passé la semaine dernière n’était pas une absence inquiétante. C’était un révélateur. Un rappel brutal de tout ce que Martin St-Louis sacrifie pour être entraîneur-chef du Canadien de Montréal.
Il sacrifie la stabilité.
Il sacrifie le quotidien familial.
Il sacrifie la simplicité.
Et il le fait sans se plaindre. Sans réclamer de traitement spécial. Sans en faire un argument public.
On ne le dit pas assez, mais c’est immense.
Parce que derrière le coach qu’on juge sur ses décisions de trios, il y a un père qui refuse de manquer les moments qui ne reviendront jamais.
Derrière l’entraîneur qu’on critique pour une stratégie, il y a un homme qui traverse des États pour souffler des bougies avec son fils.
La semaine dernière, Martin St-Louis n’a pas quitté son équipe.
Il a simplement fait ce que font les grands hommes :
Il a trouvé une façon d’être à deux endroits à la fois.
On parle d’un sacrifice impensable, accepté en silence par toute une famille. Martin St-Louis porte la pression d’un marché exigeant, mais ce sont sa femme et ses enfants qui en paient le prix au quotidien, loin des projecteurs.
Au-delà du coach du Canadien, il y a une famille qui donne énormément pour que ce rêve-là puisse exister.
Respect.
