Le retour de Patrik Laine sur la glace à Brossard n’est pas une bonne nouvelle simple.
We got a Patrik Laine sighting 👀👀👀 Wonder how he does in #GoHabsGo strong season this year.
— Dobber (@DobberHockey) January 2, 2026
Set to return in February.
🎥: Peter Thompson / IG pic.twitter.com/lI7ogTckQe
C’est une question lourde, presque inconfortable, que le Canadien de Montréal devra affronter dans les prochaines semaines.
Oui, voir Laine patiner deux mois et demi après une opération à la paroi abdominale est encourageant sur le plan médical.
Looks like Patrik Laine is slowly making a return! #GoHabsGo pic.twitter.com/TQr8MTeWED
— The Curfew Boys: A Montreal Canadiens Podcast (@TheCurfewBoys) January 2, 2026
Oui, son tir en avantage numérique demeure une arme rare dans l’organisation. Mais le problème n’est plus médical. Il est structurel, culturel et sportif.
Parce que pendant que Laine se battait pour revenir en février, le Canadien a avancé sans lui.
Depuis son absence, l’équipe a trouvé un équilibre fragile mais réel. Un esprit de famille s’est installé. Les rôles sont clairs. Les joueurs de soutien livrent la marchandise. Il n’y a plus de passagers visibles.
Même l’avantage numérique a changé de visage, avec des unités plus mobiles, plus imprévisibles, plus engagées collectivement, pour devenir l'une des meilleurs unités d'avantage numériques de toute la LNH.
Et c’est là que le malaise commence.
Où place-t-on Patrik Laine dans ce Canadien-là?
Avant sa blessure, la réalité était brutale : à cinq contre cinq, Laine n’arrivait plus à suivre le rythme. Il était souvent en retard sur les replis, hésitant dans les batailles, incapable d’imposer une présence territoriale constante.
Martin St-Louis le protégeait, réduisait son temps de jeu, le sortait des situations délicates. Ce n’était pas un caprice : c’était une nécessité.
Aujourd’hui, la congestion est encore plus réelle.
Alex Newhook, Kirby Dach et Jake Evans ne sont même pas encore revenus, et déjà, chaque chaise est occupée. Chaque rôle a un propriétaire. Chaque joueur sait pourquoi il est dans l’alignement.
Alors la question n’est pas de savoir si Laine peut aider.
La question est : à quel prix collectif?
Le Canadien peut-il se permettre de réintroduire un joueur qui exige des ajustements constants à cinq contre cinq quand il est sur la glace tellement il est nonchalant, dans une équipe qui gagne justement parce qu’elle ne fait plus de compromis sur l’engagement?
Peut-on casser une chimie naissante pour tenter de relancer un joueur en fin de contrat, fragile physiquement, et dont l’avenir à Montréal est déjà flou?
C’est là que la notion de patate chaude prend tout son sens.
Car il y a tout ce qui ne se mesure pas sur une feuille de match, mais que tout le monde a vu, remarqué, commenté à voix basse.
Les images qui restent. Les silences. Patrik Laine a toujours été accepté dans le vestiaire, respecté comme individu, jamais pointé du doigt comme une mauvaise personne, mais autour de lui, il y a toujours eu un malaise évident, difficile à nommer, impossible à ignorer.
On se souvient de ces séquences sur le banc où il ne se levait pas lorsque les autres marquaient, où il restait assis, figé, pendant que l’énergie explosait autour de lui.
On se souvient de ces images dans l’avion, regard perdu par le hublot, isolé dans sa bulle pendant que le groupe riait, parlait, vivait.
Rien de criminel. Rien de condamnable. Mais à Montréal, ces détails deviennent des symboles. Ils alimentent une impression d’un joueur en décalage avec le tempo collectif.
Même quand il faisait des efforts, même quand l’attitude était bonne, même quand les intentions étaient là, Laine semblait toujours un demi-pas à côté, émotionnellement comme hockey-wise.
Un loup solitaire... qui n'a plus sa place...
Et quand une équipe commence à gagner sans toi, quand elle développe une identité claire, quand chacun accepte son rôle sans demander d’exception, ce genre de décalage devient encore plus visible.
À Montréal, ce genre de malaise finit toujours par poser la même question, brutale et inévitable : est-ce que ce joueur fait encore partie de l’histoire… ou est-ce qu’il appartient déjà au chapitre suivant?
S’il revient trop vite, sans être à 100 %, il sera scruté à la loupe.
S’il revient et qu’il ne produit pas immédiatement, la pression sera immense.
S’il revient et qu’il oblige St-Louis à sortir un joueur qui performe, le vestiaire le ressentira.
Et s’il ne revient pas?
Alors le scénario devient tout aussi clair : le Canadien pourrait tenter de le transiger d'ici la date limite des transactions (6 mars), non pas parce qu’il est indésirable humainement, mais parce que son contrat de 8,7 M$ devient un outil financier à l’approche de la date limite.
Un salaire expirant, une équipe en quête de punch offensif en avantage numérique, un pari à court terme.
Dans ce contexte, Laine n’est plus seulement un joueur. Il est un dossier à régler.
Alors oui, Laine est de retour sur la glace. Mais son vrai combat commence maintenant. Et l'inconfort dans la chambre nous pue déjà au nez.
Ce n’est plus un combat contre la blessure.
C’est un combat pour justifier sa place dans une équipe qui a appris à vivre... et à gagner sans lui.
Et dans ce genre de combat, à Montréal, il n’y a jamais de zone grise. Laine va partir de Montréal de toute façon cet été. Autant le transiger d'ici le 6 mars prochain.
