Pensée pour Martin St-Louis et son fils : le téléphone a enfin sonné

Pensée pour Martin St-Louis et son fils : le téléphone a enfin sonné

André Soueidan
Le 2026-07-17

Une simple signature sur une feuille de papier peut parfois représenter beaucoup plus qu’un contrat.

Pour Ryan St-Louis, ce document marque la fin d’un très long parcours dans l’ombre… et le véritable début d’un rêve.

À 23 ans, le fils de Martin St-Louis vient de décrocher son premier contrat professionnel en s’entendant pour une saison avec les Canucks d’Abbotsford, dans la Ligue américaine.

Une étape que plusieurs espéraient pour lui depuis longtemps, mais qui n’avait rien d’automatique.

Depuis que son nom circule dans le monde du hockey, Ryan traîne un héritage immense.

Impossible d’échapper aux comparaisons lorsqu’on est le fils d’un membre du Temple de la renommée, gagnant de la Coupe Stanley, récipiendaire du trophée Hart, du trophée Art Ross et aujourd’hui entraîneur-chef du Canadien de Montréal.

Le plus facile aurait été de croire que les portes s’ouvriraient toutes seules.

C’est exactement le contraire qui s’est produit.

Ryan n’a jamais entendu son nom au repêchage de la LNH.

Malgré un passage au sein du prestigieux Programme de développement de l’équipe nationale américaine, malgré trois saisons universitaires à Brown après un début de parcours à Northeastern, aucune organisation de la LNH n’a jugé bon de lui offrir un contrat.

Il a complété son parcours universitaire avec 70 points, dont 33 buts, en 121 rencontres, avant que les Canucks d’Abbotsford lui tendent finalement la main.

Pour plusieurs joueurs, un contrat de la Ligue américaine passe presque inaperçu.

Dans son cas, c’est tout le contraire.

C’est la première fois qu’il entre officiellement dans le hockey professionnel.

La première fois qu’il sera évalué tous les jours comme un joueur dont le métier est de jouer au hockey. La première fois qu’il pourra convaincre une organisation qu’il mérite davantage.

La route est encore longue.

La très grande majorité des joueurs qui signent directement un contrat dans la Ligue américaine n’atteignent jamais la LNH.

C’est la réalité du métier.

Les équipes utilisent souvent ces ententes pour donner une chance à des joueurs universitaires ou à des projets tardifs de faire leurs preuves dans un environnement professionnel.

Mais voilà pourquoi cette histoire attire autant l’attention.

Martin St-Louis connaît mieux que personne la valeur d’une deuxième chance.

Lui aussi est passé par ce chemin beaucoup plus difficile.

Lui aussi a entendu pendant des années qu’il était trop petit, qu’il n’était pas assez fort, qu’il ne serait jamais capable de s’imposer dans la LNH.

Aucune équipe ne l’avait sélectionné au repêchage.

La suite est devenue une des plus belles histoires de persévérance de toute l’histoire du hockey.

Jonathan Marchessault n’a jamais été repêché avant de remporter la Coupe Stanley et le trophée Conn Smythe.

Carter Verhaeghe est passé par la Ligue américaine avant de devenir un attaquant de premier plan et un champion de la Coupe Stanley.

Dans une autre génération, Ed Belfour, Adam Oates ou encore Dan Boyle ont eux aussi bâti des carrières extraordinaires sans avoir entendu leur nom au repêchage.

Personne ne prétend que Ryan suivra cette trajectoire.

Ce serait injuste de lui imposer un tel fardeau.

Mais ces exemples rappellent une chose importante… le repêchage ne ferme jamais complètement la porte.

À 23 ans, Ryan arrive dans le hockey professionnel avec une occasion que plusieurs joueurs rêvent encore d’obtenir.

S’il impressionne à Abbotsford, rien ne l’empêchera éventuellement de décrocher un contrat de la LNH avec Vancouver.

Les organisations surveillent constamment leurs clubs-écoles et les belles surprises existent chaque saison.

On imagine facilement la fierté que Martin St-Louis a dû ressentir lorsque le téléphone a sonné.

Pas comme entraîneur.

Pas comme ancienne vedette.

Comme père.

Voir son fils obtenir enfin cette première véritable chance après toutes ces années d’attente vaut probablement beaucoup plus qu’une simple annonce de transaction.

Le plus beau dans cette histoire, c’est que Ryan pourra désormais écrire son propre chapitre.

Sans repêchage.

Sans passe-droit.

Simplement avec une occasion de démontrer qu’il appartient lui aussi au hockey professionnel.

Le reste… il devra le gagner lui-même.

À suivre…